Archives mensuelles : janvier 2014

47ème jour : interruption, moment tanné

A ce stade d’avancée de mon aventure, le samedi se présente souvent comme une journée, disons, de transition. Obtenir des résultats en prospection téléphonique tiendrait du miracle en ce jour, il me reste toujours internet pour potasser mon sujet. Bon allez j’avoue également qu’en terme de chasse aux informations, je m’accorde aussi un week-end si je le peux. Mais ne le dites pas à Pôle. Quoiqu’il serait plutôt mal venu de sa part, particulièrement aujourd’hui, ce samedi précisément, qu’il s’offusque de mes petites libertés conditionnelles. Pourquoi ? Parce que j’ai eu besoin de lui ce matin. Vous voyez donc que ma notion du week-end est plus active que la vôtre, bande de tire-au-flanc.

J’avais besoin de me connecter à ce que Pôle appelle « Mon Espace Personnel » pour vérifier une information concernant mon indemnisation. Seulement voilà. En arrivant sur son site, j’ai du faire face à ce message : « Attention, nos services sont accessibles mais limités ». Allons bon. Accessibles mais limités. La clarté du propos au service de la franchise.

La fièvre du samedi matin.

46ème jour : en quête

Habituellement, je ne réponds pas aux enquêtes. Surtout quand je suis démarché par mail.  S’il s’agit du fameux « appel masqué » faisant vibrer mon téléphone et que ma curiosité a eu raison de mon côté rebelle, je prétends que je n’ai pas le temps. Mais aujourd’hui c’était particulier et puis il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas l’exception qui confirme la règle. L’enquête qui m’était soumise, orchestrée par le très sérieux Ipsos, était commanditée par Pôle. Sans doute voulait-il savoir ce que je pensais de lui depuis nos retrouvailles.

Pôle voulait tout d’abord savoir si j’avais rencontré un de ses conseillers dans les deux mois suivant mon inscription. C’était le cas, j’en ai profité pour lui signifier que j’avais procédé à mon inscription depuis son site internet et que j’étais assez satisfait par ce service. Une entrée en matière cordiale et attentionnée, une magie digne d’un premier rencard. Puis Pôle a voulu jouer les intrusifs en me demandant comment s’est passé mon entretien. Je m’étais promis de faire tous les efforts possibles pour que notre relation soit saine, j’ai donc répondu à ses questions de la manière la plus sincère qui soit. Alors oui, j’ai été peu satisfait par l’entrevue avec la conseillère, peu satisfait par son niveau d’écoute, pas du tout satisfait par les informations délivrées au sujet des droits et allocations mais assez satisfait par le délai entre ce rendez-vous et la confirmation par courrier de mon indemnisation. Malheureusement, ça n’est pas tout. Si j’en crois le questionnaire, nous aurions du faire un point sur mon expérience professionnelle, sur mon projet ou encore sur mes besoins en formation. Puis Pôle a voulu me pousser à bout. Il m’a demandé si les informations fournies par la conseillère avaient été utiles pour me situer sur le marché de l’emploi. Souvenez-vous du 15ème jour où j’ai appelé la CCI parce que mon interlocutrice du jour me l’avait conseillé… Cela m’avait en effet servi à me situer, très exactement à l’opposé de ses préconisations.

Dans la dernière partie de l’enquête, Pôle est resté taquin. Il cherchait à savoir si j’avais été informé de la mise en place prochaine du suivi d’un conseiller référent. D’une certaine façon, oui j’ai été informé. L’interrogation repose sur le fuseau horaire que l’on utilise lorsqu’on évoque une « mise en place prochaine ». Il y a bien cette conseillère anonyme censée me rappeler courant janvier. En théorie, elle est dans les temps. J’ai terminé en  précisant que j’étais peu satisfait par la durée de l’entretien que j’avais trouvé trop courte. Et comme Pôle semblait chercher un motif pour une scène de ménage, je suis bêtement tombé dans son jeu et j’ai précisé que les informations contenues dans le document de synthèse intitulé Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi n’étaient plutôt pas fidèles aux échanges passés. Pour rappel, la conseillère avait conclu en stipulant que je cherchais un emploi dans une pâtisserie en CDI à temps complet. Ah si seulement on avait parlé de mon projet…

Pôle conclut en me demandant si je suis toujours inscrit. Le veut-il ? Ai-je un autre choix ? Pour éviter d’envenimer la situation, j’ai simplement répondu oui.

Je ne suis pas certain d’avoir changé d’avis sur les enquêtes. Surtout celles où je suis démarché par mail.

45ème jour : s’évaluer en amont

Une directrice des ressources humaines a eu ce matin l’honneur et le bonheur de se voir remettre ma candidature pour ce fameux stage en pâtisserie. J’imagine ce qu’elle a du ressentir. Non je n’imagine pas en fait tellement cela doit être une sorte de point d’honneur  venu se poser sur sa carrière sans qu’elle s’y attende. Elle pensait sans doute vivre une journée normale, c’était sans compter sur mon aptitude à délivrer du bonheur à l’improviste.

Je parle de « stage », je ne devrais peut-être pas car au-dessus il y a Pôle. Dans son langage, on pourrait parler d’EMT, comme Evaluation en Milieu de Travail. Il n’est pas impossible que ce soit l’option que me proposera Pôle quand il apprendra que je ne l’ai pas attendu pour mettre mon pied devant l’autre et recommencer. Je n’envisage pas cela pour ensuite avoir le plaisir de vous parler pendant des heures de mes dons extralucides mais bel et bien parce qu’on m’a déjà évoqué ce programme. Il subsiste cependant un problème, qui en est un en tout cas pour l’instant, l’Evaluation en Milieu de Travail est destinée à un public ayant une expérience récente dans le métier concerné. Comme ce fut souvent le cas avec Pôle, il semblerait que je ne sois pas éligible. Mais ce n’est pas à moi de le confirmer.

L’Ecole Française de Boulangerie et Pâtisserie d’Aurillac m’a répondu. Prem’s. Dans ce genre de cas, l’interlocuteur qui prend son temps pour répondre est souvent celui qui n’est pas à une candidature près, celui dont le ramage se rapporte à son plumage. Je ne me permets pas (encore) de faire la fine bouche et j’étais avant tout ravi de recevoir de la documentation en provenance d’Aurillac, une ville qui n’est pas épargnée par la carte des températures dans les bulletins météo. Dans cette école, le CAP se passe en 7 mois, en contrôle continu, et se présente comme « unique en France ». A l’Institut National de Boulangerie-Pâtisserie de Rouen, le diplôme se prépare en 4 mois et demi avant passage de l’examen. Mais c’est tellement loin Rouen… Et puis on en parle moins souvent à la météo. A Aurillac, la prochaine session débute courant août. En somme, à quelques semaines près, cela me ferait avancer au même rythme que si je décrochais une place dans le centre de formation de ma ville. Vu comme ça, il n’y a aucun intérêt à partir à trois heures de chez moi si ce n’est pour attraper un rhume typique de la région.

Je crois que j’aime bien envisager des options, cela me laisse penser que c’est moi qui choisis.