Rire jaune

Qui de l’œuf ou de la poule créé des déchets le premier ? Vous avez deux heures. 

Lorsqu’on met le nez dans les poubelles, ça sent les ordures certes mais ça sent aussi les arrangements entre amis, l’argent et la convivialité sélective. En décidant d’opter pour la discussion, on comprend assez rapidement ses bienfaits et on découvre tout un tas de choses permettant alors d’avoir une vision claire d’une situation et pourquoi pas d’en tirer conclusions et avis. Une espèce de sentiment du travail bien fait. Sinon il y a l’improvisation contrôlée, méthode permettant de faire tout, n’importe quoi puis son contraire tout en conservant ses intérêts, voire même en les faisant fructifier pour les plus habiles. Mais trêve de formule, passons aux illustrations. Croyez-vous par exemple que nous saurons un jour comment ont été choisis les emplacements dits « judicieux » des sites de poubelles ? Ces fameux sites sous l’immunité du domaine public sont le résultat d’intenses réunions de travail si l’on en croit la version officielle mais pas la moindre trace de concertation publique. Le domaine est public, pas la concertation. Vous suivez ? Sur la commune de Coulounieix-Chamiers, une réunion d’information a été organisée pour parler poubelles. Et là, vous suivez toujours ? Pourquoi là-bas et pas ailleurs ? De mauvaises rumeurs racontent même qu’un simple coup de fil à sa mairie suffisait à réduire en poussières ce qui était pourtant un « choix judicieux » et permettait donc de dire non aux poubelles. Sous réserve bien sûr d’avoir su au préalable que les poubelles arrivaient. Dans la famille « préalable » d’ailleurs, je demande le père. Monsieur Protano évoque 600 poubelles qui seront déployées. Ok. Il se trouve que les premières ont été installées alors même que le Grand Périgueux n’avait pas un seul camion apte à les collecter. Aujourd’hui, il y a 3 camions. Il y aurait pu y en avoir un 4ème dès le mois de juin, mais voilà qu’il est en retard. Bonne nouvelle pour les payeurs, nous en l’occurrence, ce retard fera l’objet d’une compensation financière qui contribuera sans aucun doute à avancer l’échéance de l’exonération au moins partielle de la taxe sur les ordures ménagères. Me trompe-je ? Pour éviter tout débordement, c’est le cas de le dire, on aurait pu penser qu’il était préférable de savoir de combien de camions on disposait pour répartir au mieux les poubelles à collecter ainsi que les tournées. Or dans ce cas précis, on sait combien on va avoir de poubelles mais aucune certitude sur les livraisons de camions. Et les chauffeurs d’ailleurs qu’en pensent-ils ? J’imagine qu’à eux aussi on a dû leur sortir l’argument ultime disant en substance: « si on avait demandé à tous les chauffeurs, on aurait jamais commandé un seul camion. » 

Alors oui, il y a les gens. Et les cons. Ceux qui se débarrassent de leurs merdes en pensant qu’ils n’en sont plus responsables à partir du moment oú ils ont quitté leur maison. Mais il y a aussi ceux qui décident, les élus, pour lesquels je n’ai pas encore de petit sobriquet ce qui déséquilibre quelque peu mon jugement quand j’y pense. Ces élus pour lesquels souvent on ne sait même pas qu’un jour on a voté pour eux. Peut-être parce qu’on ne s’intéresse pas assez à ces questions, peut-être parce qu’une force obscure fait en sorte qu’on ne s’y intéresse pas trop. C’est encore autre chose. Enfin non pas tant que ça. Mieux vaut en rire. En rire jaune, ok. Jaune comme le recyclage, un jaune qui permettra à ce rire d’être réutilisé encore et encore. Jaune comme le sac dans lequel on jette ses déchets recyclables, sac qu’il faudra peut-être bientôt complètement oublié! Il s’avère que ce bougre se retrouve dans un état de décomposition avancée à la fin du processus de tri. Les petits morceaux ainsi créés se font alors grain de sable dans les rouages et ralentissent la cadence. Pour la maintenir cette cadence, il est donc envisager la suppression pure et simple du sac jaune au profit d’un petit cabas dans lequel l’usager mettra ses déchets recyclables avant de les jeter directement dans la poubelle adéquate. C’est déjà le cas en centre-ville de Périgueux. Dommage, on a financé des panneaux d’indication expliquant qu’il est interdit, par exemple, de jeter ses cartons dans la poubelle jaune. Rien n’empêche de changer cela c’est certain, surtout si c’est au profit d’une meilleure cadence du processus de tri qui est, soit dit en passant, une machinerie qui fonctionne plutôt bien en terme de volume quotidien en Dordogne. Mais est-ce que quelques-uns n’ont pas voulu aller trop vite au risque de faire pour défaire ? Êtes-vous plutôt de bric ou de broc  ? Pas sûr de trouver quoi que ce soit de recyclable dans tout ça. Les recyclables papier et carton d’ailleurs qui, à la fin de la chaîne de tri à la Rampinsolle, partent en semi-remorque du côté de l’Espagne pour un bilan carbone de… Bref, je vous laisse là dessus. 

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