106ème jour : la tournée des chefs

En chômeur discipliné, j’ai consacré une grande partie de ma journée à chercher un patron. Dans le cadre du CAP Pâtissier et de l’apprentissage qui va avec, vous avez bien compris qu’il me faut trouver une entreprise prête à m’accueillir. J’ai commencé par deux contacts récupérés par ma belle-mère en personne, deux pâtissiers recommandés par le sien, de pâtissier. Non pas qu’il soit sa propriété, il est simplement installé tout près de chez elle.

Comme disaient les vieux quand ils étaient jeunes, je suis sorti mi-figue mi-raisin de ma présentation spontanée chez les deux artisans en question. Arrivé chez le premier, je salue une vendeuse et lui explique ce que je fais ici. Je donne rapidement mon mot de passe, enfin ce que je considère comme un mot de passe, à savoir le nom du pâtissier qui m’a recommandé les lieux. Elle me conseille de m’adresser directement au chef pâtissier, je viens de le croiser sans le savoir, il est en terrasse, accompagné, en train de fumer un café et de boire une cigarette. Ou l’inverse. A vrai dire je n’ai pas fait très attention à ce détail en entrant ne sachant pas que c’était lui. Puisqu’il est en pause, je précise à la vendeuse qui m’avait l’air toute nouvelle dans la boutique que je ne vais pas le déranger. Pourtant, l’une de ses collègues qui avait suivi la conversation intervient en précisant de manière courtoise que, pause ou pas, on allait informer le chef de ma présence. Et c’est la jeune vendeuse qui s’y colle. Je suis la scène à distance et sans le son, le moment est très bref. La vendeuse revient, l’air un peu gêné, et me dit simplement que le chef ne prend pas d’apprentis. Je ne tente pas d’argumenter davantage, le chef ne s’est pas déplacé pour me voir, je n’ai donc pas pu lui parler de mon arme secrète, à savoir le fait que je ne lui coûterai pas un centime. Je tombais sans doute au mauvais moment. Mais je reviendrai.

Le second pâtissier que je suis allé visiter était beaucoup plus enclin à me recevoir, même si cette situation n’était que le fruit du hasard. Lorsque je pénètre dans sa boutique, une cliente en sortait ce qui me permettait de me retrouver seul avec lui. Je ressors ma présentation détaillée visant à expliquer clairement et de manière tout à fait naturelle qui je suis et ce que je fais là si ce n’est pas pour acheter des pâtisseries pour le dessert de midi. Le chef me parait rapidement très ouvert à la conversation, il me pose de nombreuses questions pour comprendre ce qui m’a fait opter d’une part pour une reconversion professionnelle et d’autre part pour la pâtisserie. Ma visite inopinée se transforme en une sorte d’entretien improvisé et j’apprécie particulièrement cette situation. Pour autant, question d’habitude depuis que je me suis lancé dans cette aventure, c’est le calendrier qui décide. Le chef ne sait pas encore ce que sera son effectif en septembre prochain et n’en saura pas davantage avant le mois de juillet. Cependant, il m’invite tout de même à informer la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de notre rencontre, de notre échange du jour et de l’opportunité pour moi de faire mon apprentissage chez lui.

Il n’en fallait pas plus pour m’ouvrir l’appétit.

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