Archives du mot-clé formation conventionnée

15ème jour : terrain miné

Vous voulez rire de quelle couleur ? Personnellement, je choisis jaune. Ce 15ème jour est à lui tout seul une compilation des meilleurs morceaux de Pôle remixés par ses conseillères et conseillers. Et je viens aujourd’hui de m’en faire offrir un exemplaire, un cadeau de Noël livré en plusieurs colis avec près de trois semaines d’avance.

Dans le premier colis, il y avait un mail de Pôle, présentant la synthèse de nos retrouvailles d’hier. Je suis persuadé, absolument convaincu que vous, bien chers lecteurs, avec vos capacités intellectuelles plus ou moins visibles à l’oeil nu, vous seriez capables en deux phrases de résumer mon projet de reconversion professionnelle ainsi que l’objet de mes recherches actuelles.  Croyez-le si vous le voulez, mais la conseillère de Pôle a résumé ma situation en écrivant que j’étais à la recherche d’un poste de pâtissier en CDI, à temps complet, dans un rayon de 50 kilomètres autour de mon domicile. Elle a tout de même vu juste sur un point, elle ne s’est pas trompée de métier. Pas un mot sur ce qui est à la fois ma volonté et un passage obligé, l’accès à la formation du CAP Pâtissier et son financement. Rien. Il n’est que 8h47 à cet instant, j’ai beau être matinal, vous connaissez la suite.

Les deuxième et troisième colis m’avaient été remis hier par la conseillère. J’avais attendu cet après-midi pour les ouvrir. Ils contenaient chacun un numéro de téléphone. Par chance, je sais lire les chiffres arabes (ce qu’il faudrait peut-être que j’ajoute à mon CV), je décidai donc d’appeler le premier numéro : la Chambre de Commerce et d’Industrie. Vous vous souvenez, la conseillère de Pôle m’avait expliqué hier que la CCI proposait le CAP Pâtissier dans sa formule « formation conventionnée », celle-là même qui ouvrait les portes d’un financement. Je commence par la prise de contact réglementaire avec la standardiste.

Moi : « Bonjour, je cherche à joindre une personne qui pourrait me renseigner sur le CAP Pâtissier que vous proposez. »

La standardiste : -« Ce n’est pas plutôt la Chambre des Métiers que vous cherchez à joindre ? »

Soudain, une puce s’invite à mon oreille. La standardiste ne semble pas au courant que l’établissement pour lequel elle filtre les appels propose le CAP Pâtissier. C’est alors que je lui donne le mot de passe :

Moi : – « Je viens de la part de Pôle ».

La standardiste transfère immédiatement mon appel vers un interlocuteur dont elle ne me donne ni le nom ni la fonction. C’est un homme. Je sens dans sa voix qu’il a connu cette époque où mettre des coups de règle sur les doigts d’un élève n’était pas passible du tribunal correctionnel, je perçois en même temps sa nostalgie à ce sujet. Je re-présente mon cas de la même manière qu’avec la standardiste. Lui décide de me renvoyer vers ce qu’il appelle « l’école » et me donne un autre numéro de téléphone. Bon élève, j’appelle. Je tombe sur ce qui me semble être le « bureau de la vie scolaire », je n’en ai pas la certitude car l’inconnu qui a pris mon appel s’est contenté d’un « allo ». Je re-re-présente mon cas de la même manière qu’avec la standardiste et l’instituteur nostalgique. Lui décide de me renvoyer vers sa collègue. Après les chiffres arabes, le téléphone. Tous ces transferts d’appels ont fonctionné, ce qui est tout de même le point positif de cette étape. Ainsi, je re-re-re-présente mon cas de la même manière qu’avec la standardiste, l’instituteur nostalgique et l’inconnu de la vie scolaire. Morceaux choisis :

Elle : – « C’est Pôle qui vous a dit de contacter la CCI pour suivre le CAP Pâtissier ? »

Autant vous dire qu’elle était remontée en me posant cette question.

Moi : – « Euh… oui. On m’a même précisé qu’avec la CCI la formation était conventionnée et donc prise en charge. »

Elle : – « Quoi ??? »

Je vous avais dit qu’elle était remontée.

Elle : – « C’est aberrant après tout ce temps que Pôle envoie encore des demandeurs d’emploi vers la CCI quand il s’agit du CAP Pâtissier. C’est la Chambre des Métiers qui s’occupe de cette formation ! Avez-vous le nom de la personne qui vous a dit ça ? »

Là, j’ai été grand seigneur. Je n’ai pas donné de nom. Bon OK, je n’avais pas le nom de la conseillère. Je ne l’ai pas non plus complètement balancé au moment d’ouvrir le troisième colis. Là aussi j’ai téléphoné. Et j’ai re-re-re-re-présenté mon cas. Mais là mon interlocutrice m’a stoppé dans ma tirade en s’étonnant que je la contacte puisqu’elle ne se trouve pas sur mon département. Inutile que je m’étale sur la suite de cet appel, ce colis également expédié par Pôle était piégé lui-aussi.

Et puisqu’il était question de rire dans l’introduction de ce billet, sachez que la dernière personne que j’ai eu à la CCI (celle qui était remontée et voulait connaître le nom de mon indic chez Pôle) m’a donné son nom à elle. Elle s’appelle madame Paul.

Running gag.

14ème jour : premiers baisers

Ce que j’apprécie particulièrement un lendemain de match c’est avoir du temps pour faire un décrassage. Un petit footing matinal pour dissiper les quelques courbatures naissantes.  Il se trouve que ce matin, de manière tout à fait improvisée, j’ai eu l’occasion de faire ces quelques foulées revigorantes en quatrième vitesse et en civil, pour regagner ma voiture garée dans un parking souterrain. Je m’étais trompé de lieu de rendez-vous.

Depuis notre dernière rencontre, Pôle avait fait de ce qui était jusque-là sa succursale autrefois nommée Assedic, sa seconde résidence principale. Désormais, selon l’attachement qu’il accorde à ses prétendants, il change d’adresse. Perturbé par l’émotion des retrouvailles, je me laissais bêtement porté vers le lieu de nos premiers émois. Cette douce rêverie fut de courte durée et interrompue par une hôtesse de Pôle :

– « Monsieur… Grangier ? Attendez je vérifie… Alors j’ai beaucoup de « monsieur » mais pas de « Grangier ».

Soit c’était un trait d’humour, soit elle a pensé que « monsieur » était mon prénom. Je n’ai pas pris le temps de me faire un avis sur la question, j’étais à la fois en avance et en retard, par ma faute qui plus est. J’avais tout juste le temps de courir jusqu’à ma voiture et de retrouver Pôle, cette fois-ci pour de bon. Il était là. J’étais à l’heure, il m’attendait. Cela m’a fait un peu de peine mais j’ai du faire avec, Pôle avait convié d’autres personnes que moi ce matin. Après tout ce temps, je ne peux pas lui en vouloir d’autant que nous ne nous étions pas jurés fidélité. Lui aussi devait continuer à avancer sans moi.

Comme le veut la tradition, j’ai été reçu par une conseillère. Celle-ci n’avait pas d’épreuve sportive à me soumettre. Après les formalités administratives qui m’ont permis de revenir officiellement dans les petits papiers de Pôle, nous avons abordé le sujet du CAP Pâtissier. C’est à cet instant que j’ai décidé d’allumer l’auréole au-dessus de ma tête. J’ai évoqué les démarches que j’avais déjà entreprises , les personnes que j’avais contacté, les options qui m’ont été présentées, ceci pour montrer à Pôle que moi aussi j’avais avancé sans lui. Puis j’ai remis à la conseillère le devis personnalisé du CAP Pâtissier que m’a remis la Chambre des Métiers et de l’Artisanat. A cet instant je l’ai vu à la peine pour maintenir figé son sourire à la fois courtois et apaisant. Quelque chose semblait la chagriner dans ce document. J’avais pourtant amené les choses en douceur en évoquant le sujet du Chèque Régional de Qualification d’un montant de 2 000,00 euros dont m’avait parlé mon ami de la Maison de l’Emploi, mais cette solution n’avait pas l’air suffisante. Pour elle, le compte n’était pas bon. Même avec ce chèque de qualification, il restait de la craie sur l’ardoise.

Ma conseillère : – « Pour moi il n’y a aucun problème pour qu’on fasse une demande de chèque de qualification selon votre devis ».

Chouette, j’adore quand il n’y a aucun problème. Cependant, elle n’avait pas fini sa phrase.

Ma conseillère : – « Le problème c’est que cette formation n’est pas conventionnée ».

Voilà comment en une phrase il est possible de voir naître un problème à l’endroit même où il n’y en avait « aucun ». Après la rupture conventionnelle, me voici en tête à tête avec la formation conventionnée. Et dans « convention », vous savez ce qu’il y a. Selon ma conseillère, il faudrait que je prenne contact avec la Chambre de Commerce et d’Industrie qui proposait l’an dernier la formation CAP Pâtissier financée par Pôle. Reste à savoir si ce sera encore le cas pour la prochaine rentrée scolaire… Je compte sur moi pour obtenir cette information rapidement.

Pour finir, « ma » conseillère est devenue « la » conseillère. Elle m’informe en effet qu’elle n’a pas toutes les compétences pour suivre mon dossier, s’agissant du financement d’une formation et d’une création d’entreprise. Je vais donc être basculé dans le portefeuille de l’une de ses collègues qui j’espère aura la grande bonté d’alimenter le mien. Trop heureux de ses retrouvailles, je n’avais pas d’attente. Je ne suis donc pas déçu de ne pas avoir appris grand chose. Maintenant, j’ai quelques coups de fil à passer.

Pôle, je ne te jette pas la pierre. Pas encore.