50ème jour : check point

Cela fait maintenant 50 jours que vous vous êtes imposés dans mon existence, moi qui croyais en l’entière fiabilité de la protection de ma vie privée sur internet. En tant qu’ex professionnel du secteur, je tombe de haut. Mais maintenant que vous êtes là, mon extrême bonté vous propose d’y rester, ma modestie vous précisant que vous aimerez tout ce que vous trouverez ici.

50 jours, une étape que j’ai jugé idéale pour faire un premier bilan. Et comme c’est moi qui raconte, je fais ce que je veux, ne commencez pas à être détestable je connais vos compétences en la matière. Il y a 50 jours donc, je quittais mon travail d’un commun accord entre mon patron et son reflet. Le phénix des hôtes de ces bois avait jugé préférable que je parte de son propre chef, le risque que je me retrouve fort dépourvu lorsque la bise viendrait étant selon lui très limité. Les fables patronales manquent parfois de moralité. C’est alors qu’interviennent ma réactivité légendaire et mes prédispositions à avoir des idées de génie : j’allais devenir pâtissier. Une fois revenu sur terre, je reformule en disant que j’allais tenter de devenir pâtissier, tout faire pour y parvenir quoi qu’il en soit. Rupture conventionnelle de contrat, solde de tout compte, inscription auprès de Pôle, entretien… En bref le parcours classique du chômeur à la différence près que je ne cherche pas un nouvel emploi mais que je souhaite me former à un nouveau métier. Je passe des coups de fil, j’envoie des mails, j’entame des investigations sur internet, je suis envoyé sur des fausses pistes, j’insulte en moi-même l’aiguilleur, je rencontre des personnes très intéressantes qui me renvoient sans le savoir vers d’autres qui le sont beaucoup moins, j’insulte alors le premier qui passe pour décompresser mais toujours en moi-même. Là aussi, le parcours classique du chômeur qui y croit encore.

Aujourd’hui, puisqu’il s’agit d’un bilan, je sais que je dois obtenir le CAP Pâtissier et ainsi retourner sur les bancs de l’école pour un apprentissage professionnel en septembre 2014. D’après Pôle, j’ai des chances que ma formation soit prise en charge dans le cadre du Plan Régional de Formation, cependant les inscriptions à ce dispositif ne sont pas encore ouvertes. Quand bien même elles le seraient, il n’est pas garanti que ma candidature soit retenue. Quel est le plan de secours me direz-vous ? Je vous répondrai que si vous n’avez que des questions qui fâchent, vous pouvez en faire des boulettes et tenter de vous les introduire dans un orifice de votre choix, seul ou entre amis. Pour le moment, pas de plan de secours. En attendant de pouvoir m’inscrire, je compte faire au moins deux stages pour découvrir le métier auprès de professionnels. Lettres de motivation, CV, parcours classique du chômeur qui a un ordinateur.

Il est assez complexe de gérer ce temps de latence entre mes actions et les résultats. L’exemple de l’inscription à la formation est le plus représentatif de ce constat. J’ai tout ce qu’il faut pour m’inscrire mais les inscriptions ne sont pas ouvertes. Et si une fois qu’elles le sont l’administration décide que je n’ai droit à rien, que ce n’est pas mon tour, qu’il y a d’autres publics prioritaires ou pire, qu’elle fait mine de me répondre en gardant le silence ? J’aurais alors perdu des semaines à attendre devant la porte qu’on m’indiquait, clé dans la serrure mais interdiction de la tourner. Un soir je me suis fait recaler comme on dit à l’entrée d’une discothèque. Comme ça, sans raison. J’étais avec des amis, nous étions mêlés à un autre groupe de personnes qui souhaitait également entrer pour passer la soirée mais les videurs ont soudain fermé la porte au nez des personnes devant nous en précisant : « ça n’est pas possible ce soir ». Peut-être qu’il y avait de bonnes raisons de refuser l’entrée à ces personnes qu’on ne connaissait pas, un passif, des démêlés ou que sais-je encore, mais nous ? Je crois que l’arbitraire est souvent une bonne raison, tout au moins une justification qui a la souplesse de ne pas nécessiter d’arguments. Je suis au bon endroit, j’ai suivi toutes les recommandations, je sais où je vais, j’attends simplement que l’on m’ouvre la porte devant laquelle on m’a dit de patienter. Je reconnais bien volontiers que ma patience a du mal à s’entendre avec le compte à rebours qui s’est lancé.

J’aurais du faire serrurier.

3 réflexions au sujet de « 50ème jour : check point »

  1. Merci pour cet exemple concret. Je vais me faire un thé en attendant que la porte s’ouvre. Je t’en fais un ? 😉

  2. Bonsoir,
    oui peut-être est-il plus sage en effet d’attendre une formation, en espérant d’avoir droit à la dite-formation… Je suis à peu près dans la même situation, je veux me reconvertir dans la pâtisserie et passer le CAP en 2015, je me rends demain chez Pôle (ô joie!!! La dernière fois j’étais enceinte jusqu’aux dents et la conseillère m’a traité comme un chien concernant mes indemnités, 3 mois plus tard: médiateur et Pôle m’a donné raison!)….. Je sais pas pourquoi mais je sens que ma tension va monter demain….
    Courage en tous cas!!

    PS: j’adore votre blog!!!

  3. Ayant suivi une formation un peu avant mes 30 ans et également financée par la région, je ne peux que être d’accord avec cette métaphore de l’attente devant la porte.
    Pour ma part, ça a été 10 mois entre le moment où j’étais prêt et l’entrée effective en formation. Il faut donc savoir être patient.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.