24ème jour : appels d’urgence uniquement

Ebloui par la magie de Noël, on peut avoir tendance à croire que le 26 décembre est encore un jour de fête. Férié, de surcroit. Mais il n’en est rien. J’en ai eu l’implacable démonstration ce matin, à 11h48 très précisément, un modèle du genre.

Mon téléphone sonne pour m’avertir que j’ai un message sur mon répondeur mais avait omis d’en faire autant pour me permettre de prendre l’appel. Sans rancune, j’écoute tout de même le message. C’est une conseillère de Pôle. Elle ne donne pas son nom, je ne sais donc pas s’il s’agit de MA future conseillère. Elle explique qu’elle a été informé de mon projet de création d’entreprise (elle ne parle pas du CAP Pâtissier que je souhaite intégrer, pourtant étape première de ma douce reconversion professionnelle) et elle souhaite en savoir plus. C’est officiel. Le 26 décembre n’est pas un jour férié, défiscalisées ou non, le Père Noël ne fait pas d’heures supplémentaires. Je l’avoue bien volontiers, cette première partie du message m’enchante, ravi de constater que mon dossier semble intéresser quelqu’un.

Puis vient la conclusion du message. La prise de congés pour ainsi dire… La conseillère anonyme termine en me précisant que comme elle ne m’a pas eu directement, elle me rappellera. Super. Mais c’est « courant janvier » qu’elle me rappellera. Vous comprenez maintenant pourquoi la formule « prise de congés » peut avoir ici tout son sens. Loin de moi l’idée de vouloir la priver de vacances si tel est le motif de ce renvoi d’appel, mais pourquoi courant janvier ? Pourquoi pas cet après-midi ? Et demain ? Je décide, sans grande conviction, d’appeler Pôle par son numéro court pour savoir qui a tenté de me joindre. L’opératrice qui me répond procède à l’identification règlementaire, numéro d’identifiant, nom et prénom. C’est bien moi, on peut donc discuter.

Moi : – « Je viens d’avoir un message d’une conseillère qui ne m’a pas donné son nom. J’essaie donc de la joindre en passant par vous ».

L’opératrice : – « Alors je regarde ce qu’elle m’a laissé dans votre dossier ».

Les secondes sont marquées par son tapotement sur les touches d’un clavier.

L’opératrice : – « Ah… Elle ne m’a rien laissé. Je n’ai aucune trace d’un appel de quiconque dans votre dossier ».

A l’approche de midi, la faim aidant, j’avais envie de lui répondre que ça ne m’étonnait pas. Mais je n’avais aucune raison d’être désagréable avec elle, même à J+1 je lui fais ce cadeau. Pourtant, elle continue en me tendant une perche magistrale.

L’opératrice : – « Si je n’ai pas d’information, c’est sans doute qu’il n’y a aucune urgence ».

Voilà. Ma situation n’est pas urgente. C’est sans doute une affaire de point de vue, une définition à géométrie variable de l’urgence ou bien encore mon égocentrisme qui fait des siennes. Il est temps qu’on se quitte et que je passe à table.

L’opératrice : – « Monsieur Grangier, je suis vraiment désolée de ne pouvoir vous aider davantage ».

Elle a tout de même un air sympathique et des formules de politesse formatées à la sincérité bien imitée.

Moi : – « Je vous remercie quand même. J’attendrai donc le prochain appel ».

2014 sera peut-être un grand cru. Mais pour le moment, ça ne me parait pas être du tout-cuit.

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