Archives mensuelles : février 2016

Attentat à la stupeur

Salut Pôle.

Ce matin, j’ai eu mon premier contact avec RSI. Et avec Daesh par la même occasion. Oui, cela peut paraître curieux mais tu vas comprendre. Tu devrais tout au moins.

Alors voilà. J’avais une question. Tu me connais. J’ai appris qu’en faisant une « photo » de mes trois premiers mois d’activité, RSI serait en mesure de me calculer des cotisations au plus près de la réalité. De la science-fiction diront certains plus expérimentés en la matière. Personnellement j’ai l’ignorance du débutant sur le sujet. Ainsi, me voilà parti chez RSI, en urgence, car il me faut régler cette question avant vendredi, date théorique de mon premier appel à cotisations. Pour l’heure, mes comptes sont en saisie de manière à réaliser cette fameuse photo.

Comme RSI et moi en sommes toujours aux premiers émois, il ne m’avait pas donné sa nouvelle adresse. Je me dirige donc au mauvais endroit. Je repars alors vers la bonne adresse, aidée en cela par une affiche sur la porte close. Me voici au n°16 de la rue, pallier que l’on ne peut franchir qu’en sonnant au n°14. Pallier que l’on ne peut franchir qu’avec un rendez-vous pris par téléphone ou sur internet. Pallier que l’on ne peut franchir quand bon nous semble depuis les attentats récents. D’où ma rencontre avec Daesh. Je me retrouve alors dans cette situation absurde, je prends mon téléphone pour appeler la plateforme téléphonique qui me permettra de prendre un rendez-vous dans le lieu devant lequel je me trouve. Oui, j’ai sous les yeux une indication précise qui dit en substance: « Pour entrer au n°16, sonnez au n°14 mais seulement si vous avez rendez-vous ». Je caricature à peine. Puis j’appelle. La plateforme est en dérangement. RSI s’excuse de la gêne occasionnée. Je suis sur le trottoir. Il pleut. Je vis à cet instant ce genre de situation où l’on a l’impression qu’il ne pleut pas sur le trottoir d’en face. Je suis alors pris d’un coup de folie. Je n’ai pas de rendez-vous mais je vais quand même sonner au n°14 pour tenter d’entrer au n°16. Interphone. J’explique que je viens pour la première fois et que je découvre qu’il fallait un rendez-vous. Madame à l’autre bout me dit: « Oui ». Concis. Puis elle me dit qu’il faut téléphoner. Je réponds que je viens de le faire mais que c’est en dérangement. Elle me dit alors qu’il faut aller sur internet, parce qu’internet c’est mieux. J’en déduis alors qu’elle ne me donne la meilleure solution qu’en deuxième choix. Note pour plus tard. En somme, elle me dit sans me le dire qu’elle ne va pas me faire entrer. J’évoque le caractère urgent de ma demande mais il est trop tard, je n’ai pas suivi le protocole. Si j’ai bien tout compris, pour des questions vigipirates, RSI n’ouvre ses portes qu’à des personnes identifiées par une prise de rendez-vous tout en pensant plus sécurisé le fait de faire entrer quelqu’un qui a pris rendez-vous sur internet plutôt que celui qui est là face à lui, sur le trottoir. Et sous la pluie. Tout cela donc à cause de Daesh. Putain le terrorisme, ça va loin.