Archives mensuelles : décembre 2013

11ème jour : demandez le programme

L’un des principaux documents que j’ai récupéré jusqu’à présent, c’est le programme du CAP Pâtissier. Il s’intitule « Enseignement technologique et professionnel Niveau V Pâtissier ». Ca en jette non ? (je ne suis pas certain que cette expression soit encore employée à l’aube de 2014. Je vais me renseigner et demander une mise à jour de mon vocabulaire si besoin).

J’avais demandé ce programme car je souhaitais me faire une idée sur les sujets abordés. En même temps, je ne sais pas ce que j’aurais pu en faire d’autre. Sans un esprit particulièrement contemporain en terme de décoration, je vois mal comment utiliser cette feuille A4 imprimée en noir et blanc recto/verso pour égayer un mur ou rendre une pièce lumineuse. Pour faire un set de table éventuellement.

Détenir ce programme allait me permettre d’expérimenter à la maison la partie technique. J’avoue qu’il me donne un peu la sensation d’avoir dégoté le sujet la veille de l’interro. Voici donc à quoi il faut que je m’attende : les équations du second degré de cuisson, le théorème de l’abaisse d’une pâte, la révolution de la meringue française, la préhistoire des crèmes de base. En plus de la partie « sucrée », un chapitre « salé » est à noter comptant par exemple la préparation d’une pâte brisée, la garniture de quiches et pizzas ou encore la préparation de petits fours secs. Alors je mets la main à la pâte, un peu (beaucoup) chaque jour : pâte feuilletée, pâte à choux, pâte sucrée, pâte à brioche. Cookies, sablés, muffins, cakes, macarons, cannelés, tartes en tout genre, diabète, cholestérol… La totale quoi. Une véritable invitation à aller faire du sport régulièrement. Dans le même temps, je suis à l’affût des blogs des pâtissiers amateurs et professionnels, j’expérimente des recettes, je m’aventure dans des tours de mains, je pèse, je tamise, je dynamite, je disperse, je ventile. Vous connaissez pas Yohan. Et j’ai même… une commande ! Une collègue de ma femme souhaite que je réalise le gâteau d’anniversaire de sa fille pour le mois de février prochain. Elle m’aurait demandé ça pour ce week-end, j’aurais sans doute courageusement annoncé que mes précédents billets n’étaient qu’un canular et j’aurais changé le titre de ce blog en « Moi, Yohan Grangier, 31 ans, feu reconverti professionnel ». Oui, j’étais ravi d’apprendre que j’avais le temps de me préparer. Je ne manquerai pas d’ailleurs de vous parler de mon entraînement.

Je suis donc l’heureux détenteur du programme d’enseignement technologique et professionnel Niveau V Pâtissier. J’en connais les objectifs, les travaux pratiques et l’enseignement technologique. Il me reste à savoir dans quelle classe je vais me retrouver, moi, Yohan Grangier, futur écolier de 31 ans.

Il me tarde de me faire des nouveaux copains.

10ème jour : pratiquement théorique

Je ne crois pas l’avoir exprimé clairement mais les plus malins d’entre vous (et j’espère qu’il y en a quelques-uns) l’auront sans doute compris. Quitter son travail, avec une dose plus ou moins importante de plein gré, c’est envisageable. Décider de se reconvertir l’est également, à condition bien évidemment d’avoir une idée assez précise sur le sujet, un projet, une motivation débordante, mesurer environ 1,75 mètre, être brun aux yeux bleus, avoir une calvitie naissante et une barbe de trois ou quatre jours. D’accord, un heureux hasard fait que je remplis déjà nombre de ces critères. Bon. Après l’envisageable, il y a le possible. En théorie, rien ni personne ne m’empêche de devenir pâtissier. Après l’obtention officielle de mon statut d’actif sans emploi (J-4), j’aurais à passer et à obtenir le CAP Pâtissier. Entre temps, il faudra trouver des financements pour que je puisse suivre cette formation et c’est à cette étape que la théorie devra sortir le grand jeu pour lutter contre la pratique. Il faudra sans doute que je l’aide un peu. En résumé, tout est possible jusqu’à ce que je m’aperçoive que ce n’est pas possible. Vous suivez ?

Saviez-vous d’ailleurs que le CAP Pâtissier est obligatoire pour pouvoir exercer la profession ? Oui vous allez me dire que ce n’est pas le seul métier pour lequel un diplôme est exigé et je trouve d’ailleurs que vous commencez à devenir désagréables. Je voulais en venir au fait que l’on peut devenir cuisinier, par exemple, sans avoir obtenu de diplôme. Au-delà de l’apprentissage d’un savoir-faire technique, je vois tout à fait l’intérêt d’un diplôme validant que l’on est formé et informé au niveau hygiène, normes sanitaires, conservation des denrées, etc… Pourquoi n’y a-t-il pas cette exigence pour qui veut devenir cuisinier ? Et si c’était le cas, y aurait-il autant de restaurants chinois ? Allez je plaisante. Vous voyez que vous êtes désagréables.

Grâce à mes recherches quotidiennes, j’ai appris que la pâtisserie était un métier en tension. Dit comme ça, j’aurais pu envisager de faire demi-tour. Je laisse derrière moi dix années riches d’expériences et de quelques belles réussites pour me diriger vers un secteur dit en tension. Et vous ça va ? Mais attention. La tension n’est peut-être pas celle que l’on croit. Dans ce cas précis, elle est la façon professionnelle et élégante de dire que les jeunes en âge d’entrer en CAP ne s’intéressent pas, ou plus, à la pâtisserie. Grand bien leur fasse ! Que cette adolescence imberbe laisse la place aux jeunes fougueux de 31 ans, et surtout à moi d’ailleurs. J’AI un parcours professionnel qui m’a appris l’importance du travail bien fait. J’AI une véritable expérience de vie car J’AI connu la cassette VHS et les walkman avant la fonction auto-reverse. J’AI ma place en CAP, tension ou pas.

Croyez-vous que je puisse mettre ça dans une lettre de motivation ?

9ème jour : prêcher un reconverti

Le vrai problème avec mes amis, c’est que je ne les vois pas assez. A-t-on vraiment obligation de se voir pour partager ? C’est l’une des questions cruciales que pose l’ère 2.0 dans laquelle nous nous aventurons (de manière volontaire d’ailleurs quoi qu’on en dise).

Depuis mon premier billet intitulé « Se quitter », j’ai senti une attention au léger parfum de mobilisation autour de ce projet de reconversion professionnelle. J’ai vite compris que je n’étais pas le seul à vouloir vivre ce changement mais aussi que je n’étais pas tout seul si d’aventure j’avais besoin d’aide. C’est grâce à Laurent que j’ai eu vent du Chèque Régional de Qualification. D’un montant de 2 000 euros, « il vise à permettre une insertion rapide et durable dans l’emploi à un demandeur d’emploi inscrit au Pôle Emploi, par l’acquisition d’une qualification ou d’une spécialisation ». Oui, il y a trois fois le mot « emploi » dans la phrase précédente, j’espère que les moteurs de recherche ne me balanceront pas dans les spams pour autant car cette définition n’est pas de moi.  En tout cas, je parlerai directement de ce chèque avec Pôle lundi matin prochain, même si le sujet de l’argent pour nos retrouvailles sera peut-être un peu présomptueux. Aurélien, en plus de m’avoir suggéré le brillant titre de ce billet, m’a donné les coordonnées de son oncle pâtissier. C’est également ce que Mathieu propose de faire avec le contact de son beau-père. Clément quant à lui pensait que peut-être une histoire drôle se cachait sous cette affaire de pâtisserie. Pourtant, quiconque me connaissant ne serait-ce qu’un minimum sait parfaitement que je ne suis pas le genre à plaisanter. Du tout.

C’est alors que je me demande pourquoi je ferais autre chose que tenir simplement ce blog dans la mesure où le simple fait d’écrire des billets me permet d’avoir des réponses à des questions que je ne me suis pas encore posé. Ah ils sont loin mes idéaux et mes tentatives lâchement avortées de révolution… Voici que je songe à devenir un esclavagiste connecté, faisant suer sang et eau à ses amis, y compris les plus proches, pour obtenir des informations dont je serais le seul à tirer profit. Parfois, je me dégoûte. Non je plaisante ! Je vais évidemment explorer sérieusement cette piste qui, outre le fait qu’elle se classe dans la catégorie du « tout-cuit », me permettrait également de gagner un temps précieux que je pourrais consacrer, par exemple, à la rédaction de mon blog. La boucle est bouclée.

La solution avec les amis, ce serait que je m’en fasse plus.