62ème jour : chandeleur de charme

D’après la tradition, aujourd’hui il faudrait faire sauter une crêpe sur un vaisselier ou tout autre meuble d’époque en tenant dans la même main une pièce de monnaie et la crêpière. Problème, je n’ai pas du tout de monnaie sur moi, pas plus que je n’ai de ce mobilier typique considéré comme un parfait affront aux fondements du Feng Shui. Et puis je n’aime pas le gaspillage. Alors, pour l’heure du goûter, la règle sera de manger les crêpes avec les doigts. Voilà pour les traditions, oui je suis un rebelle qui prétend pouvoir réécrire l’histoire.

Dans mon cas, le dimanche a toujours son air calme avant la tempête sociale, une joyeuse sournoiserie glissée de manière régulière dans le calendrier tout au long de l’année. Il n’est rien de dire que les choses n’avancent pas à un rythme que j’affectionne durant les jours ouvrés, vous imaginez ce que ça peut donner lorsque le firmament du point mort hebdomadaire est atteint. Le problème si l’on est un chômeur qui se laisse aller, c’est que le repos dominical peut durer sept jours sur une semaine qui en compte autant. Il est alors tout à fait compréhensible de vouloir jeter la pierre au chômeur sous anesthésie, à condition de ne pas viser les yeux évidemment, mais encore faut-il savoir qui la jette. La pierre. Dans mon cas, toujours, je serais curieux de savoir comment Pôle pourrait m’envoyer ledit projectile alors que lui-même m’a imposé plusieurs mois de son silence. Je suis persuadé que nombreux sont mes collègues chômeurs à ne pas réussir à faire décrocher un mot à Pôle au sujet de leur reconversion,  de leur réinsertion dans la vie professionnelle, de leurs difficultés, tout simplement de leur situation. En joueur qu’il est, je soupçonnerai Pôle d’avoir lui-même inventé « le roi du silence » ou encore le « ni oui, ni non, laissez moi tranquille ». Bien sûr, il y a des tricheurs, tout le monde le sait puisqu’ils ont des sujets rien que pour eux dans la presse. Mais celui qui fixe les règles du jeu, qui en parle pour faire autre chose que l’excuser ?

On ne tire pas sur les ambulances. Mais je ne vois pas de gyrophare sur la tête de Pôle, ni de bouton d’arrêt d’urgence d’ailleurs.

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