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170ème jour : le bon tempo

Ce qui est agréable lorsqu’on a des choses à faire, c’est que ça passe le temps.

Ma relation avec Pôle est certes quelque peu tumultueuse mais elle laisse libre cours à mon imagination débordante, celle-là même qui m’a fait rêver d’une reconversion professionnelle et d’un devenir pâtissier. Après tout, c’est vrai que je pourrais être convoqué par Pôle quand bon lui semble, lui qui aurait décidé pour moi d’un entretien dans une entreprise quelconque, pour un travail quelconque officialisé par un contrat quelconque. Je n’aurais pas fait l’affaire mais dans un souci de statistiques, Pôle m’aurait trouvé un autre entretien du même type, dans une entreprise du même type, pour un travail du même type officialisé par un contrat du même type. Parfois le cercle vicieux est carrément pervers. Pour autant je ne peux pas dire que je suis un chômeur chanceux, je doute d’ailleurs que cette catégorie existe, je suis cependant un chômeur avec un projet, une espèce qui a le don de donner le tournis à Pôle et ses conseillers qui peuvent alors avoir tout le mal du monde à mener la discussion. Tout ça pour dire que, entre mauvaise foi et conviction, je suis tout de même satisfait que le spécialiste national de l’emploi ne me colle pas au train. Je dois même reconnaître que depuis le premier jour c’est plutôt moi qui l’aborde, intensifiant d’autant mes désillusions, lui donnant le bâton pour me faire battre.  Et ce n’est pas fini.

Aujourd’hui, le chocolatier chez qui je devais faire le stage que j’ai remis à plus tard m’a appelé. Je ne m’en suis aperçu qu’après coup, il avait laissé un message sur mon répondeur. Il voulait savoir si j’étais toujours intéressé pour faire ce stage, auquel cas nous pourrions regarder le calendrier. J’ai trouvé cela vraiment chouette de sa part. Oui, chouette. Cette chocolaterie n’a pas besoin d’un stagiaire futur reconverti professionnel pour exister mais cela n’empêche que l’on m’a ouvert les portes bien volontiers pour me faire découvrir et qu’aujourd’hui, après mon désistement provisoire, on me rappelle pour voir où j’en suis. Chouette, c’est bien ce que je dis. Je vais donc regarder le calendrier de plus près pour pouvoir aller m’essayer au chocolat.

Quant à #Gourmandièse, le travail mais surtout les idées continuent d’éclore. Je peux bien vous le dire maintenant. Ce blog, tout comme #Gourmandièse, est sur le point de devenir la reconversion professionnelle dont vous êtes le héros. Dans dix jours, vous entrez en scène.

162ème jour : esprit Coubertin

Oui je sais. Je vous ai manqué. N’ayez crainte c’est à la fois normal et tout à fait compréhensible.

N’allez pas raconter à Pôle que j’étais en vacances, vous risqueriez de le déranger durant les siennes. Enfin quand je dis « les siennes », je veux parler de ce laps de temps qui me sépare du début du mois de juin, période pendant laquelle je devrais enfin en savoir plus quant à mon inscription en CAP Pâtissier. En attendant, je réfléchis. Beaucoup. Si cela vous étonne c’est sans doute parce que vous ne pratiquez pas assez. C’est un autre sujet. De mon côté je réfléchis à ma future création d’entreprise, un sujet à la fois délicat et passionnant qui donne la sensation de commencer l’histoire par la fin. Si j’ai décidé d’opter pour la création d’entreprise plus tôt que prévu c’est à la fois pour rester maître de ce qui va m’arriver, le tenter tout au moins, mais aussi pour envisager un plan B prêt à l’emploi dans le cas d’une impossibilité cocasse de m’inscrire en CAP. La surprise a cette faculté innée d’être… surprenante. Je m’en méfie donc.

Pour participer à ma réflexion, j’ai sollicité deux amis que je considère comme des sources sûres en matière de marketing et de communication. Petit à petit, nous parlons stratégie, ne prenez pas peur ce n’est pas un gros mot. Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire ici, je vais opter pour le côté participatif de la force, encore faut-il donner envie et convaincre de participer.

Après 162 jours passés ensemble, vous monteriez à bord avec moi ? Si c’est le cas, je vous donne déjà cet avant-goût : « un ton de gourmandise ».

156ème jour : au rapport

Vous ne devinerez jamais qui m’a appelé ce matin. Cela dit, si vraiment vous ne devinez jamais c’est que vous n’avez pas compris grand chose aux 155 jours qui précèdent celui-ci.

C’est Pôle par le biais d’un appel masqué qui est venu interrompre la veille de mon téléphone. Pas lui directement évidemment mais l’une de ses conseillères. Et pas n’importe laquelle ! La seule, la vraie, celle que j’ai vu ou plutôt revu il y a deux jours, celle qui un jour droit dans les yeux m’a déclaré « j’ai lu votre blog ». Lors de notre dernière entrevue, elle m’informait qu’elle suivait désormais mon dossier dans le cadre de l’ouverture des inscriptions au CAP Pâtissier. Ce matin elle m’appelait pour me le prouver par les actes. Après s’être présentée tout en rappelant ce qu’elle s’apprêtait à faire pour moi, elle déclare :

« Hou la la, vous n’imaginez pas le nombre de coups de fils que j’ai passé pour vous ce matin ».

Merci. J’apprécie l’attention.

Elle a donc appelé différents organismes après s’être aperçue que les inscriptions au CAP Pâtissier n’étaient toujours pas ouvertes. Après avoir été mise en contact avec des personnes déférentes en la matière, elle apprend que l’appel d’offre concernant le CAP Pâtissier est toujours à l’étude. Par conséquent, il faudrait attendre la première semaine de juin pour qu’il y ait du nouveau, soit un délai supplémentaire par rapport au précédent délai supplémentaire. Bon. D’après les informations obtenues par la conseillère, cet appel d’offre est toujours en cours mais « il n’y a pas de raison que tout ne se passe pas comme d’habitude ». Comprenez par là qu’il y aura des places à prendre comme c’est le cas chaque année. Ce qui m’inquiète, c’est justement qu’il n’y ait pas de raison que tout ne se passe pas comme d’habitude… C’est exactement ce que disent ceux qui n’en savent rien et qui pensent que tous les chemins de l’optimisme mènent au pays des merveilles. Finalement, la matinée n’aura pas été une terre fertile pour les certitudes,  j’en ressors malgré tout sûr d’une chose : il me faudra encore attendre un peu plus pour m’inscrire en CAP Pâtissier.

Quoi qu’il en soit, Pôle me fait appeler par ses conseillers. On prend de mes nouvelles, on suit mon dossier, on me tient au courant. Et c’est la conseillère qui connait mon blog qui s’occupe de tout ça. C’est louche.