129ème jour : réunion de chantier

8ème jour du 1er stage dans une pâtisserie en grande distribution

Tout va bien. Je ne pourrais pas le dire de meilleure manière alors je me satisfais d’un « tout va bien ». Ceux que j’appellerai pour l’occasion mes « maîtres de stage » s’occupent toujours très bien de moi et me font répéter quelques gestes de base tout en me confiant certaines responsabilités. Attention, quand je dis « responsabilités », je veux simplement illustrer le fait qu’on me laisse seul pour effectuer le travail que l’on me demande. Je prends tout de même le soin de faire valider par les fins connaisseurs qui m’entourent avant que les pâtisseries ne partent à la vente. Je crois d’ailleurs avoir bien fait d’opter pour cette pratique aujourd’hui dans la mesure où j’ai eu à réaliser des mignardises à l’attention du PDG du magasin. Si demain on me refuse l’entrée dans le laboratoire de pâtisserie, cela ne sera pas parce que je ne suis pas accompagné ni parce que je ne suis pas un habitué ou parce que je porterai des baskets, mais bien parce que « mes » mignardises n’avaient rien de… mignon.

En débauchant aujourd’hui je suis tombé sur un ami de longue date, un futur reconverti professionnel dont j’ai déjà eu l’occasion de parler ici. Lui aussi a du emprunter les routes sinueuses de cette aventure dont nous sommes les héros, il a connu les contacts enrichissants ainsi que les grincheux et leurs prédispositions à… faire chier le monde. Oui, hier je disais « emmerder », ce soir je lance un « faire chier ». On reste dans le même champ lexical, dans le même contexte, les mêmes causes pour les mêmes conséquences. L’essentiel est préservé, la bienséance peut donc aller se faire, bref, trêve de poésie. Mais mon ami a semble-t-il réussi à trouver un filon, au grand désespoir de ces empêcheurs de ne pas tourner en rond, et devrait débuter sa formation dès la semaine prochaine. Nous nous faisions d’ailleurs la remarque que notre génération paraissait se fendre d’une toute nouvelle passion pour la reconversion professionnelle. En réalité, je ne sais pas quoi penser de ce phénomène. A-t-on été mal aiguillé à un moment précis, est-ce le monde juste là dehors qui nous donne ce genre d’idées étranges ou sommes-nous tout simplement nous aussi, à notre manière, des emmerdeurs ?

Laissez-moi tranquille avec vos questions.

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