365ème jour: joyeux anniversaire

Salut Pôle,

Aujourd’hui est un jour particulier. Pour toi, pour moi et tout ceux qui le veulent. J’y pensais déjà hier soir, cela s’est amplifié ce matin, dès mon réveil j’espérais que tu n’oublierais pas. Que tu ne m’oublierais pas. Aujourd’hui, c’est notre anniversaire. Cela fait un an jour pour jour que j’ai débarrassé ce qui s’avère être mon dernier bureau en date, tout cela pour m’engager dans ce projet de reconversion professionnelle qui allait m’amener vers toi. D’ailleurs je ne remercierais jamais assez mon dernier patron, celui de ce dernier bureau, il doit être tellement fier de m’avoir poussé dehors. Maintenant que tout semble être sur de bons rails pour moi, il doit penser que c’est un peu grâce à lui. Non je ne le remercierais sans doute jamais assez et comme j’en suis convaincu je ne le remercie pas du tout et je lui offre ce brin d’ironie en guise de cadeau de Noël. Qu’il ne me remercie pas, lui non plus. Mais parlons plutôt de nous Pôle. Je ne peux pas dire que tu me manques. Enfin si, techniquement je peux le dire, je te laisse le soin de poursuivre ce raisonnement. Cela fait plusieurs semaines que je ne suis pas allé saluer tes conseillères et conseillers mais à toi, je te déclare ma situation chaque mois. Tu vois, je ne t’oublie pas. Et puis c’est toujours un peu gratifiant de pouvoir côtoyer une célébrité nationale telle que toi, même si nos rapports sont exclusivement intéressés.

Cela fait donc 365 jours, à quelque chose près car je sais que tu n’es pas très regardant sur la précision, que nous nous sommes trouvés. Ou retrouvés. Durant les 300 premiers jours nous étions copains comme chômeurs, tantôt stressés, tantôt nerveux. Surtout moi. Nos rendez-vous étaient réguliers, tantôt vides, tantôt sans intérêt. Surtout toi. Rien qu’en y repensant, j’ai envie d’en faire un blog. Volume 2. Puis finalement j’ai réglé nos problèmes, ou peut-être que c’est toi qui les a réglé en me faisant clairement comprendre que tu ne pourrais rien pour moi, une figure artistique dans laquelle tu excelles. Je suis retourné à l’école, c’est ce que je voulais, nous avons donc pris nos distances. Mon CAP Pâtissier se passe à merveille, mes camarades sont charmants, mes professeurs le sont tout autant en plus d’être à mon sens d’excellents techniciens et pédagogues. Mais pardonne moi Pôle, en écrivant ces mots je me rends compte que je te jette mon bonheur à la face alors même que nous sommes en pleine séparation toi et moi. Tant d’indélicatesse le jour de notre anniversaire, j’espère que tu sauras me pardonner comme je t’ai pardonné pour ton manque de savoir-faire ton travail.

Je ne suis pas encore pâtissier, ma reconversion professionnelle est en marche et il me reste encore beaucoup de travail avant de pouvoir réellement faire mes premiers pas. Mais je vais le faire, je vais réussir. Pour moi avant tout, par galanterie, mais aussi pour mes proches, pour ceux qui comptent sur moi mais aussi pour toi, Pôle. Pour m’assurer de ne pas te recroiser de si tôt, ni toi, ni tes proches, ni ceux qui comptent sur toi pour toucher un salaire sans rien faire d’autre qu’occuper un bureau plus ou moins bien éclairé au sein d’une agence à ton nom.

Passe de bonne fêtes Pôle, et ne gâche pas les miennes.

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