3ème jour : la main à la pâte

J’ai décidé de profiter de la sieste de mon fils pour écrire ce billet. Oui j’ai un fils, Milo, 18 mois. J’ai également une femme, Delphine, 36 ans, qui a elle-même une fille, Nina, 10 ans, qui vit avec nous une semaine sur deux. A nous quatre nous formons une parfaite famille de français moyens vivant avec son temps. Enfin je dis  » français moyens » au sens des revenus bien sûr car humainement parlant il faut bien reconnaître, et c’est la modestie qui parle, que nous sommes les meilleurs. Dernier détail qui, vous le comprendrez plus tard, n’a aucun intérêt pour la suite, nous avons également une chienne et une chatte.

Outre cette forme de soulagement qui s’est emparée de moi depuis que j’ai quitté mon travail, une autre satisfaction est de me retrouver père au foyer. Cela dit, j’ai rapidement flairé les nombreux pièges posés tout autour de ce statut à la fois prenant et confortable. Alors non, père au foyer n’est pas l’objectif de ma reconversion. J’avoue cependant bien volontiers que c’est une situation alliant l’utile à l’agréable.

Mais alors que faire ? Ce n’est pas moi que j’interroge car je connais la réponse. C’est à vous que je pose la question. C’est la seule figure de style que j’ai trouvé pour entretenir ce suspense qui, avouons-le, devient vraiment palpitant. J’y mets fin en un coup de retour à la ligne.

J’ai décidé de devenir pâtissier. Voilà, c’est dit. Je suis conscient qu’à ce stade je risque de perdre 70% de lecteurs qui auraient préféré apprendre que je voulais devenir astronaute pour marcher sur Mars ou bien encore politiciens pour marcher sur tout le monde. Mais je confirme aux 30% qui restent que c’est bien la pâtisserie que j’ai choisi. Ne me demandez pas pourquoi car je serais contraint de vous faire une réponse absolument inintéressante évoquant la passion, le plaisir, la gourmandise, la vie quoi… Je peux simplement vous dire que j’ai eu la sensation que c’était le bon moment. Et comme vous le savez, la bienveillance patronale dont j’ai bénéficié a même avancé ce « bon moment » d’un an, au terme de la désormais chère à mon coeur rupture conventionnelle.

Ah l’artisanat… La première entreprise de France. La première entreprise de France à avoir des problèmes avec le gouvernement. Le slogan de base était jusqu’alors incomplet dans mon esprit. Fort heureusement, maintenant que je m’engage dans cette voie, je sais d’ores et déjà pourquoi je serais mécontent dans quelques années en voyant la politique menée. Tout vient à point à qui sait s’attendre à tout.

Mais alors comment devient-on pâtissier ? Non ce n’est pas vous que j’interroge. C’est à moi que je pose la question. Je vous donne les premiers éléments de réponse très bientôt car à cet instant précis, j’enfile mon tablier de père au foyer. La sieste est finie.

9 réflexions au sujet de « 3ème jour : la main à la pâte »

  1. Le Forum à Bergerac il y à quelques années…. Il m’est important de soutenir les personnes qui ont le courage de changer de vie, d’y arriver ou tout au moins d’avoir essayé.
    Même si je pense aussi que le métier de Pâtissier est un beau métier, conscience que ce doit être un métier passionnant, très prenant, et bien entendu fatiguant mais certainement avec un joli sentiment du beau travail accompli et une certaine fierté derrière … Nous sommes quelques’uns à te suivre et n’ai peur de décevoir qui que ce soit, tu le fais pour toi… beaucoup n’auraient pas le courage de le faire… Fais nous rêver avec tes beaux textes pleins de réalités.. et un jour… on dégustera ta réussite…

  2. Quel beau projet ! Tu as posté tes premieres lignes voilà quelques jours et je suis déjà accro… (une reconvertie)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.