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80ème jour : ambiance

Ai-je fait le tour de la question en 80 jours ? Non.

La parcours de reconverti professionnel que j’entreprends est une aventure chaque jour. Enfin pas tout à fait, car malheureusement il est loin de se passer quelque chose chaque jour. Il est toujours très difficile de constater que nombre d’étapes primordiales échappent à mon contrôle, à ma bonne volonté et du coup à ma compréhension. Et cela depuis 80 jours. Il est possible d’apprécier les choses à la sauce de sa propre sensibilité, de se persuader qu’il suffit de croire en son projet, en l’occurrence professionnel, pour que lesdites choses avancent à grands pas, de s’appuyer sur ses compétences et ses motivations. Tous ces arguments ne sont en aucune manière les éléments d’une formule magique et ne respectent aucune logique. Le « quand on veut on peut » d’antan a pris un sacré coup de vieux et nombre de structures, qui manque de chance pour moi sont et seront mes interlocutrices, n’y sont pas pour rien.

Je pense avoir frappé aux bonnes portes. Je ne suis pas revenu vers Pôle bouquet de roses à la main avec l’excitation d’un premier rencard, mais il fallait que l’on se retrouve. Une fois chez lui, et chez les autres d’ailleurs, quel est le mot de passe pour rencontrer la personne qui va faire prendre un sens à ce que tous appellent le « suivi personnalisé » ? J’entends d’ici les réponses invoquant un manque de formation du personnel, un sous-effectif, ou encore une difficulté à mettre en phase les compétences d’un conseiller et la complexité d’un projet professionnel personnel. Alors on fait quoi ? On fait au moins pire ? Et que dire de l’histoire suivante ? Une amie s’est vue répondre que de nos jours « il est kamikaze de vouloir travailler dans un domaine que l’on aime ».

Y’a quelqu’un là dedans ?

79ème jour : conseillères, conseillers

Le conseiller de Pôle que j’ai rencontré hier a tenu parole. A la fin de notre entretien, il m’avait précisé qu’une synthèse serait disponible dans mon « espace personnel » sur internet. Ce matin, après une notification reçue par mail, j’ai pu constater qu’il avait dit vrai. Seulement voilà, je ne sais toujours pas pour quelle(s) raison(s), mais le conseiller a usé de la même fantaisie que son homologue féminin qui m’avait reçu lors de mon inscription. Selon eux, je suis à la recherche d’un emploi de pâtissier en CDI 35h. Nulle part dans ce document de synthèse il n’est précisé que je suis avant tout à la recherche d’une porte d’entrée pour accéder au CAP Pâtissier et au financement qui va avec. Rien. Pas un mot, rien en filigrane pas plus qu’à l’encre sympathique. J’ai vérifié. Bon, à la décharge de Pôle et de ses petits copains, il figure bien que j’ai déposé un devis pour un bilan de compétences et que j’ai demandé une convention de stage. Sur ce point précis, j’aimerais d’ailleurs savoir si le conseiller a bien transmis demandes et documents aux bons destinataires et si, pour cela aussi, il a tenu parole.

Pendant que j’étais connecté à mon espace personnel, je me suis aperçu que figurait le nom de ma conseillère, la même identité que m’avait communiqué le conseiller hier. Avant elle, il y avait le nom d’un homme qu’au final je n’aurais jamais rencontré, elle dont j’ai désormais le patronyme mais que je n’ai jamais vu, ou pire, que j’ai vu sans savoir que c’était elle. C’est d’ailleurs l’une des choses qui entretient le mystère chez Pôle. Les conseillers semblent n’avoir ni nom ni prénom, pas même un numéro d’identifiant ce qui commence à faire beaucoup de différences avec les adhérents que nous sommes.

J’avoue volontiers que ça m’arrange cet anonymat plus ou moins planifié. Considérant le nombre de conseillers que je rencontre, cela ferait bien trop de noms à retenir.

74ème jour : si j’aurais su

J’ai pensé à Pôle aujourd’hui, peut-être sous l’effet de la fête des amoureux. Je doute qu’il ait eu une attention de la sorte à mon égard, lui, son côté volage et ses prétendants toujours plus nombreux.

Il n’y avait pas d’étoiles dans mes yeux lorsque j’ai songé à Pôle. Je crois que je lui en veux un peu, beaucoup. Même passionnément, attendre que la lumière vienne de lui touche à la folie, de nous et en l’occurrence de moi, il ne s’en soucie pas du tout. Je ne peux m’empêcher de me demander ce que devient celui qui se croit entre de bonnes mains, celui qui pense avoir trouvé une oreille à qui parler, peut-être même deux, celui qui ne prend aucune initiative parfois parce qu’il ne sait pas faire une telle chose, celui qui part du principe qu’il faut laisser Pôle faire son travail puisque c’est lui le professionnel. Où en serais-je aujourd’hui de ma reconversion si j’avais attendu que le professionnel de l’emploi me conseille, m’oriente ? Je ne souhaite pas que l’on me serve tout sur un plateau, sauf peut-être le dimanche matin au lit et avec des croissants, mais lorsque mes accréditations ne me permettent plus de passer à l’étape suivante, le minimum serait que le supposé conseiller n’ait pas l’allure d’un concierge. Il y a « con » dans les deux appellations mais je suis persuadé que cela n’est qu’une mauvaise coïncidence. Plus jeune je n’étais pas très bon élève en cours de sciences physiques mais je suis prêt à parier que si la bonne volonté tombe d’en haut, au-delà du pléonasme, elle éclaboussera tout ceux qui se trouvent en-dessous. C’est le principe même de la gravité, cette gravité dont le double sens illustre de fort belle manière l’état de Pôle. Certains et pas des moindres disent que ce n’est pas de sa faute, moi-même je l’ai dit. Si l’argument fonctionne, à l’avenir moi aussi je dirais que ce n’est pas de ma faute.

Pôle, tu me fends le coeur.