Archives du mot-clé chômage

225ème jour: voilà l’été

Selon l’adage, ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer son blog.

C’est l’été. En théorie tout du moins. Alors même si la météo use de son esprit de contradiction en se grimant ponctuellement en automne, les rythmes de travail dans certains bureaux me rappellent que l’heure est aux vacances. Evidemment, moi, chômeur comme je suis, je n’ai senti aucune différence puisque les vacances, c’est tous les jours. Et payées en plus ! C’est sans doute ce que doit se dire Pôle, minimisant ainsi sa nullité en se chantant qu’en fin de compte je ne suis pas si mal loti, moi qui perçois chaque mois sans rien faire d’autre qu’une actualisation ce que certains ont peine à gagner derrière la caisse d’un fast food. Quand je disais « nullité », je parlais bien entendu du néant, du rien, du vide. Pas du nul au sens mauvais, même si je vous l’accorde, la frontière est mince. D’ailleurs il n’y a plus aucun douanier depuis longtemps.

Tellement l’attente est longue, j’en oublie presque parfois que je veux devenir pâtissier. C’est d’ailleurs agréable car je revis plusieurs fois par semaine cette sensation d’avoir une excellente idée. Je continue ma route chaque jour avec cette crainte permanente de faire tout cela pour rien, cette conviction que je ne maîtrise pas et que je dépens exclusivement d’un conseiller, d’une conseillère, pour qui je suis simplement un numéro d’identifiant. Ce type de pensées constitue le refrain de mon aventure. Si c’est un refrain, la chanson est plutôt dramatique et je préfèrerai écrire des couplets qui riment avec #Gourmandièse plutôt qu’avec tout le reste, tout ça, ces 224 jours précédents. Inutile donc de préciser que je ne suis toujours pas inscrit au CAP Pâtissier, inutile également de constater qu’il n’y aurait plus rien d’étonnant au fait que Pôle finisse par ne pas m’inscrire à cette formation. Vraiment plus rien d’étonnant. Du tout. Mais bon, il fait soleil. Enfin parfois.

Les absents ont toujours tort, ma conseillère est une absente. Je vous laisse conclure. Enfin, si vous êtes encore là.

217ème jour: du pareil au même

Il y a des sommets que l’on pense ne jamais atteindre, dont on ose même pas rêver pour ne pas avoir à se réveiller ivre de joie aux côtés d’une déception dont on a oublié le prénom. Et c’est bien évidemment parce qu’on ne s’attend pas à réaliser ce qui s’apparente à un exploit que la satisfaction est bien au-delà de tout. Oui de tout, tout simplement.

Lors de notre dernier échange, aussi indirect soit-il puisqu’il s’agissait d’un message sur mon répondeur, Pôle m’a démontré par le menu que son ramage ne rapportait à rien mon chômage. Je suis le phénix condamné à renaître de ses cendres après chaque entretien avec un conseiller, le petit poucet quand Pôle est l’hôte de ces bois. Comment pourrais-je faire plus fort, plus haut, plus beau, comment pourrais-je aller plus loin que ce dernier message laissé par ma conseillère, tant sur le fond que sur la forme ? Pôle réalisait déjà d’excellentes performances lorsqu’il s’agissait de me ralentir dans mon projet, voilà que désormais il est en passe de me couper le verbe sous le pied. J’étais le narrateur, le héros, le personnage principal, je régalais chaque lecteur de ma plume à la fois drôle et tranchante, j’étais adulé pour ma sobriété, ma simplicité et ma modestie, et voilà que je me fais voler la vedette par ma conseillère. En à peine plus d’une minute de message vocal, elle avait tout. Les mots justes, le ton, le débit, les vannes courtes et précises qui mènent à une chute d’un genre qu’on ne fait plus. Bref, la blague à l’état pur, à l’ancienne. Et me voici sans voix, sans mot, en train d’attendre le prochain spectacle, ne serait-ce qu’un seul sketch. Je suis remis à ma place à la suite d’un simple appel téléphonique, il y a du talent chez Pôle, quoi que j’en dise. Je me dois de l’accepter.

Comme si la leçon n’était pas suffisante, la suite prenait des airs de running gag. Mon frère, qui actuellement doit prendre quelques informations auprès de Pôle, me racontait son dernier entretien avec sa conseillère. Celle-ci a eu tout le mal du monde a répondre à une question, soufflant un coup le chaud, puis le froid, voire le tiède, soufflant tout court même sans doute car empêtrée dans son ignorance sur un sujet pourtant essentiel de son métier. Oui, son métier. Mon frère a donc décidé en accord avec lui-même qu’il allait se débrouiller. J’en conviens, les grandes lignes de cette anecdote ne font pas un running gag. Alors voilà. La conseillère de mon frère est aussi ma conseillère. La même. Maintenant que vous la connaissez, vous savez que c’est un génie, alors un conseil : ne frottez pas la lampe.

210ème jour: to you

J’ai autant d’ans que de dents. Mais comme prévu le blog ne changera pas de titre pour autant.

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Cela m’arrive une fois par an et là il se trouve que ça tombe aujourd’hui. Qui dit « anniversaire » dit « gâteau » mais non, autant vous épargner un suspense inutile, je ne me suis pas fait de gâteau d’anniversaire. Pas plus que de cadeau d’ailleurs. Cependant, a priori, je n’ai rien contre le fait que l’on m’en fasse, des gâteaux comme des cadeaux. Je constate, et c’est l’occasion rêvée pour en parler, enfin pour l’écrire plus exactement, que nombreux parmi vous n’ont pas attendu mon anniversaire pour m’adresser quelques attentions. Il y a par exemple cette trentaine de vous, ces héros, mes héros, ceux qui parfois sans me connaître ont investi dans mon projet #Gourmandièse. Il y a le chef de ce restaurant et son épouse qui m’ont proposé leur aide en installant une urne dans leur établissement, une cagnotte que je n’étais pas peu fier de récupérer il y a quelques jours, un pécule constitué par des personnes que je ne connais absolument pas et qui ont découvert mon aventure. Il y a ceux qui m’ont écrit, ceux qui ont écrit sur moi, dans les journaux bien sûr, pas directement sur moi ce qui n’aurait aucun sens et serait presque du domaine psychiatrique, il y a ceux qui m’ont lu, ceux qui en ont parlé et puis il y aura peut-être ceux qui vont en parler. Je suis conscient que tous les objectifs ne seront pas forcément atteint tout de suite, à commencer par la collecte sur le site de financement participatif. Bien entendu je ne désespère pas d’atteindre et dépasser cet objectif, après tout il reste encore un mois, mais j’ai le sentiment d’en ressortir déjà vainqueur tellement cela a été un vecteur formidable pour parler tant de ma situation de futur reconverti professionnel que de mes ambitions personnelles. Dès cette semaine, je repars à la recherche de l’entreprise qui m’accueillera en alternance lors de mon CAP Pâtissier, peut-être trouverais-je sur ma route un chef qui a eu vent de mon histoire. Et dans mon histoire il y a vous tous, je n’en reviens pas à chaque fois que j’y pense. Je n’irais pas jusqu’à parler d’une mobilisation car je ne saurais que vous conseiller de garder de l’énergie pour des causes bien plus nobles et plus utiles mais je sens tout de même un réel intérêt, un soupçon d’engouement.

Evidemment je ne l’oublie pas, dans mon Histoire, et pour le coup j’y mets un grand H, il y a aussi Pôle. Là non plus, ce n’est pas du gâteau, ni un cadeau.