Archives pour la catégorie #MoiYG

Dans « convocation », il y a…

Salut Pôle,

Comment vas-tu depuis la dernière fois où l’on ne s’est pas vu ? Je continue mon bout de chemin, en n’oubliant pas bien sûr chaque mois de te préciser que je suis toujours à la recherche d’un emploi ce qui finalement n’est pas tout à fait vrai mais me permets de toucher ce qui me revient de droit. C’est le cas de le dire. La ligne d’arrivée est proche, arrivée n’est d’ailleurs pas le terme exacte puisqu’il s’agit là d’une étape, pas une simple étape mais simplement une étape. Oui Pôle, ça y est, j’ai reçu ma convocation officielle à l’examen. Dans quelques semaines, je passerai les épreuves du CAP Pâtissier, une partie pratique et une partie théorique. J’y pense en te le disant, peut-être as-tu reçu toi aussi une copie de cette convocation me concernant, peut-être même as-tu déjà commencé à m’envoyer tes bonnes ondes pour l’occasion. Si tant est, évidemment, que tu te souviennes de nos 300 jours de bonheur, de ce qui m’a poussé à revenir vers toi, de nos rendez-vous prévus ou improvisés, de ces instants magiques où dans ton bureau nous jouions à cache-cache, toi derrière ton ordinateur pendant que moi je comptais. Les minutes, les heures, les jours… les mois. Toute cette complicité pour en arriver là, très bientôt, la première étape diplômante de ma reconversion professionnelle. Tu auras remarqué que je garde tout le suspense sur la date, ou plutôt les dates précises. Mon côté taquin sans doute. Je te garde la surprise.

Et après me diras-tu ? Enfin, me dirais-tu, si tu avais le temps de t’occuper de toutes et de tous. Je vais te répondre, cela t’évitera de trouver du temps pour me poser la question. Je crois que j’ai vraiment mordu dans ce retour vers l’apprentissage d’un métier, l’école, le challenge personnel. C’est donc tout naturellement que mon premier souhait est de faire une année supplémentaire en mention complémentaire pâtisserie. Toujours par le biais du même Centre de Formation d’Apprentis mais cette fois-ci dans une autre entreprise pour la partie professionnelle. J’arrive en fin de parcours avec celle qui m’a accueilli à bras ouverts cette année en tant que stagiaire, j’y ai vu tout ce que je voulais voir au sein d’une joyeuse équipe de professionnels. Je les remercie pour tout cela et j’espère aller fêter l’obtention de mon diplôme autour d’un verre avec eux.

Puis il y a #Gourmandièse également. Pour cela, Pôle, je n’ose même pas te demander si tu te souviens. Il s’agit de ma petite entreprise, celle qui m’a fait opter pour la reconversion professionnelle, ma biscuiterie ambulante. Oui, #Gourmandièse est toujours d’actualité, plus que jamais même! Priorité à l’obtention du diplôme évidemment mais cette aventure se dessine chaque jour un peu plus, un peu mieux, dans mon esprit d’entrepreneur en herbe. Grâce à quelques fidèles, amis de plus ou moins longues dates, curieux et autres inconnus, j’ai pu tester quelques réalisations, honorer des commandes et me retrouver dans le grand bain. Alors oui, plus que jamais, #Gourmandièse est à l’ordre du jour. Concept, camion, plan de financement, commandes, fournisseurs, gestion… Tu serais fier de moi Pôle! Et si ce n’est pas le cas, je le suis pour nous deux!

Bisous.

Abonné absent

Pôle, fais un effort. S’il te plait. Juste un. Même petit.

Je t’attendais. Cela fait de longues semaines que nous ne nous sommes plus vus et enfin un rendez-vous se dessinait. Pour une fois, c’est même toi qui allais venir à moi. Je n’étais pas peu fier de te recevoir dans mon école, j’étais même déçu que ta venue ne coïncide pas avec le jour de la photo de classe. Quelle allure cela aurait eu que de te voir à mes côtés sur un papier glacé immortalisant l’instant. Mais il n’y avait ni photo de classe, ni toi. Nous étions réunis mes camarades et moi pour faire le bilan intermédiaire de notre formation, en présence notamment d’une représentante de la région venue s’assurer que les deniers publics ont été bien investis. Autour de la table, je crois bien qu’il ne manquait que toi Pôle. Chacun à notre tour, nous avons pris la parole pour partager notre ressenti sur l’alternance entre le centre de formation et l’entreprise, la qualité de l’enseignement, la place de la pédagogie, la suite que nous aimerions donner à tout cela. Bien sûr, lorsque mon tour est venu, je ne suis pas resté muet. Tu me connais. Mes camarades ont immédiatement perçu ma déception d’avoir à parler de toi sans que tu ne sois présent, moi-même j’ai hésité à prendre la parole en me demandant à quoi bon. Mais j’ai fait le boulot comme on dit. Tu me connais. Oui j’ai parlé de toi, de nos souvenirs, tout au moins des miens car je doute que tu aies eu la délicatesse d’en garder ne serait-ce qu’un, dans le fond du dernier tiroir de ton bureau. Tu m’as abandonné Pôle. Encore. Alors même que j’ai fait le travail à ta place depuis tout ce temps, sans te ménager dans mes prises de position certes mais tu reconnaitras peut-être un jour que c’est un minimum, tu m’abandonnes encore. Je me suis senti comme ce footballeur en herbe dont le papa a oublié l’heure du match et laisse une place vide dans les tribunes. Tu avais là un tapis rouge prêt à recevoir ta démarche maladroite, un chemin tout tracé pour tirer profit du relatif succès de ma formation à ce jour, mais même là, tu m’abandonnes. C’est à n’y rien comprendre. C’était l’occasion inespérée pour nous de recoller les morceaux, devant témoins qui plus est, j’étais même prêt à faire semblant, un tout petit peu. Tu me connais. Mais toi Pôle, tu n’es pas venu, tu n’as rien vu et jusqu’à preuve du contraire tu n’as rien vaincu. J’ai fini de croire que jamais tu ne me manquerais.

En pâtisserie, la régularité est un savoir-faire fondamental. J’apprécie la tienne Pôle, cette régularité, cette constance dans le rien.

Y’a quelqu’un ?!

Pôle, je suis de retour.

Oui, cela fait des semaines, peut-être bien des mois. Je n’ai pas compté avec précision car je sais que tu n’es pas très à cheval sur les délais, toi et les mystères de ton espace temps. Cela fait longtemps disais-je que je ne t’ai plus fait le moindre signe ici, sur cet espace que pourtant un jour j’avais décidé de te dédier. Mon attachement à toi est intact par la force de l’actualisation mensuelle et du numéro de matricule mais figure-toi que mon blog a tout simplement été hacké. Un beau jour j’ai été informé qu’une sorte d’intrusion venait de se produire et que des « fichiers malicieux » trouvaient désormais leur bonheur dans les lignes de code de mon blog. Sérieuse affaire visiblement puisqu’apparemment je mettais en péril tous les administrés de mon fournisseur d’accès. Rien que ça. La seule solution était donc de m’imposer une fermeture temporaire à durée indéterminée, le temps d’un nettoyage en règle. Bien sûr Pôle, tu n’as aucun lien avec cela n’est-ce pas ? J’ai tout de suite mis tes conseillers hors de cause. Je les ai vu se servir d’un ordinateur, il est techniquement impossible qu’ils soient parvenus à orchestrer une attaque de cette ampleur. Mais alors qui ? Va savoir. Mais l’essentiel est que je sois de retour non ?

Il s’en est passé des choses depuis tout ce temps. Je suis toujours à l’école, tu te souviens peut-être que je travaille pour obtenir mon CAP Pâtissier, moi, Yohan Grangier, 31 ans et 20 mois, futur reconverti professionnel. Allez, dis-moi que tu te souviens. J’ai la sensation que tout se passe plutôt bien, les progrès se font ressentir, de nouvelles difficultés dans l’apprentissage apparaissent stimulant ainsi ma réactivité. Chaque jour j’apprends de nouvelles recettes, de nouvelles techniques, je répète les gestes, j’avance. Je continue d’alterner entre le centre de formation et une entreprise, toujours la même, au sein d’une équipe dans laquelle je me sens très à mon aise. Et puis j’ai toujours mon projet #Gourmandièse bien évidemment, tu sais, ma petite entreprise en devenir, ce projet qui quand il verra le jour, te permettrait de ne pas avoir de mes nouvelles de si tôt. Mais tu sais, Pôle, je suis tellement passionné par l’enseignement que je reçois chaque jour, j’y vois tellement d’opportunités, que j’envisage même de faire une année d’école supplémentaire l’an prochain. Mais cela, c’est une autre histoire. J’ai d’abord un examen à avoir au mois de juin prochain.

Pardonne-moi encore pour cette absence Pôle, si jamais tu t’en es aperçu.