Archives mensuelles : janvier 2014

53ème jour : c’est grave docteur ?

Dès les premiers jours de mon immersion plus vraie que nature dans la vie d’un chômeur, je m’étais bien gardé d’aguicher de nouveaux employeurs proposant des postes similaires à celui que je venais de quitter. J’étais décidé, ma liaison à durée indéterminée avait pris fin, j’allais en profiter pour changer de vie. Enfin de profession, calmez-vous. Et puis mon téléphone a sonné aujourd’hui. Rassurez-vous, l’anecdote va un peu plus loin. Un ami, avec qui j’ai été en étroite collaboration pour quelques expériences professionnelles notamment la dernière, souhaitait prendre des nouvelles de moi. Je l’avais mis au courant de la rupture conventionnelle de contrat, de mon projet de reconversion professionnelle et  il voulait savoir où j’en étais. Lui aussi mène actuellement des projets d’envergure auquel je m’intéresse pour assouvir ma curiosité bien placée. Il a quelque chose à me proposer. Pour vous éviter d’aller plus loin dans vos conclusions hâtives, autant vous dire tout de suite que nous ne sommes pas entrés dans le vif du sujet, préférant se fixer un rendez-vous pour parler de tout ça.

Cette conversation amicale m’a ramené vers une réflexion passée, celle de la tentation d’un travail dans un secteur que l’on connait avec un statut de salarié face à la conviction que mon avenir professionnel est ailleurs. Je ne fais aucune démarche pour faire machine arrière, je ne regarde pas les petites annonces que Pôle fait briller devant mes yeux pour m’inciter à sortir rapidement de ses effectifs mais voilà, cette fois-ci quelqu’un vient me chercher. Qui plus est quelqu’un que j’apprécie et que je connais bien. Evidemment cela n’a rien remis en question de mon côté, mon orientation pâtissière est plus que jamais d’actualité, ne serait-ce que pour vous qui vous êtes pris d’une passion légitime pour ce beau parcours sur lequel j’avance. D’ailleurs je ne sais même pas de quoi il est question ni ce que l’on va me proposer. C’est en cela que la reconversion professionnelle peut être considérée à juste titre comme une aventure réservée à des écervelés en quête de sensations fortes. Il n’est pas impossible que l’on me propose un emploi dans ce secteur qui m’a fait manger pendant plusieurs années, mais moi je préfère prendre la prochaine sortie en gardant cette carrière passée en point de repère dans mon rétroviseur. L’inconscience de la puberté dans un corps d’adulte père de famille.

Dites 33.

52ème jour : le courrier des lecteurs

Je reçois de plus en plus de messages de vous chers amis, je vais finir par croire que vous m’aimez autant que je m’aime. Ce que je comprends tout à fait. Vous évoquez votre désir de vous reconvertir pour aller vers le métier de pâtissier, je ne peux alors qu’être le spectateur de votre manque de personnalité, de votre défaillance totale d’originalité, vous qui m’avez pris pour exemple. Ce que je comprends cependant tout à fait également.

Quoi qu’en dise ma vanité, c’est un réel plaisir de vous lire et de m’apercevoir que l’on va partager nos aventures, pourquoi pas se donner des conseils de drague pour charmer Pôle et puis finalement s’aimer les uns les autres. Si d’aventures je ne parvenais pas à devenir pâtissier, peut-être pourrais-je devenir consultant en reconversion professionnelle… Notre rencontre aussi virtuelle soit-elle me confirme que je ne suis pas le seul inconscient à opter pour un volte-face professionnel alors que le chômage est au sommet de son succès. Mais je m’interroge également sur notre volonté commune de reconversion. Avons-nous raté quelque chose à un moment précis de notre parcours ? Pourquoi, plus jeune par exemple, n’avons-nous pas été des convertis plutôt que des reconvertis ? Chacun se rassure comme il peut en se disant que les expériences passées serviront à coup sûr dans l’avenir, point de vue que je partage d’ailleurs, mais personne n’ose trop disserter sur le temps que l’on n’a pas consacré à faire ce qu’on aime vraiment. Mais avant, est-ce qu’on aimait vraiment ce que l’on aime maintenant ? Et si on avait commencé par faire ce que l’on veut faire aujourd’hui, on ferait quoi demain ? Soudain vous riez moins. Mais rassurons-nous. Je crois que l’important est qu’un premier pas soit fait en direction de ce que l’on veut être, peu importe qu’on l’ait toujours voulu ou non. Alors devenons nous.

Si à 50 ans tu ne t’es pas reconverti, tu as raté ta vie.

51ème jour : pas de nouvelle, pas de nouvelle

Il y a des jours où la tenue du cocon familial prend le pas sur toute autre activité. Ou peut-être que c’est mon statut d’actif sans emploi pas encore reconverti qui me permet de consacrer le temps que je souhaite à mon foyer. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui était l’un de ces jours. Alors j’ai essentiellement été papa pour la journée, au petit dej, devant le portail de l’école, dans la cuisine, dans les couches mais également au goûter, instant choisi pour sortir mes fournées de madeleines au chocolat. Des bijoux de madeleines, si vous voyez ce que je veux dire.

Il faut bien reconnaître que les nouvelles concernant ma formation, par exemple, ont brillé par leur absence. Je veux bien croire que celui qui ne dit mot consent mais en fait non je n’y crois pas. Silence radio, un point c’est tout. Pas de nouvelle pour un éventuel stage, pas de nouvelle de mon monsieur-réponse-à-tout de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat malgré mes relances, rien de nouveau sous le soleil et en plus il a plu toute la journée. Pas de quoi s’affoler j’en conviens mais j’ai vraiment du mal à m’habituer au rythme du chômage. J’ai toujours aimé mon métier, j’ai eu la chance de ne jamais faire un job que je détestais particulièrement pour des raisons alimentaires. Ainsi mon quotidien était calé sur le rythme de ma vie professionnelle, il se passait quelque chose chaque jour de ma semaine de travail ce qui rendait les week-end et les congés d’autant plus appréciables. Depuis mes retrouvailles avec Pôle, tout est plus décousu, plus aléatoire. J’en viens à croire qu’il faut brasser de l’air pour trouver sa vitesse de croisière.

Le silence endort.