Archives mensuelles : janvier 2014

41ème jour : détour vers le futur

Est-ce que le chômeur vit la soirée du dimanche avec la sensation que le week-end a encore été amputé d’au moins deux jours ? Connait-il cette montée de haine poussant le salarié lambda à vouloir éradiquer les lundi de la surface de la semaine ? Je vous laisse philosopher sur cette épineuse question.

Avec mes airs de premier de classe, je profite de la terminaison dominicale pour établir le programme des impératifs de la semaine qui pointe son nez, le principal étant d’avancer sérieusement sur l’option stage en entreprise. Je vais donc peaufiner et terminer mon package du parfait demandeur d’emploi en quête de reconversion, en commençant par terminer CV et lettre de motivation type pour qui veut entrer en CAP Pâtissier puis en rédigeant un charmant courrier de candidature pour devenir stagiaire. J’ai ce soir encore la sensation de remonter dans le temps d’une bonne décennie, je vais d’ailleurs fouiller dans les petites annonces pour trouver une DeLorean d’occasion. Une fois trouvée, j’en profiterai pour aller voir dans le futur (proche ?) si j’ai bien réussi ma reconversion, si je suis devenu pâtissier ou si je suis encore stagiaire. Imaginez que je sois devenu le chargé de communication d’un pâtissier ! De l’échec dans la réussite, ou l’inverse, le sort ne manque pas d’humour noir.

Espérons que cette nouvelle voiture que je ne convoite que depuis ce soir m’offrira une vie d’ange.

40ème jour : on stage

Lorsqu’on est père au foyer époux d’une femme active, aussi reconverti professionnel que l’on se veuille, si une otite s’empare de son fils il faut trouver la recette pour l’en débarrasser. C’est ce qui m’est arrivé aujourd’hui, ceci me rappelant les aléas de l’organisation que j’évoquais précédemment. Et arrêtez immédiatement avec vos « t’as voulu des gosses ».

J’ai tout de même eu l’occasion de travailler sur mes petites affaires entre deux administrations de suppositoires. Mon sujet du jour : le stage. A 31 ans, je m’aperçois que cette période d’apprentissage professionnel plutôt destinée à satisfaire un collégien vierge de tout type de rapports humains pourrait également emplir de joie un père de famille avec ses quelques expériences en soute. J’ai d’ailleurs repensé à une affiche que j’ai vu dernièrement à l’entrée d’une boutique de vêtements pour femmes, présentant une recherche de stagiaires de niveau bac+5. Waoh. Il est donc possible d’avoir prolongé de cinq années la drôlerie étudiante pour finalement signer une convention de stage. Par chance, mon bac+rien ne me fera pas vivre une telle déconvenue. Cela étant, le statut de stagiaire sera celui qui va me permettre de manière homologuée et officielle de mettre les deux pieds dans le métier de pâtissier au sein d’une équipe de professionnels ravie de me transmettre son savoir et l’amour du métier. Normalement. Enfin, c’est ce que je me dis avec mon innocence de… collégien. « Homologuée et officielle » disais-je. Il me faudra m’en remettre à celui qui est de retour dans mon coeur, celui qui ne m’attendait pas car il nous attend tous : Pôle. Vous l’avez déjà compris, je ne suis pas avare de petites attentions lorsqu’il s’agit de lui. Voici pourquoi je ne l’ai pas attendu, me voici prêt à lui parler stage avant même qu’il ait eu l’idée d’envisager peut-être l’éventualité de l’hypothèse de pourquoi pas aborder ce sujet. Il m’a été conseillé, par une lectrice se présentant comme une professionnelle de la formation et que je n’ai pas encore pris la peine de remercier pour son expertise, d’aller découvrir le pâtissier artisanal mais aussi celui peut-être plus industriel de la grande distribution. A moi de me faire une idée sur la question, l’objectif étant de pouvoir comparer les méthodes, les rythmes, les styles. Excellent plan. Je dois reconnaître que mes contacts les plus proches auraient tendance à m’accorder plus de facilités pour trouver un stage au sein de ladite grande distribution. En théorie. Je vais donc prendre la température auprès de mon hypothétique futur tuteur tout en gardant à l’esprit que Pôle aura le dernier mot. Et la dernière signature en bas de page.

Bon pour accord.

38ème jour : dans les petits papiers

J’ai acheté un cahier. Et à spirales s’il vous plait. D’après l’inscription sur la couverture, il s’appelle « ActiveBook ». Du presque sur-mesure pour moi donc puisque je suis actif et que je porte la barbe. A priori, le cahier à spirales ne fait pas partie des ustensiles du pâtissier mais arrêtez avec vos a priori, ce n’est pas la première fois que je vous le demande. La richesse de ma situation m’impose de jouer sur plusieurs tableaux, celui du pâtissier en potentiel devenir, celui du reconverti naissant, celui de l’étudiant en retraite qui veut revenir sur les bancs de l’école ou encore celui du probable ou possible chef d’entreprise. Ce qui s’apparente ainsi à un bordel qu’on ne peut nommer autrement s’avère en être véritablement un. Après en avoir pris conscience, j’ai misé sur les spirales pour mettre un peu d’organisation dans tout ça. J’ai quelques grands chantiers à mener simultanément, des étapes pour lesquelles j’ai besoin de noter, résumer, analyser, conclure. D’où le cahier. Vous imaginez donc ce que je fais de vos a priori. Je vais graver dans le papier l’itinéraire entre mon point A et mon point B sur des sujets comme le financement de ma formation, l’entrée en CAP Pâtissier et l’obtention du diplôme, la création d’entreprise du concept au financement en passant par l’ouverture ou encore la déclaration d’amour franche et sincère à Pôle. Pour chacun de ces moments, j’inscrirai ce que je sais déjà, ce qu’il faudrait que je sache et pourquoi je veux savoir tout ça. Je sais, c’est particulièrement malin.

Après cette effervescence intellectuelle, le temps est venu me rappeler qu’il ne jouait pas dans mon équipe. Sans blague. Je n’avais pas attendu sa douce déclaration pour m’en apercevoir. Super papa au foyer – mari – chômeur – reconverti professionnel – pâtissier novice passionné – créateur d’entreprise, tout cela me pousse vers un cumul des mandats qui commence à peser sur mes épaules pourtant si musclées.

Heureusement, j’ai acheté un cahier à spirales.