101ème jour : coupure de presse

Ce matin, j’ai fait ce que vous aimez tant me voir faire, et à juste titre, j’ai parlé de moi. Et pas avec n’importe qui d’ailleurs, avec un journaliste qui m’avait contacté hier pour parler de ce fabuleux parcours qui est le mien depuis 100 jours + 1.

Nous avions rendez-vous dans un café, désert à cette heure-ci d’ailleurs ce qui me changeait quelque peu de la fréquentation grandissante que l’on trouve chez Pôle. Dans le fond, j’allais aborder les mêmes sujets que lorsque je rencontre un conseiller mais ce matin j’allais le faire en terrasse en compagnie du printemps et d’une personne, le journaliste en question pour ceux qui ont déjà perdu le fil, qui paraissait m’écouter et comprendre ce que je lui disais. Certes, ce n’est pas pour autant lui qui me permettra d’accéder à ma formation tant convoitée mais croyez-moi, après le folklore de mes précédents entretiens avec les professionnels de l’emploi, cela fait un bien fou de ressentir que ma situation, qui est aussi celle de tant d’autres d’ailleurs, et les embuches qui vont avec intéressent mon interlocuteur du jour. J’ai trouvé face à moi quelqu’un qui validait ma thèse de l’aberration en série et qui ne pouvait que constater le décalage entre la théorie des chiffres et la réalité du terrain. En plus, c’est lui qui a payé le café. Certains pourront penser qu’évidemment je défends mon bout de gras et que je ne suis absolument pas objectif quand il s’agit d’analyser ce qui m’arrive. J’accepte. J’accepte, mais je renvoie alors ceux-là vers toutes ces personnes qui me contactent pour me dire combien elles comprennent cette réalité qu’elles vivent également au quotidien. Toutes ces personnes qui croient lire leur propre vie professionnelle lorsqu’elles découvrent les anecdotes que je consigne. Elles et moi vivons exactement la même chose, à la différence près que je le raconte tellement mieux et avec tellement plus de modestie.

Oui, je suis un peu remonté ces jours-ci, c’est peut-être l’effet des premières chaleurs. Pourtant, dans ce nouvel entretien médiatique, j’ai une nouvelle fois été plutôt conciliant et compréhensif à l’égard de Pôle et de ses conseillers. Je reste convaincu que les personnes que je rencontre dans ces bureaux sans éclairage et à l’atmosphère plombée n’ont pas les moyens de répondre à une grande partie des demandes qui leur sont adressées par nous autres chômeurs. Elles ne les ont pas car on ne les leur donne pas. C’est pourtant vers elles que nous sommes envoyés, elles sont incontournables administrativement parlant mais loin d’être indispensables d’un point de vue pratique.

Pôle, je suis prêt à te donner une seconde chance. Enfin une troisième. Ou une quatrième. Bon c’est peut-être même la cinquième mais peu importe, je te dis à bientôt. De toute façon je n’ai pas le choix.

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