298ème jour: 404

Je me suis trompé.

Aujourd’hui, c’était la réunion de rentrée au Centre de Formation de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat. Le grand jour, au moins autant que le premier jour d’école qui lui aura lieu dès la semaine prochaine. Séquence émotion. J’étais convié parmi les onze autres heureux élus du Plan Régional de Formation, de futurs bouchers, charcutiers, boulangers et donc pâtissiers. La réunion consistait en la découverte des emplois du temps, l’organisation des cours, les stages en entreprise, les dossiers de rémunération, le tout conclu par une visite de l’établissement. Si on laisse de côté la partie rémunération, la situation ressemblait en tout point à une vraie rentrée des classes. J’étais bien. Je revenais à l’école et j’étais bien. Cependant, car il y a un « cependant » à défaut d’y avoir un « mais », il s’est produit dans les premières minutes un évènement, disons, troublant. Ca y est, qu’a-t-il encore trouvé êtes-vous en train de vous dire. Ne bougez pas, je continue. La personne qui anime la réunion est désormais notre référente au sein de l’établissement. C’est d’ailleurs elle qui m’a annoncé quelques jours plus tôt que j’étais retenu pour suivre le CAP Pâtissier. Une femme bien donc, en tout objectivité bien entendu. Elle ouvre la réunion en nous donnant à chacun un dossier sur lequel figurait notre nom. Mais mon dossier à moi ne faisait pas mention uniquement de mon nom, il y avait une petite note indiquant que j’avais un rendez-vous à 16h, après la réunion. Bravo, joli coup, premier jour et je suis déjà convoqué au bureau. Je ne connais pas l’objet de cette entrevue privilégiée mais j’apprends que ce sera avec la personne qui représentait la Chambre des Métiers lors de mon entretien individuel. Rien que ça. Au rythme d’un timing très précis tout au long des deux heures pendant lesquelles a duré la réunion, je pensais à ce dont on voulait me parler. Aucune idée.

Et la réunion se termine. Elève discipliné, je me rends donc à ce rendez-vous intrigant. Clin d’oeil de ma folle épopée vieille de presque 300 jours, je me retrouve dans le bureau dans lequel j’ai passé ce fameux entretien, face à la même interlocutrice. De quoi va-t-on parler ? Que veut-elle me dire ? Allez-y, prenez quinze secondes pour faire vos pronostics… Alors, une idée ? Je ne sais pas pourquoi, mais c’est sans doute parce qu’on commence à bien se connaitre vous et moi, je crois que certains d’entre vous voient juste. C’est tout simplement de… mon blog dont il allait être question. Nous allions aborder « un point de communication ». A force d’écrire, de m’offrir une tribune presque quotidienne dans laquelle j’enrage après l’administration qui m’entoure, j’ai fini par être écouté. Enfin entendu. Lu, plus précisément. Il semblerait que j’ai eu quelques lecteurs faisant partie des décideurs, des financeurs, des sphères hiérarchiques aptes à décider si oui ou non ma reconversion professionnelle allait prendre son envol ou resterait cloué au sol. Chez Pôle. Ces lecteurs influents se seraient étonnés d’apprendre quel avait été mon ressenti à la sortie de mon entretien individuel, une étape quelque peu complexe si vos souvenirs sont bons. Alors pourquoi auraient-ils pu s’émouvoir de mes confidences ? J’ai la réponse. Le fin mot de l’histoire. J’ai très mal vécu cet entretien, trop court, pressé par le temps et le nombre conséquent de candidats, j’en suis sorti vidé avec la sensation de n’avoir pourtant rien sorti, rien de concret, rien d’intéressant. Un paradoxe proche de l’échec, un tout ça pour ça de circonstance. Seulement voilà. Je me suis trompé. Voyez-vous, cela m’arrive même à moi, soyez donc tranquilles pour votre cas personnel vous dirait ma modestie. Oui, je me suis trompé et je l’ai appris aujourd’hui. Lorsque j’ai fermé la porte au nez de cet entretien individuel, ce qui se jouait dans le bureau que je quittais était exactement l’inverse de ce qui me passait par la tête. Pour le jury, la décision était sans appel. J’étais retenu, cette formation était pour moi, ma place était réservée, validée, j’avais convaincu ce jury dont faisait partie celle qui aujourd’hui me contait cette histoire. Je m’étais trompé. Complètement. La faute à la pression des jours précédents, la faute aux aberrations passées, la faute au stress qui fausse un instant ma perception de ce qui se passe, ma faute à moi. Cette porte qu’on m’avait ouverte, ce bureau dans lequel je m’étais senti transparent, cet endroit que j’avais quitté contrarié, c’est ici que tout a commencé finalement. J’avais été remercié trop vite à mon goût, il n’en fallait pourtant pas davantage au jury pour retenir ma candidature. D’où l’étonnement de ceux qui ont fait que je fais ma rentrée en CAP Pâtissier, au bout du suspense. Je m’étais trompé. Complètement. Mais j’avoue qu’il n’est pas désagréable de se tromper quand on connait une fin si heureuse.

Ce rendez-vous s’est conclu par une information tout à fait sérieuse et importante malgré une certaine dimension humoristique. J’apprends qu’il y a une conseillère pédagogique au sein de l’établissement et que je peux m’adresser à elle à n’importe quel moment si quelque chose me chagrine , si mon esprit critique légendaire veut se manifester. Ironie de l’histoire. Mais, je le confesse, je n’ai jamais craché dans la soupe. Déjà parce que c’est dégoutant et parce qu’en plus on ne gaspille pas la nourriture. Mon premier objectif était de passer les portes du Centre de Formation et pour cela les solutions ne dépendaient pas de moi. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. C’est à moi de jouer. Et de ne plus me tromper.

Une réflexion au sujet de « 298ème jour: 404 »

  1. Content que votre formation démarre enfin.
    Cela fait 4 mois que j’attends une réponse au dossier de financement de permis afin d’entamer une formation qui demande ce fameux papier rose au prix plus qu’indécent et j’ai un peu l’impression qu’ils ont paumé le dossier et que ma conseillère savait pas trop comment me le dire.
    Une conseillère d’ailleurs géniale et qui n’hésite pas à passer parfois plus de 40 minutes sur mon cas lors de nos rendez-vous (alors que je suis un chômeur non indemnisé et qu’elle pourrait passer ce laps de temps à traquer les ignobles profiteurs qui mettent à genoux l’état français et le pompent jusqu’au sang …)

    On m’a appelé hier pour me dire qu’elle était partie pour raisons personnelles (mauvais signe hein …) et que j’avais donc un nouveau conseiller.Même au chomdu,les choses qui semblent bonnes ne durent pas.

    Bref,pour avoir suivi quelque peu votre périple il n’empêche que je suis content pour vous.Je devrais peut-être me sortir les doigts du *** et taper des textes incendiaires pour me faire entendre.Ou alors,tel l’ignoble profiteur indemnisé que j’ai été,pomper tout vos textes en remplaçant CAP pâtisserie par l’intitulé de ma formation…

    Bonne rentrée !

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