34ème jour : sournoiserie viennoise

Puisque vous êtes tout ce qu’il y a de plus attentif, vous aurez remarqué qu’il n’y a pas de 33ème jour. Théoriquement, il y en a eu un bien évidemment, vérifiez votre calendrier si vous en doutez. Mais pratiquement, il ne s’est rien passé qui vaille la peine que je le partage. Rien. Oubliez donc votre frustration naissante, vous n’avez rien manqué. Fin du mot d’excuse, séchez vos larmes.

Ce matin, je me suis mis dans le rythme du pâtissier. Bon, pas exactement. Voilà. Je me suis levé relativement tôt pour me lancer dans une activité à la fois prenante, physique et passionnante : un entraînement de football. Oui, un dimanche matin, sous la pluie et dans la boue, j’exagère un brin de manière à vous faire apprécier encore plus votre grasse matinée. Vous me remercierez plus tard. Mais pour trouver le lien avec la pâtisserie, car il y en a un, les septiques font fosse route, il faut revenir à ce qui s’est passé avant cette séance de torture footballistique. A ce moment là, mes coéquipiers et moi-même sommes encore en « civil », les paupières plus ou moins décollées selon les cas. L’un des joueurs, l’entraineur et le président du club avaient décidé d’offrir le petit déjeuner. Au menu, viennoiseries et couronne des rois, la sélection parfaite à cette heure-ci et à cette époque de l’année. J’opte pour un pain aux raisins, mon champion dans cette catégorie. Le plaisir du moment ne pouvait me faire envisager le rude combat que j’allais devoir mener contre lui dès mes premières foulées, quelques instants plus tard. Quand j’y repense maintenant, je suis persuadé que ce pain aux raisins avait sournoisement planifié un attentat à l’intérieur de mon estomac, le tout avec ma complicité évidente puisque c’est moi qui l’y ai introduit. Un plan machiavélique. Lorsque j’ai compris son intention, il m’a fallu m’improviser démineur de manière à éviter toute explosion susceptible de mettre en danger non seulement moi mais également mes coéquipiers à proximité du potentiel drame. Ma tête essayait alors de faire courir mes jambes, ce qui me permettait de faire diversion auprès de mon entraineur tout en menant de front ce combat contre une viennoiserie terroriste. Les négociations furent silencieuses mais rudes, j’ai refusé en bloc toutes ses revendications. Il finira par abandonner en se rendant de son plein gré à mon système digestif.

Ce matin, un pâtissier s’est levé très tôt pour préparer ses viennoiseries. Il ne pouvait pas imaginer que l’une d’entre elles aurait de telles intentions envers celui qui lui ferait honneur. Je n’ai pas touché à la couronne des rois, j’ai failli servir moi-même la galette, parfois la vie ne tient à rien.

Je n’en veux à personne.

5 réflexions au sujet de « 34ème jour : sournoiserie viennoise »

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