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190ème jour: demandez le programme

Ce matin je suis allé faire imprimer mes supports de communication, ceux que j’utiliserai dans le restaurant du chef qui m’apporte son soutien. Sur place, je suis tombé sur une tête connue, c’est d’ailleurs lui qui s’est occupé de moi. En me saluant, il me demande si je suis venu avec quelques mignardises. Je comprends vite qu’il suit l’aventure #Gourmandièse, je vous laisse juger de ma perspicacité et de mon pouvoir de déduction aiguisé. Je m’aperçois, et lui fait remarquer d’ailleurs, qu’il est un fidèle de mon blog, il a suivi chaque étape et cela alimente notre conversation. Je suis toujours aussi surpris que des gens lisent ce que je raconte, je ne sais d’ailleurs pas si c’est une forme de fausse modestie ou un véritable étonnement, à quoi bon le savoir. Et si j’apprenais que personne ne lisait tout ça, est-ce que je continuerai ? Je vous laisse plancher là-dessus. Tout en préparant mes chevalets, il me raconte ses péripéties professionnelles, ses anecdotes avec Pôle. Tout se confirme, c’est désormais une certitude, cela le deviendra même pour les plus septiques : on a tous quelque chose en nous de Pôle. Un conseiller qui a pris français 3ème langue, celui qui ne comprend rien, qui ne veut pas comprendre, celui qui ne veut pas être là, celui qui n’est pas là, celui qui ne dit rien, celui qui en a trop dit sur le pourquoi il ne veut pas être là. Chez Pôle, un conseiller qui ne prodigue aucun conseil reste un conseiller. C’est donc assez logiquement qu’un chômeur qui ne chôme pas reste un chômeur.

Mais parlons planning et commençons par les désistements. Oui, il y en a. Figurez-vous qu’après quelques difficultés d’organisation, j’ai senti qu’il était préférable que je conseille aux futurs mariés qui m’avaient proposé de réaliser leur gâteau, de mariage donc, de s’adresser à un pâtissier. Un vrai. Pas un futur reconverti professionnel. S’adresser à moi engendrait finalement des coûts et des surcoûts, du matériel et des matières premières, tout un tas de choses qui ne se transforment pas en contraintes pour un pâtissier digne de ce nom. J’ai apprécié qu’il me propose ce défi mais, un peu de sérieux, n’allons pas leur plomber le mariage pour une histoire de dessert, évitons de sucrer l’addition. Ensuite, le restaurant. Le chef et moi avons convenu que je proposerai mes mignardises à partir de jeudi, dans deux jours donc, durant le service du soir. En voilà une sacrée étape ! J’ai immédiatement commencé à réfléchir à l’organisation de mon temps, à mes préparations, à la façon dont j’allais transporter le tout jusqu’au restaurant. Une sacrée étape, c’est bien ce que je dis. Enfin, pour terminer la semaine, j’aurais à réaliser quelques biscuits pour une amie, elle les proposera au moment du café lors du repas qu’elle organise à l’occasion de l’anniversaire de sa fille. Une bonne semaine de travaux pratiques en somme.

Vous vous fichez bien que je veuille devenir pâtissier. Et vous avez raison. Ce qui vous passionne c’est mon histoire avec Pôle, savoir si nous allons sauver notre couple, vous imaginer avec lui s’il n’était plus avec moi. C’est parfait, car c’est cette histoire que je veux vous raconter.

189ème jour: libre

Vous l’avez sans doute remarqué, j’étais plus loquace lorsque j’allais voir Pôle chaque semaine. Mais que voulez-vous que je vous dise ? Depuis quelques temps, Pôle a toujours une bonne raison pour m’éviter. A commencer par aujourd’hui, sous couvert de jour férié. Nous sommes suffisamment intimes vous et moi pour que je vous le dise, je crois qu’il me manque. Oui, il me manque. Il me manque toujours mon inscription au CAP Pâtissier! Oui, je sais, le CAP passe par un appel d’offre, le traitement des dossiers est très long justifiant alors les reports successifs du jour J mais voilà, le dernier créneau annoncé était début juin. Et comme je suis très à cheval sur les chiffres, dans quelques jours nous serons mi-juin. Et oui, je chipote. Et je m’énerve. Et quand je m’énerve, je chipote. Pôle ne réalise pas qu’il compte dans ses rangs un élève qui, alors que l’année scolaire en cours n’est pas encore terminée, pense déjà à la prochaine rentrée et à sa liste de fournitures.

J’attends mon inscription et pour autant ces derniers jours je me suis demandé si suivre la formation était une bonne idée. Je m’explique, parce que je sens que je vous perds. Pour obtenir le CAP Pâtissier, j’ai deux voies possibles, suivre la formation en tant qu’écolier-modèle pendant neuf mois ou passer l’examen en candidat libre. Cette dernière option nécessitant que je fasse un maximum de stages, il va sans dire. Cette réflexion est le fruit de nombreux échanges avec des professionnels comme le chef de mon premier stage en pâtisserie ou encore le chef du restaurant dont je vous parlais il y a peu, mais aussi des personnes avec le même projet de reconversion professionnelle que moi. Ces derniers ne dénigraient pas la formation en elle-même bien entendu mais considérait que l’option « candidat libre » devait être sérieusement étudiée lorsqu’on a un projet comme le mien. Question d’optimisation du temps. Après réflexion, après de nouveaux avis, je pense tout de même que je vais rester dans l’optique d’un retour sur les bancs de l’école. Cela dit, je serais curieux de voir la tête de Pôle si je lui annonçais que finalement je souhaitais passer l’examen en candidat libre.

Et puis l’aventure continue pour #Gourmandièse et le financement participatif de mon beau camion. Vous êtes déjà nombreux à être devenus des héros et je n’aurais de cesse de vous en remercier. Le chapitre en collaboration avec le chef du restaurant qui souhaite me soutenir devrait débuter cette semaine, encore une chouette étape. Tout cela me donne envie de Ululer ! Pas vous ?

182ème jour: at work

Aujourd’hui, des amis chers ont participé à cette fameuse collecte qui me permettra d’acquérir le camion-magasin de ma future biscuiterie/pâtisserie, celui-là même avec lequel je prendrai le virage de ma reconversion professionnelle. Je suis toujours particulièrement touché quand je sens le soutien des gens que j’aime, autant que sans voix lorsque des inconnus en font de même.

Au sujet d’inconnus qui s’engagent à mes côtés, j’ai reçu une offre tout à fait exceptionnelle cet après-midi. Le chef d’un restaurant que je fréquente dès que j’en ai l’occasion, et qui n’est donc pas tout à fait un inconnu, m’a proposé de réaliser des mignardises qu’il ferait déguster à ses clients au moment du café. Nous avions déjà évoqué l’idée mais il l’a sacrément amélioré. Avec les mignardises, il proposerait une présentation de mon projet ainsi qu’une urne dans laquelle les clients seraient libres de donner une participation qui viendrait s’ajouter à ma collecte actuelle. Est-il utile que je vous en dise plus ou bien êtes-vous comme moi à trouver tout cela énorme ? Parce que moi, je trouve cela énorme. J’ai  bien évidemment répondu que j’étais particulièrement intéressé, que je trouvais l’offre formidable mais qu’il fallait aussi que je me remette à ma place en reconnaissant que je n’avais probablement pas un niveau équivalent à la cuisine de ce chef. Aucun problème pour lui me précisant ainsi que les clients comprendraient la démarche. Enorme, c’est bien ce que je disais. Nous avons donc décidé de nous voir rapidement pour mettre les choses en place, de mon côté je me mets immédiatement au travail. J’en ai profité pour demander au chef s’il avait un pâtissier en cuisine, c’est le cas, une pâtissière en l’occurrence, j’ai donc glissé un mot sur ma recherche permanente de stages et autres découvertes. En résumé, nous avons des choses à nous dire.

Créer son métier, c’est un métier. Ne vous l’ai-je pas déjà dit ?