49ème jour : briser la glace

Sans rendez-vous, sans contrainte, sans menace. C’est bel et bien de mon plein gré que j’ai décidé ce matin d’aller voir Pôle. Je le sens tellement timide depuis nos retrouvailles, quand il veut me contacter il fait appeler une conseillère qui ne laisse pas son nom ni aucune information permettant de l’identifier, il ne donne aucune nouvelle… Alors j’y suis allé, avec la ferme intention de poser des questions aussi dérangeantes soient-elles.

Après m’être signalé auprès de l’hôtesse d’accueil, je suis invité à patienter « si j’ai le temps » de manière à être reçu dès maintenant par un conseiller ou son homologue féminin. Ca tombe très bien, j’ai le temps. J’attends. Et c’est ainsi que j’ai pu être le spectateur d’une  scène à la fois drôle et dramatique, disons drôlatique, impliquant l’hôtesse précédemment citée et une adhérente de Pôle dont c’était le tour, mais pas le jour semble-t-il. Puisque j’étais particulièrement bien placé, j’ai rapidement saisi que l’adhérente avait reçu une lettre de rupture de la part de Pôle. Une radiation comme on l’appelle. Elle soutenait qu’elle n’avait reçu aucun rappel au préalable, que la nouvelle tombait tel un couperet et elle avait même amené son ordinateur portable personnel pour « prouver sa bonne foi » en montrant à qui voulait bien le voir qu’elle n’avait reçu aucune notification avant la sentence finale. A ce sujet, elle allait même jusqu’à prétendre que l’internet qui s’affichait sur son ordinateur pouvait être différent de celui proposé sur les ordinateurs de Pôle. Elle insistait donc pour que son ordinateur soit utilisé, pas un autre. A cet instant, le trouble de l’hôtesse était perceptible, il l’était encore plus lorsque l’adhérente a posé cette question : « Qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour qu’on m’écoute ? Il faut que je pleure ? » Et là, sans laisser à personne le temps de répondre, elle s’est mise à pleurer.

Mais revenons plutôt à ce qui m’intéresse, à savoir moi. En plein rebondissement dans la comédie dramatique par laquelle j’étais captivé, une conseillère de Pôle m’appelle. C’est mon tour. J’explique ma situation, encore, un sourire dans la moustache en pensant au concept de « conseiller référent » qui me priverait de ce bonheur de répéter des dizaines de fois la même chose. De la même façon que sa collègue qui m’avait reçu lors de mon inscription, ma conseillère du jour a perdu son sourire lorsque j’ai employé l’expression « recherche de financement pour une formation ». Pour la deuxième fois de ma vie, j’ai la sensation de détenir la combinaison de déclenchement de la bombe atomique. Mais l’explosion n’a pas eu lieu. Nous avons parlé du Plan Régional de Formation car il semble être l’option à privilégier en ce qui me concerne pour aller vers le CAP Pâtissier. Il s’agit d’une formation financée par la région, qui ne me coûtera rien financièrement parlant tout en me permettant de continuer à être rémunéré, ou plutôt indemnisé, par Pôle. Pas mal. Les aléas du calendrier ayant souvent le dernier mot, il va me falloir attendre un peu car les inscriptions au Plan Régional de Formation n’interviendront qu’en avril. Ou en mai. Trois mois donc. Ou quatre. Bon. Selon la conseillère, il n’y a pas de raison que la pâtisserie ne fasse pas partie du PRF, pas plus de raison que je n’y ai pas accès. Le tout dit avec le ton rassurant de celui qui au fond n’en sait rien. Bref. J’évoque alors ma volonté de faire des stages en entreprise, elle m’évoque ainsi l’EMT, l’Evaluation en Milieu de Travail. Je précise que je souhaiterai faire au moins deux stages, un dans une pâtisserie de grande distribution, l’autre dans une pâtisserie artisanale. Selon elle aucun problème, tant que c’est moi qui trouve les stages. Comme je ne comptais pas faire autrement, on devrait bien s’entendre si on se revoit un jour.

Après avoir eu le droit d’être indemnisé par Pôle, j’ai désormais le droit de trouver un stage et le droit de m’inscrire à un plan de formation. A défaut d’être pâtissier, je pourrais toujours faire juriste.

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