14ème jour : premiers baisers

Ce que j’apprécie particulièrement un lendemain de match c’est avoir du temps pour faire un décrassage. Un petit footing matinal pour dissiper les quelques courbatures naissantes.  Il se trouve que ce matin, de manière tout à fait improvisée, j’ai eu l’occasion de faire ces quelques foulées revigorantes en quatrième vitesse et en civil, pour regagner ma voiture garée dans un parking souterrain. Je m’étais trompé de lieu de rendez-vous.

Depuis notre dernière rencontre, Pôle avait fait de ce qui était jusque-là sa succursale autrefois nommée Assedic, sa seconde résidence principale. Désormais, selon l’attachement qu’il accorde à ses prétendants, il change d’adresse. Perturbé par l’émotion des retrouvailles, je me laissais bêtement porté vers le lieu de nos premiers émois. Cette douce rêverie fut de courte durée et interrompue par une hôtesse de Pôle :

– « Monsieur… Grangier ? Attendez je vérifie… Alors j’ai beaucoup de « monsieur » mais pas de « Grangier ».

Soit c’était un trait d’humour, soit elle a pensé que « monsieur » était mon prénom. Je n’ai pas pris le temps de me faire un avis sur la question, j’étais à la fois en avance et en retard, par ma faute qui plus est. J’avais tout juste le temps de courir jusqu’à ma voiture et de retrouver Pôle, cette fois-ci pour de bon. Il était là. J’étais à l’heure, il m’attendait. Cela m’a fait un peu de peine mais j’ai du faire avec, Pôle avait convié d’autres personnes que moi ce matin. Après tout ce temps, je ne peux pas lui en vouloir d’autant que nous ne nous étions pas jurés fidélité. Lui aussi devait continuer à avancer sans moi.

Comme le veut la tradition, j’ai été reçu par une conseillère. Celle-ci n’avait pas d’épreuve sportive à me soumettre. Après les formalités administratives qui m’ont permis de revenir officiellement dans les petits papiers de Pôle, nous avons abordé le sujet du CAP Pâtissier. C’est à cet instant que j’ai décidé d’allumer l’auréole au-dessus de ma tête. J’ai évoqué les démarches que j’avais déjà entreprises , les personnes que j’avais contacté, les options qui m’ont été présentées, ceci pour montrer à Pôle que moi aussi j’avais avancé sans lui. Puis j’ai remis à la conseillère le devis personnalisé du CAP Pâtissier que m’a remis la Chambre des Métiers et de l’Artisanat. A cet instant je l’ai vu à la peine pour maintenir figé son sourire à la fois courtois et apaisant. Quelque chose semblait la chagriner dans ce document. J’avais pourtant amené les choses en douceur en évoquant le sujet du Chèque Régional de Qualification d’un montant de 2 000,00 euros dont m’avait parlé mon ami de la Maison de l’Emploi, mais cette solution n’avait pas l’air suffisante. Pour elle, le compte n’était pas bon. Même avec ce chèque de qualification, il restait de la craie sur l’ardoise.

Ma conseillère : – « Pour moi il n’y a aucun problème pour qu’on fasse une demande de chèque de qualification selon votre devis ».

Chouette, j’adore quand il n’y a aucun problème. Cependant, elle n’avait pas fini sa phrase.

Ma conseillère : – « Le problème c’est que cette formation n’est pas conventionnée ».

Voilà comment en une phrase il est possible de voir naître un problème à l’endroit même où il n’y en avait « aucun ». Après la rupture conventionnelle, me voici en tête à tête avec la formation conventionnée. Et dans « convention », vous savez ce qu’il y a. Selon ma conseillère, il faudrait que je prenne contact avec la Chambre de Commerce et d’Industrie qui proposait l’an dernier la formation CAP Pâtissier financée par Pôle. Reste à savoir si ce sera encore le cas pour la prochaine rentrée scolaire… Je compte sur moi pour obtenir cette information rapidement.

Pour finir, « ma » conseillère est devenue « la » conseillère. Elle m’informe en effet qu’elle n’a pas toutes les compétences pour suivre mon dossier, s’agissant du financement d’une formation et d’une création d’entreprise. Je vais donc être basculé dans le portefeuille de l’une de ses collègues qui j’espère aura la grande bonté d’alimenter le mien. Trop heureux de ses retrouvailles, je n’avais pas d’attente. Je ne suis donc pas déçu de ne pas avoir appris grand chose. Maintenant, j’ai quelques coups de fil à passer.

Pôle, je ne te jette pas la pierre. Pas encore.

10 réflexions au sujet de « 14ème jour : premiers baisers »

  1. Mmmm…
    c’est intéréssant de savoir qu’il faut te tourner vers la chambre du commerce pour avoir une réponse concernant un sujet qui dépend de la chambre des métiers…ils sont vraiment trop fort dans l’administration. respect !

  2. « Le problème c’est que cette formation n’est pas conventionnée » tiens donc ? 😉
    tu leur maches le travail … au final incompetent…. trouve un papy qui te montrera l’art de la pate brisée… et qui te laissera la boutique … c’est a gerber sinon les formation /pole emploi
    je te suis tkt … me tarde demain 😉
    cordialement
    fred
    bias

  3. Ce n’est pas la saison pour demander des financements au Pôle Emploi. Une conseillère m’a avoué à une époque que vers la fin de l’année il ne reste plus grand chose dans l’enveloppe.
    Aussi, leur efficacité a bien été réduite bien que toutefois je n’ai pas eu à faire avec eux avant 2011, fin de mes études. Mais il faudra enchaîner les courbettes devant ces seigneuries afin d’obtenir un choya d’aide pour vos projets.
    Au final, la solution la moins pénible sera sans doute de se la payer soi-même cette formation… :-/

    Bon courage !

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