Archives mensuelles : avril 2014

149ème jour : breaking news

Et si finalement il n’y avait pas de place pour moi dans ce CAP Pâtissier ?

C’est une éventualité que je n’envisage pas depuis ce soir seulement, le contexte actuel fait qu’en plus d’y penser j’y repense. Je tente de mettre toutes les chances de mon côté, à travers les stages en entreprise ou les fonctions d’attaché de presse que je remplis à titre gracieux pour Pôle au travers de ce blog, mais rien ne dit que cela fera de moi l’un des candidats favoris pour l’admission à la formation. Alors, si finalement il n’y avait pas de place pour moi dans ce CAP Pâtissier ? J’ai commencé à répondre à cette question ces jours-ci. Et j’ai décidé que si cela ne marchait pas, je deviendrais plombier. J’y vois deux avantages. Le premier c’est que je serais toujours considéré comme un « reconverti professionnel » et que je pourrais continuer à rédiger mes billets chaque jour. Après tout, qu’est-ce que cela peut bien vous faire que je me rêve pâtissier ou plombier ? Ce que vous aimez vous, c’est la grande littérature, et c’est pour cette simple raison que vous m’êtes fidèles. Le deuxième avantage, c’est que je suis parvenu à trouver un premier avantage à partir d’un constat d’échec. Deux avantages disais-je, le compte y est. Ceux d’entre vous, et je crains que vous soyez nombreux, qui n’ont pas compris la dimension hautement humoristique des lignes précédentes seront sans doute rassurés d’apprendre que j’envisage en réalité un autre type de solution pour rebondir si d’aventure mon nom n’était pas sur la liste d’appel d’une classe de CAP à la rentrée prochaine. Tout d’abord j’ai décidé de continuer à me débrouiller tout seul puis j’ai opté pour un début d’activité plus rapide que prévu. Voire d’ailleurs plus rapide que tout de suite. Comme vous avez tout bien suivi, vous vous souvenez que mon ambition au travers de la pâtisserie est la création d’une entreprise. Celle-ci ne peut pas être une pâtisserie en tant que telle sans être détenteur d’un CAP Pâtissier. Votre mémoire désormais rafraichie, vous vous souvenez désormais qu’une activité de fabrication et vente de petites gourmandises type biscuits et autres gâteaux dits « secs » n’est pas soumise à la même règlementation. Ainsi, puisque nous sommes entre nous je peux bien vous le dire, je vais débuter cette activité de « biscuiteur », ou « biscuitier » comme il vous plait, dans les prochaines semaines. Quitte à être un chômeur qui travaille, autant pousser la plaisanterie à son maximum. Je sais, cela doit vous faire un choc.

Ne dites rien à Pôle, je compte lui faire la surprise.

147ème jour : le coquillard

La semaine commence par une confirmation de report de planning, l’ouverture des inscriptions au CAP Pâtissier serait attendue fin mai et non plus début mai. Mais il s’agit juste d’un report n’est-ce pas ? Hein ? Rendez-vous fin mai. En attendant, je vais attendre. Mais pas que.

Pôle m’a écrit. Comme pour me prouver qu’il ne m’oublie pas, qu’il pense à moi malgré nos disputes silencieuses. Pôle m’a écrit mais il a fait au plus simple ce qui ne m’étonne que peu venant de lui. Il m’a envoyé, ou peut-être devrais-je dire renvoyé, l’exemplaire de convention de stage qui me revient concernant mon prochain séjour chez un chocolatier. Il n’y avait que cette feuille dans l’enveloppe, pas un petit mot pour prendre de mes nouvelles, pas un bonjour, pas non plus de mention « bonne réception », ce néologisme de la formule de politesse née des échanges électroniques professionnels, cette façon courtoise de signifier à son correspondant « tiens voilà cette merde que tu m’as demandé » ou encore « la prochaine fois tu te débrouilles tout seul pour trouver tes affaires ». Les deux hypothèses pouvant éventuellement être conclues par un « connard ». Mais rien de tout ça dans mon cas, simplement ce feuillet que je connaissais déjà pour l’avoir signé et fait signer par le chocolatier. Il me revenait tamponné par Pôle. C’est d’ailleurs sa spécialité à Pôle, de s’en tamponner.

Pour être tout à fait certain de ne rien manquer dans ce courrier, je me suis mis à examiner l’enveloppe de plus près. Je me suis alors aperçu que celle-ci m’était envoyée depuis la commune de Carbon Blanc en Gironde. Je retrace donc le parcours de ma convention de stage. Je vais la chercher chez Pôle, je l’apporte chez le chocolatier qui la signe, je la ramène chez Pôle. Jusqu’ici, trafic fluide. Mais allez savoir pourquoi, voici que ma convention prend une déviation, quitte les bureaux de Pôle, puis la ville, puis le département, pour se retrouver sur le bureau d’une nouvelle conseillère en Gironde, une « responsable d’équipe professionnelle ». Enfin je crois. L’enveloppe est passée par Carbon Blanc mais le courrier est tamponné par l’agence de Périgueux et signé par une personne dont je n’ai jamais entendu parler. « Responsable d’équipe professionnelle », ça en jette en tout cas comme intitulé. Cela sous-entend également qu’il y aurait une équipe amateur. Encore un ceci qui pourrait expliquer cela.

Et tout ça dans le dos de ma conseillère personnelle qui à mon avis ne va pas être contente en apprenant qu’elle n’a pas été consultée. Enfin, si elle travaille toujours chez Pôle.

143ème jour : après la pluie

Je n’ai pas dérangé Pôle aujourd’hui. Je ne suis pas allé le voir, je ne lui ai posé aucune question. J’ai compris aujourd’hui qu’il fallait peut-être que je le ménage un peu pour qu’il puisse tirer le meilleur de lui-même. En réalité, j’envisage le fait que je n’ai pas adopté la bonne méthode et que si nous sommes partis sur de mauvaises bases ma responsabilité personnelle ne doit pas être minimisée. Donc aujourd’hui, je n’ai pas dérangé Pôle. Pour lui cela n’a sans doute fait aucune différence, pour moi cela m’a permis de passer une excellente journée malgré la pluie.

J’ai quand même dérangé du monde. Et du beau. Comme je suis du genre têtu concernant cette fameuse date d’ouverture des inscriptions au CAP Pâtissier, j’ai décidé de solliciter directement la maison-mère, celle que je considère comme telle en tout cas, à savoir la Chambre des Métiers et de l’Artisanat. Je passe alors en mode « spam » et je bombarde à destination des boîtes aux lettres électroniques de mes interlocuteurs préférés. Sollicitation de masse. Bon, de masse mais mesurée tout de même, ils ne sont que trois finalement, mes interlocuteurs préférés. Il n’aura fallu que quelques minutes pour que j’obtienne une réponse. Précise et fiable, qui plus est. J’avais donc dérangé les bonnes personnes. J’apprends alors que l’un des mes interlocuteurs, l’une pour être précis, est en congés mais sera ravi de m’accueillir au téléphone dès lundi prochain. Il semblerait que les inscriptions au CAP Pâtissier n’ouvrent que sur la période mi-mai/fin mai au lieu de fin-avril/début mai comme annoncé initialement. Cependant, des entretiens seraient au programme des futurs stagiaires entre temps. Bon. Très bien. J’appellerai donc lundi pour en savoir plus.

Pendant ce temps-là, j’imaginais Pôle patauger dans les flaques en jouant à son jeu favori : passer entre les gouttes.