217ème jour: du pareil au même

Il y a des sommets que l’on pense ne jamais atteindre, dont on ose même pas rêver pour ne pas avoir à se réveiller ivre de joie aux côtés d’une déception dont on a oublié le prénom. Et c’est bien évidemment parce qu’on ne s’attend pas à réaliser ce qui s’apparente à un exploit que la satisfaction est bien au-delà de tout. Oui de tout, tout simplement.

Lors de notre dernier échange, aussi indirect soit-il puisqu’il s’agissait d’un message sur mon répondeur, Pôle m’a démontré par le menu que son ramage ne rapportait à rien mon chômage. Je suis le phénix condamné à renaître de ses cendres après chaque entretien avec un conseiller, le petit poucet quand Pôle est l’hôte de ces bois. Comment pourrais-je faire plus fort, plus haut, plus beau, comment pourrais-je aller plus loin que ce dernier message laissé par ma conseillère, tant sur le fond que sur la forme ? Pôle réalisait déjà d’excellentes performances lorsqu’il s’agissait de me ralentir dans mon projet, voilà que désormais il est en passe de me couper le verbe sous le pied. J’étais le narrateur, le héros, le personnage principal, je régalais chaque lecteur de ma plume à la fois drôle et tranchante, j’étais adulé pour ma sobriété, ma simplicité et ma modestie, et voilà que je me fais voler la vedette par ma conseillère. En à peine plus d’une minute de message vocal, elle avait tout. Les mots justes, le ton, le débit, les vannes courtes et précises qui mènent à une chute d’un genre qu’on ne fait plus. Bref, la blague à l’état pur, à l’ancienne. Et me voici sans voix, sans mot, en train d’attendre le prochain spectacle, ne serait-ce qu’un seul sketch. Je suis remis à ma place à la suite d’un simple appel téléphonique, il y a du talent chez Pôle, quoi que j’en dise. Je me dois de l’accepter.

Comme si la leçon n’était pas suffisante, la suite prenait des airs de running gag. Mon frère, qui actuellement doit prendre quelques informations auprès de Pôle, me racontait son dernier entretien avec sa conseillère. Celle-ci a eu tout le mal du monde a répondre à une question, soufflant un coup le chaud, puis le froid, voire le tiède, soufflant tout court même sans doute car empêtrée dans son ignorance sur un sujet pourtant essentiel de son métier. Oui, son métier. Mon frère a donc décidé en accord avec lui-même qu’il allait se débrouiller. J’en conviens, les grandes lignes de cette anecdote ne font pas un running gag. Alors voilà. La conseillère de mon frère est aussi ma conseillère. La même. Maintenant que vous la connaissez, vous savez que c’est un génie, alors un conseil : ne frottez pas la lampe.

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