96ème jour : record du tour

Mon objectif du week-end est atteint, je n’ai pas gagné le Concours du Meilleur Macaron Amateur auquel je m’étais inscrit. Mon côté fairplay. Mon côté galant également puisqu’il s’agissait aujourd’hui de la journée de la femme.

Vous vous souvenez que je m’étais inscrit à ce concours de macarons amateurs, une manière pour moi de fixer un objectif tant qualitatif que quantitatif à mes travaux pratiques quotidiens de futur reconverti professionnel se destinant au métier de pâtissier. Le contexte est un peu particulier dans la mesure où l’on réalise douze macarons chez soi, on les amène à la pâtisserie partenaire de l’évènement avant qu’ils soient dégustés par un jury composé de professionnels des métiers de bouche et de journalistes. Cela m’a contraint à vivre une journée pleine de vide. Si je n’ai pas gagné le concours pour lequel j’avais quand même fait quatre-vingt dix kilomètres aller-retour, j’ai pulvérisé le record d’attente dans un lieu improbable en essayant simplement de tuer le temps, lui et toute sa famille. Dans mon cas, le lieu improbable fut un de ces fameux fast-food américain dirigé par un clown. Oui, celui-là. Arrivé à Bergerac, ville du concours, aux alentours de onze heures, il me fallait patienter jusqu’à dix-sept heures pour aller rencontrer le jury et découvrir les résultats. Je sais que vous attendrez l’annonce de l’homologation pour me croire, j’en ferais de même à votre place face à un tel score, mais j’ai tenu pas moins de trois heures dans ce haut lieu de la restauration rapide dans lequel les hamburgers retournés que l’on aperçoit en cuisine ont l’air de murmurer de manière bienveillante et préventive « ne me mange pas ». Après mes trois heures de performance, j’étais seul dans la salle, les autres n’avaient sans doute pas le mental nécessaire à une telle épreuve, ou pire préféraient-ils passer la journée dehors sous un soleil radieux. Mais il fallait plus que quelques pâquerettes ou autres oisillons chantant pour m’arrêter, j’étais là, j’y restais. Pendant trois heures. Cent quatre-vingt minutes. Beaucoup de secondes.

Face à ce véritable thriller psychologique dont j’étais le personnage principal, l’éventuelle pression liée à l’annonce des résultats du concours de macarons ne m’a même pas effleuré. Je ne venais pas pour gagner ce qui étonnera celui qui connait mon esprit de compétiteur et mon profil de mauvais perdant. Je ne connais pas mon classement d’ailleurs car seuls les trois premiers ont été cités. Je m’étais inscrit pour travailler mon tour de main, apprendre, écouter les conseils de professionnels et manger un hamburger dans un fast-food au carrelage collant. En tout point, ce fut donc une journée réussie.

Par contre l’année prochaine, je les déglingue tous.

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