Archives mensuelles : mai 2015

La cloche a sonné

Après 300 jours (et des poussières…) passés auprès de toi Pôle, il s’agissait pour moi de retourner à l’école. Mon aventure de reconversion professionnelle passant par l’obtention du CAP Pâtissier, je me retrouvais le cartable sur le dos, mallette d’ustensiles à la main, moi le jeune vieux parmi les jeunes jeunes. Ma re-scolarisation dura neuf mois et s’est terminée à 17h04 aujourd’hui par un cours de sciences appliquées.

En somme, une bonne gestation. J’espère désormais que le nouveau-né sera une fille, j’ai prévu de l’appeler Réussite. J’ai eu la chance, et surtout le plaisir, de retourner en classe au beau milieu d’une douzaine de futurs reconvertis professionnels venue ici comme moi pour changer de vie ou pour compléter leurs acquis. Ayant choisi des métiers différents, nous n’étions pas systématiquement en cours ensemble mais je crois que nous avons tout de même réussi à former une jolie petite bande. C’est naturellement avec un pincement au cœur que j’ai quitté le Centre de Formation d’Apprentis tout à l’heure, juste après l’embrassade réglementaire avec mes camarades. Ce pincement-là, je l’avais déjà ressenti quelques heures auparavant lorsque mon professeur de pâtisserie me gratifiait d’une attention toute particulière à la sortie de mon dernier cours avec lui, une tirelire en forme de vache et un petit mot. La tirelire me servirait à mettre le premier euro gagné à bord de mon futur camion à biscuits, c’est ce qu’il écrivait dans ces quelques lignes particulièrement touchantes. J’ai énormément appris à ses côtés, avec les autres professeurs aussi bien évidemment et je n’aurais de cesse de les remercier, mais il est vrai qu’avec celui-là en particulier les échanges étaient différents. Comme je suis dans les clins d’œil, j’en profite pour en adresser un à ma copine de classe Karine qui a passé toute l’année avec moi, de la salle de classe au laboratoire de pâtisserie. On a su s’épauler et se serrer les coudes quand il le fallait, tu nous aurais vu Pôle, tu aurais été fier de tes poulains. Cela dit, tu nous as peut-être vu d’ailleurs, voire même entendu puisque paraît-il tu pourrais te voir conférer le pouvoir de suivre tes administrés à la trace. Pas pour tout de suite visiblement mais nous savons tous que tout cela n’est qu’une question de temps. Bref, c’est une autre histoire, parlons plutôt de moi, comme tu le sais je préfère.

Mais oui, mais oui, l’école est finie. L’examen approche, la vraie fin aussi de par le fait, pour cette étape au moins. Entre temps, je vais avoir le plaisir, partagé sans doute, de passer te voir pour me ré-inscrire dans tes fichiers. Ma formation s’arrête, je vais donc changer de catégorie dans la famille des demandeurs d’emploi et revenir dans celle des vrais chômeurs, ceux qui sont comptés dans les chiffres dont on parle à la télévision. Tu imagines combien il me tarde. Je ne m’en fais pas un monde, j’attends de t’avoir face à moi pour cela, d’autant que j’ai tout un tas de questions à te poser. J’ai décidé de créer mon entreprise, je pense que le sujet à lui seul nous réserve des rendez-vous mémorables. Je te reparle de tout ça bientôt.

Salut Pôle, j’ai des devoirs a faire. Si tu vois ce que je veux dire.