Archives mensuelles : décembre 2013

2ème jour : une rupture conventionnelle

En théorie, c’était aujourd’hui mon dernier jour officiel de contrat. Mais on m’a toujours dit qu’il était primordial de ne pas remettre au lendemain ce que l’on peut faire le jour-même.

Je travaillais dans la « communication », une appellation qui veut à la fois tout dire et rien dire. Et surtout rien dire d’ailleurs. J’administrais les sites internet de différentes entreprises, environ huit heures par jour et cinq jours par semaine. N’en doutez pas, ça me plaisait bien. Et puis comme vous le savez depuis hier, j’ai rendu les clés. Cela n’est pas tout à fait juste d’ailleurs car en rentrant chez moi je me suis aperçu que je les avais dans la poche.  Habituellement, j’oublie de les prendre ou bien je les perds, cette fois-ci j’innove en oubliant de les rendre.

Pour partir, j’ai eu droit à une rupture conventionnelle de contrat. Derrière ce nom rempli de douce poésie se présente un concept tout à fait ingénieux permettant à ton patron de te faire dire que tu veux partir alors que toi-même tu ne l’avais pas encore envisagé. Du pur génie! Et comme ton patron est bienveillant, il a même pensé à te transmettre un modèle de courrier qui te permettra de lui demander de bien vouloir te laisser partir puisque c’est ce qu’il veut. Ou ce que TU veux ? Bref, je m’y perds moi-même. Alors oui, dans mon cas j’avais fait part d’un projet à moyen terme, d’ici un an (la fameuse reconversion professionnelle). J’avais évoqué le sujet suffisamment à l’avance de manière à préparer ma sortie et à peaufiner mon portrait de mec cool. Mais en terme de « coolitude », le boss a mis la barre au-dessus. Puisque j’envisage de partir, autant que je parte tout de suite. En plus, ça l’arrange…

Rupture conventionnelle de contraste.

1er jour : se quitter

Aujourd’hui, j’ai quitté mon travail. Selon le point de vue, il est peut-être envisageable de dire que c’est mon travail qui m’a quitté. Ca allait faire deux ans qu’on était ensemble lui et moi. Il m’a plu tout de suite et puis vous savez ce que c’est. On ne se regarde plus pareil, puis on ne se regarde plus du tout avant de finalement regarder ailleurs.
Alors voilà. Aujourd’hui, j’ai quitté mon travail. Et même si les faits tendraient à démontrer que c’est lui qui m’a quitté, il n’en demeure pas moins que je me retrouve ici avec cette idée de génie : parler de moi !
Voici comment vous vous retrouvez à suivre le parcours d’un néo-trentenaire parti à l’aventure de la reconversion professionnelle aux airs de création d’entreprise. Un récit à la fois passionnant et fabuleux, en toute objectivité. Evidemment.