94ème jour : dans le cambouis

J’ai profité d’un printemps en avance pour ne pas prendre de retard dans mes idées et tenter de me projeter dans l’après. Après mon entrée en CAP, après l’obtention du diplôme, juste avant de devenir l’entrepreneur que je souhaite. C’est ainsi que j’ai pris mon véhicule pour aller en voir un autre, un qui pourrait bien m’être particulièrement utile dans l’avenir professionnel que j’envisage. J’ai rencontré un couple charmant dont le mari est peu à peu en train de cesser l’activité dont je souhaite faire mon métier. Il ne s’agit pas entre nous de transmission de quoi que ce soit ni de reprise de flambeau, mais il y a bien là un point commun parfaitement inattendu aux allures de clin d’oeil du destin. En y repensant, je me dis que c’est peut-être la première fois en 94 jours que je parviens à m’y voir, de manière très concrète, dans ma petite entreprise.

Le côté pile de ce voyage dans le futur, c’est la stimulation de la matière grise. En m’imaginant en scène, les idées naissent, se bousculent, les bonnes mais aussi les mauvaises, celles-ci profitant de l’euphorie générale pour tenter une incursion. Les idées déjà mûres dans mon esprit se manifestent elles aussi, certaines prennent alors tout leur sens, d’autres sont démasquées, elles ambitionnaient sans doute de profiter de la précédemment citée et éventuellement envisageable euphorie générale. Le côté face, c’est la frustration. Et il faut la regarder en face, justement. Une frustration liée à l’absence, voire l’impossibilité, d’un financement immédiat, des regrets que j’étais en train de m’imposer alors que le soleil avait pris le contrôle d’une journée où il faisait bon vivre. Je me sentais, et c’est encore le cas ce soir, comme un enfant qui regarde les cadeaux sous le sapin sans avoir le droit de les ouvrir tout de suite, sans que cela soit d’ailleurs justifié autrement que par de la perversité d’adultes en mal d’autorité et de contrôle de sa progéniture. Sauf que dans mon cas, le cadeau n’est même pas encore sous le sapin, il est tout juste inscrit sur ma liste et je ne suis pas certain d’avoir été suffisamment sage pour le mériter. Sans compter que l’on est en mars et qu’à cette période le Père Noël est lui aussi au chômage. En clair, ce qui était à mon sens ma meilleure idée devient une sorte de sujet de préoccupation supplémentaire, un prétexte de plus pour faire monter la pression du contre-la-montre quotidien.

Allez soyez de bonne foi, reconnaissez quand même que sur ce coup-là Pôle n’y est pour rien.

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