57ème jour : micro test

Ma notoriété de chômeur vient de passer un cap. Cela tombe très bien puisque c’est ce que je cherche à passer aussi, un CAP.

Après avoir donné une interview à la presse locale, voici qu’un média à rayonnement national décide de faire comme vous en s’intéressant à moi. Bon, pas à moi personnellement même si c’est un sujet dont nul ne tarirait d’éloges mais plutôt à ce que je représente en tant que sans emploi. Pour la première fois, il semblerait que je fasse partie du panel représentatif de la population, celui à qui on pose des questions dont les réponses seront transformées en pourcentages, en statistiques ou en témoignages. Habituellement, je me demande auprès de quel type de personnes sont réalisées ces enquêtes et comment s’effectue la sélection, aujourd’hui je ne sais toujours pas répondre à ces interrogations mais je suis dans le lot. C’est Europe 1, pour ne pas les citer (d’ailleurs je n’ai jamais compris cette expression), qui a décidé de me tendre ses micros. Enfin presque.

J’ai été invité à disserter sur ma situation de chômeur face aux « promesses » présidentielles en matière d’emploi. Au risque de me fâcher avec Pôle, j’ai du déclarer qu’il y avait un décalage énorme entre les propositions dites concrètes du gouvernement et l’éternel penchant pour l’abstrait d’une discussion avec un conseiller dudit Pôle. Je devenais ainsi témoin, une sorte de porte-voix pour mes collègues actifs sans emploi dont la présence massive fait le bonheur des rédactions de presse qui ont ainsi un sujet perpétuellement brûlant à traiter. En théorie. Voilà comment ma bobine s’est retrouvé sur le site internet d’Europe 1 dans un article au titre plus radical que mon discours : « Les belles promesses de Hollande, ils n’y croient plus ».

Mon aventure médiatique ne s’arrête pas là puisque cet après-midi même, un autre journaliste de la même station m’a contacté. Il avait eu vent de ma prestation de la veille et avait, tout naturellement, été séduit. Lui me proposait d’évoquer le cas du chômeur souhaitant se former à un métier, de l’accueil qui lui est réservé chez Pôle, des délais, des financements, des différentes opportunités. Vous savez exactement ce que j’ai pu lui répondre puisque vous lisez tous mes compte-rendu depuis 56 jours. Vous savez aussi que j’ai usé de mon naturel fair-play en ne jetant pas la pierre à Pôle. Cet échange fort intéressant devrait faire l’objet de ce que l’on appelle « un son » en langage radiophonique, c’est à dire pour ce cas précis un moment de grâce pour l’antenne dont les auditeurs auront le plaisir de n’entendre que ma voix narrant ma vie dès 7h du matin, l’heure du journal. Je me suis bien évidemment prêté au jeu de manière bénévole d’autant que ça avait l’air de leur faire tellement plaisir. Fair-play, quand tu nous tiens.

Mais revenons à la pâtisserie. Ma première candidature pour un stage a trouvé réponse à son point d’interrogation, je serais reçu jeudi à 15h40 pour un entretien visant à préciser mon projet. Comme à mon habitude, j’ai bon espoir que cela aboutisse à quelque chose de concret, à savoir un tablier blanc, des sabots et des sacs de farine sur les épaules. Enfin un à la fois s’il vous plaît.

Oui je sais, maintenant il vous tarde jeudi.

4 réflexions au sujet de « 57ème jour : micro test »

  1. je vous souhaite bonne chance, et j’aime l’humour dans votre recit (and it is so well written as well) – tellement bien écrit, something like that, excuse me I’m English !
    Good luck in finding the job you want.

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