32ème jour : à la une

En première page. Le journal local qui m’a interviewé il y a quelques jours a décidé de publier l’article aujourd’hui et de mettre ma photo en première page. Il est vrai que si on ne lit pas le titre en légende, on peut imaginer en me voyant que je suis le dernier otage en date à avoir été libéré de je ne sais où. Finalement, quelques caractères en gras plus tard, tout devient clair. « Emploi : il raconte dans un blog sa reconversion ».

Je m’empresse d’ouvrir le journal à la page 4. Je m’y découvre en photo pour la seconde fois en 35 secondes, cette fois-ci sous un jour rendant un bien meilleur hommage à mon charme naturel. Il existe donc bien des solutions pour sublimer ce qui a priori n’est qu’une feuille de papier journal. Mais revenons au sujet qui nous intéresse : Moi. Dans l’article, dès le titre, je suis cité comme un « cobaye » de la reconversion professionnelle. Le terme étant entre guillemets, j’en déduis que c’est moi qui l’ai employé. Je ne m’en souviens pas mais la comparaison me parait d’une telle justesse que je ne doute pas longtemps en être l’auteur. Il est donc question du CAP Pâtissier, de mon parcours dans la « communication », de mon illustre rupture conventionnelle de contrat mais également de mon dernier employeur, soupçonné d’avoir « mal pris » mon désir de reconversion. Une déduction qui n’engage que celui qui y croit. Mes retrouvailles avec Pôle sont également évoquées, on entre dans mon jardin secret mais je reconnais volontiers que j’ai moi-même laissé le portillon ouvert. L’article est plutôt bien écrit, même s’il faut reconnaître qu’avec un sujet intéressant c’est évidemment plus simple.

Pour conclure l’entretien, je n’avais pas manqué de déclarer avec grande modestie que chacun était cordialement invité à se ficher de savoir qui j’étais et de ce que je voulais faire (ou refaire) de ma vie. Ce qu’il fallait retenir, sans pour autant l’apprendre par coeur, c’est cette volonté de décrire mon « parcours du combattant » (encore une de mes citations oubliées) au pays du chômage et de la formation professionnelle. A nous autres, il semblerait que le gouvernement nous veuille du bien. Le chômeur en demande de formation aurait même été cité dans les voeux présidentiels. Après la presse locale, voilà qu’on parle presque de moi jusque dans le palais de l’Elysée. Dans un tel moment de grâce, j’ai la conviction que la pâtisserie était un bon choix pour ma notoriété.

Quand je pense que certains chômeurs se contentent de chercher un emploi…

Ah, un dernier détail. Je partage la première page avec le titre « Le palmarès des prénoms les plus populaires en 2013 ». Croyez-le si vous le voulez, mais « Yohan » ne fait pas partie de ce palmarès. Il est préférable de ne pas toujours chercher une logique dans l’actualité.

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