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Moi, Yohan Grangier, 31 ans, futur reconverti professionnel.

189ème jour: libre

Vous l’avez sans doute remarqué, j’étais plus loquace lorsque j’allais voir Pôle chaque semaine. Mais que voulez-vous que je vous dise ? Depuis quelques temps, Pôle a toujours une bonne raison pour m’éviter. A commencer par aujourd’hui, sous couvert de jour férié. Nous sommes suffisamment intimes vous et moi pour que je vous le dise, je crois qu’il me manque. Oui, il me manque. Il me manque toujours mon inscription au CAP Pâtissier! Oui, je sais, le CAP passe par un appel d’offre, le traitement des dossiers est très long justifiant alors les reports successifs du jour J mais voilà, le dernier créneau annoncé était début juin. Et comme je suis très à cheval sur les chiffres, dans quelques jours nous serons mi-juin. Et oui, je chipote. Et je m’énerve. Et quand je m’énerve, je chipote. Pôle ne réalise pas qu’il compte dans ses rangs un élève qui, alors que l’année scolaire en cours n’est pas encore terminée, pense déjà à la prochaine rentrée et à sa liste de fournitures.

J’attends mon inscription et pour autant ces derniers jours je me suis demandé si suivre la formation était une bonne idée. Je m’explique, parce que je sens que je vous perds. Pour obtenir le CAP Pâtissier, j’ai deux voies possibles, suivre la formation en tant qu’écolier-modèle pendant neuf mois ou passer l’examen en candidat libre. Cette dernière option nécessitant que je fasse un maximum de stages, il va sans dire. Cette réflexion est le fruit de nombreux échanges avec des professionnels comme le chef de mon premier stage en pâtisserie ou encore le chef du restaurant dont je vous parlais il y a peu, mais aussi des personnes avec le même projet de reconversion professionnelle que moi. Ces derniers ne dénigraient pas la formation en elle-même bien entendu mais considérait que l’option « candidat libre » devait être sérieusement étudiée lorsqu’on a un projet comme le mien. Question d’optimisation du temps. Après réflexion, après de nouveaux avis, je pense tout de même que je vais rester dans l’optique d’un retour sur les bancs de l’école. Cela dit, je serais curieux de voir la tête de Pôle si je lui annonçais que finalement je souhaitais passer l’examen en candidat libre.

Et puis l’aventure continue pour #Gourmandièse et le financement participatif de mon beau camion. Vous êtes déjà nombreux à être devenus des héros et je n’aurais de cesse de vous en remercier. Le chapitre en collaboration avec le chef du restaurant qui souhaite me soutenir devrait débuter cette semaine, encore une chouette étape. Tout cela me donne envie de Ululer ! Pas vous ?

184ème jour: les uns les autres

Ca y est, je suis pâtissier dans un fameux restaurant de ma ville. Le chef que je rencontrais cet après-midi m’a embauché. Enfin pas tout à fait. Pas du tout même. Arrêtez de pincer, j’ai compris que je rêvais.

J’avais donc rendez-vous avec le chef d’un restaurant qui ne m’a pas embauché. Ce n’était pas le sujet puisque je ne suis pas pâtissier, tout va bien, rassurons-nous. Mais ce chef a décidé de m’aider. Nous vivons dans un monde où l’on trouve fascinant ceux qui aident les autres, qui plus est lorsqu’ils le font de manière désintéressée, alors que cela aurait pu rester dans le domaine du « naturel » si notre mutation nous avait rendu moins, disons, con. Cet après-midi, je me suis donc retrouvé assis face à l’une de ces personnes fascinantes, prête à m’aider parce qu’elle trouve mon projet très intéressant tout comme mon initiative. Dixit himself. Il souhaite donc participer à mon aventure en faisant connaître le projet #Gourmandièse au sein même de son restaurant qui, je le précise, a tout de même pignon sur rue. Pour cela, je vais donc réaliser des mignardises qu’il proposera à ses clients. Ces derniers trouveront sur leur table en début de repas une explication de mon projet  et auront la possibilité de faire un don après avoir dégusté les mignardises. La participation de chacun, non obligatoire il va sans dire, sera stockée dans une urne que je récupèrerai à une date que l’on aura fixé. L’intégralité des dons sera ajoutée à ma collecte sur le site Ulule. Plus j’y pense et plus je trouve ça formidable. Tant l’idée en elle-même que le simple fait que le chef m’ait fait cette proposition. Le chef et son épouse d’ailleurs. Nous avons également échangé sur nos parcours respectifs et, devinez quoi, lui aussi a eu son aventure avec Pôle. En évoquant le sujet, le chef a d’ailleurs eu l’amabilité de me prévenir que Pôle n’était pas le seul à aimer les relations compliquées. La partie administrative du chef d’entreprise ressemblerait donc à un sac de noeuds, peut-être même un sac de têtes de noeud, je ne peux pas encore me prononcer sur le sujet.

Pôle, puisque j’y pense, nous sommes début juin. Tu devrais donc ne plus tarder à me dire que les inscriptions au CAP Pâtissier sont ouvertes, n’est-ce pas ?

183ème jour: au suivant

Pour parler d’aujourd’hui je vais commencer par demain. Car demain, j’ai rendez-vous avec le chef du restaurant dont je vous parlais hier. Vous suivez ?

Je vous laisse le plaisir de découvrir ce dont nous allons parler le chef et moi et je me contente de vous dire que cela représente beaucoup pour mon projet, et pour moi tout simplement. Ce rendez-vous n’a pas été la seule bonne nouvelle de la journée. J’ai par exemple été contacté par une journaliste d’une grande chaine de télévision nationale qui venait de découvrir mon blog. Et mon fabuleux parcours de par le fait. Elle travaille sur un sujet mettant en lumière un public qui après de longues études ou plusieurs années derrière un bureau a décidé de se tourner vers les métiers manuels. La pâtisserie par exemple. Elle voudrait donc en savoir plus sur moi, en tout bien tout honneur, et il se trouve que je suis tout à fait disposé en lui en faire savoir plus sur moi.

Puis j’ai été contacté par une autre journaliste, d’un grand quotidien, qui elle travaille sur un livre sur « la débrouille chez les jeunes, comment développer une économie alternative fondée sur le partage et l’échange ». Avec un tel sujet, et toutes proportions gardées en terme de modestie, quelle meilleure cible que mon beau camion #Gourmandièse pour faire un best-seller ?

Pour finir, j’ai reçu une dernière proposition. Une véritable surprise. Le genre de choses qui te sort de certaines convictions pour te faire réfléchir. Même vous. Si si je vous assure, si vous y croyez très fort vous pouvez réfléchir. Quoi qu’il en soit, je ne vous parlerai pas de cette proposition ce soir. Oui, c’est moche comme attitude. Si vous n’êtes pas content, faites votre propre blog.

Je vous aime. Tous.