295ème jour: exclamation(s)

Ce mois-ci, Pôle avait décidé que nous nous verrions.

Ce n’est là qu’un infime détail de l’été qui s’achève. Pôle, au bon milieu de ma semaine de vacances, m’écrivait pour me dire  que le mois de septembre nous permettrait de faire un point sur ma situation. Je n’étais plus à cela près mais cette correspondance reçue par mail était encore une fois la preuve que Pôle ne savait plus où il en était. Je me permets de transférer tout cela vers le présent, Pôle ne sait pas où il en est. Le fait de demander à me voir n’est pas le problème, d’autant que chacun sait que je n’ai pas besoin d’une invitation pour me rendre en agence. C’est plutôt le timing, le problème. Car à la date où Pôle souhaite me voir pour faire ce fameux point sur ma non moins fameuse situation, après-demain pour être précis, il serait bon pour lui et ses petites affaires qu’elle soit claire. Ma situation. Me voilà convoqué à quelques jours seulement de ce qui pourrait être ma rentrée scolaire. Ou à quelques jours d’une sérieuse déconvenue, je dois l’avouer, dans laquelle Pôle aura joué un rôle majeur. En somme, les ordinateurs de Pôle ont une nouvelle fois démontré que leur choix d’une date de manière aléatoire n’avait aucun sens face aux projets des différents administrés que nous sommes. Les conseillers face à ces ordinateurs ayant pour consigne de ne réfléchir que de manière aléatoire également, il faut être moralement très solide, et accessoirement non-violent extrémiste, pour garder les idées claires.

INTERRUPTION DU BILLET

Breaking news, comme disent ceux qui veulent rentabiliser l’option « anglais renforcé » prise au collège, celle qui ne laissait que trente minutes pour la cantine, une fois par semaine.

Croyez-moi sur parole. J’ai décidé en direct de modifier l’objet de ce billet. J’allais parler de qui vous savez, de cet entretien qui m’attend après-demain avec ma conseillère personnelle mais puisque vous avez lu le premier paragraphe, vous aviez déjà saisi. Mais voilà. Une actualité brulante est venue bousculer mon après-midi mais également un bout de ma vie sans doute. J’ai quelque peu provoqué cette situation en posant une question quelques minutes plus tôt à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat. Par mail. La réponse n’a pas tardé à arriver. Alors voilà, c’est fait. Mon dossier de demande de formation dans le cadre du Plan Régional de Formation a été retenu. Oui, c’est fait. Je vais intégrer une classe de CAP Pâtissier et faire ma rentrée scolaire dans quelques jours. Ne vous y trompez pas. S’il n’y a aucun point d’exclamation dans l’annonce de cette nouvelle tant attendue, c’est parce qu’ils sont tous dans ma tête, dans mes yeux, dans ma voix. J’ai évidemment explosé de joie en apprenant cette nouvelle. Oui, je vais intégrer une classe de CAP Pâtissier et faire ma rentrée scolaire dans quelques jours. Je suis d’ores et déjà convoqué jeudi, dans trois jours, pour la réunion de rentrée. Mon premier jour est quant à lui fixé à la semaine prochaine. Je ne sais pas si vous imaginez que je n’imagine pas encore. Une étape clé de ma reconversion professionnelle vient de se solder par un succès. Voilà, c’est fait. Et si je reste humble et sobre malgré l’excitation intense qui s’est emparée de moi, c’est parce que tout reste à faire.

Evidemment, je vais certainement éprouver l’envie de revenir plus en détails sur cet évènement du jour. Je suis encore sous le coup, à chaud, je ne sais qu’en dire ou qu’en penser. Mais d’ores et déjà, j’ai au moins deux messages à faire passer. Le premier pour Pôle. Non, je ne viendrais pas au rendez-vous dit « obligatoire » avec ma conseillère et j’aurais même l’élégance de venir te le signifier dès demain, en personne, en t’en donnant les raisons. Le second message est pour vous, très chers lecteurs. Je crois que nous allons bientôt nous quitter.

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