137ème jour : l’intention qui compte

Aujourd’hui était un jour avec. Un jour avec Pôle.

Il faisait beau dehors, enfin pas exactement, disons plutôt qu’il faisait bon. J’avais bien dormi, la journée de la veille s’était passée en famille le temps d’une sortie au zoo, mon optimisme me faisait donc penser que cette journée qui débutait serait des plus agréables. Et comme j’aime partager les bons moments, je décidai de vivre celui-ci avec Pôle. Me voici parti en direction de l’agence, ma voiture s’y dirige désormais les yeux fermés. Je comptais régulariser très rapidement ma situation de radié en devenir, moi l’impertinent qui trouve le moyen d’être en stage alors que Pôle s’est démené pour me trouver un rendez-vous avec l’un de ses conseillers. Un rendez-vous « indispensable et obligatoire » dit-il, enfin quelque chose comme ça. J’ai le souvenir que c’est une blague mais je ne me souviens pas précisément de la chute. Bref. Contrairement à ce que j’envisageais, je n’ai pour une fois pas jouer au plus malin en demandant à parler directement au directeur de l’agence qui m’avait pourtant écrit « lui-même », si j’en crois le carton jaune formaté que j’ai reçu de la part d’un ordinateur. Je me suis ainsi contenté de m’adresser à l’hôtesse d’accueil. Je lui présente la situation, de la manière la plus neutre qui soit, en lui expliquant le télescopage entre mon Evaluation en Milieu de Travail et le rendez-vous avec ma conseillère. Elle se jette alors sur son ordinateur pour en savoir plus, non sans m’avoir demandé au préalable mon fameux numéro d’identifiant. Elle lève les yeux de temps à autre pour regarder les quelques documents que j’avais apporté pour tenter de prouver mon innocence. Elle est imperturbable. Elle tape. Sur son clavier et pas encore sur mon système. Soudain, tout est réglé.

L’hôtesse d’accueil : « Voilà, pour votre avertissement tout est réglé, je viens de saisir un entretien. »

Je ne sais absolument pas ce que veut dire cette phrase. L’hôtesse venait de saisir un entretien, moi je n’avais rien saisi du tout. Quel entretien ? Est-ce que l’explication de pourquoi je venais ce matin constituait en elle-même un entretien ou bien la dame venait-elle d’inventer un entretien qui aurait eu lieu à la date du fameux rendez-vous manqué ? J’aime connaître les trucs des magiciens mais là je préfère ne rien savoir et en rester au fait que « tout est réglé ».

Puisque j’étais là et dans un souci d’optimisation de mon temps, j’ai ensuite demandé à être reçu par quelqu’un, de préférence quelqu’un qui travaille ici bien qu’avec le temps je sois devenu moins regardant, pour savoir si les inscriptions au CAP Pâtissier étaient ouvertes. Elle devraient l’être sur la période fin avril/début mai, je suis un peu en avance mais mieux vaut tôt que laissait faire Pôle. Cette expression, qui je l’espère entrera rapidement dans le langage courant, prend tout son sens dans l’instant suivant. Je suis reçu par une conseillère, une que je n’avais encore jamais vu bien évidemment ce qui me permet d’étoffer encore ma collection. Je vous laisse d’ailleurs tenir les comptes exacts durant ces 137 jours. Elle aussi se jette alors sur son ordinateur, non sans m’avoir précisé au préalable qu’elle était la cible d’un problème technique avec internet. Ne faites pas de mauvais esprit, pas cette fois, enfin pas tout de suite, car elle a trouvé la réponse à la question faisant fi du ralentissement informatique annoncé. Les inscriptions ne sont pas encore ouvertes. Mais voilà, la conseillère ne voulait pas me laissait partir comme ça. Elle me propose alors, maintenant que l’on s’est rencontré et qu’elle sait que je suis intéressé par le CAP Pâtissier (sans doute n’a-t-elle pas lu mon dossier si tant est qu’il existe vraiment quelque part dans cette informatique perturbée), de veiller personnellement à la date d’ouverture des inscriptions, de m’inscrire, de me prévenir après l’inscription et de m’envoyer la validation par courrier. Le tout, pour m’éviter de venir tous les jours ou presque. Voilà. Voilà ce qu’elle m’a proposé.

C’est donc tout naturellement que lundi, j’y reviens.

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