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210ème jour: to you

J’ai autant d’ans que de dents. Mais comme prévu le blog ne changera pas de titre pour autant.

Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Cela m’arrive une fois par an et là il se trouve que ça tombe aujourd’hui. Qui dit « anniversaire » dit « gâteau » mais non, autant vous épargner un suspense inutile, je ne me suis pas fait de gâteau d’anniversaire. Pas plus que de cadeau d’ailleurs. Cependant, a priori, je n’ai rien contre le fait que l’on m’en fasse, des gâteaux comme des cadeaux. Je constate, et c’est l’occasion rêvée pour en parler, enfin pour l’écrire plus exactement, que nombreux parmi vous n’ont pas attendu mon anniversaire pour m’adresser quelques attentions. Il y a par exemple cette trentaine de vous, ces héros, mes héros, ceux qui parfois sans me connaître ont investi dans mon projet #Gourmandièse. Il y a le chef de ce restaurant et son épouse qui m’ont proposé leur aide en installant une urne dans leur établissement, une cagnotte que je n’étais pas peu fier de récupérer il y a quelques jours, un pécule constitué par des personnes que je ne connais absolument pas et qui ont découvert mon aventure. Il y a ceux qui m’ont écrit, ceux qui ont écrit sur moi, dans les journaux bien sûr, pas directement sur moi ce qui n’aurait aucun sens et serait presque du domaine psychiatrique, il y a ceux qui m’ont lu, ceux qui en ont parlé et puis il y aura peut-être ceux qui vont en parler. Je suis conscient que tous les objectifs ne seront pas forcément atteint tout de suite, à commencer par la collecte sur le site de financement participatif. Bien entendu je ne désespère pas d’atteindre et dépasser cet objectif, après tout il reste encore un mois, mais j’ai le sentiment d’en ressortir déjà vainqueur tellement cela a été un vecteur formidable pour parler tant de ma situation de futur reconverti professionnel que de mes ambitions personnelles. Dès cette semaine, je repars à la recherche de l’entreprise qui m’accueillera en alternance lors de mon CAP Pâtissier, peut-être trouverais-je sur ma route un chef qui a eu vent de mon histoire. Et dans mon histoire il y a vous tous, je n’en reviens pas à chaque fois que j’y pense. Je n’irais pas jusqu’à parler d’une mobilisation car je ne saurais que vous conseiller de garder de l’énergie pour des causes bien plus nobles et plus utiles mais je sens tout de même un réel intérêt, un soupçon d’engouement.

Evidemment je ne l’oublie pas, dans mon Histoire, et pour le coup j’y mets un grand H, il y a aussi Pôle. Là non plus, ce n’est pas du gâteau, ni un cadeau.

200ème jour: les jours les plus longs

Il y a 200 jours, je quittai mon travail. La scène avait lieu dans des conditions que chacun est libre d’interpréter, j’ai préféré pour ma part laisser ce sujet épineux avec ses épines.

En 200 jours, j’ai fermé la porte de mon bureau, passé la porte de la dernière entreprise en date qui m’a signé un CDI, opté pour l’aventure de la reconversion professionnelle avec l’objectif de devenir pâtissier, j’ai retrouvé Pôle, rencontré un conseiller, puis un deuxième, un troisième et ainsi de suite jusqu’à six, peut-être sept, je n’en suis plus sûr moi-même, j’ai pris attache avec la Chambre des Métiers pour savoir comment devenir pâtissier, avec des pâtissiers grandeur nature pour découvrir le métier à leurs côtés, je me suis imaginé élève dans une classe de CAP, j’ai semé quelques idées pour faire germer un projet, j’ai trié, organisé mais aussi bien évidemment j’ai pesé, crémé, sucré, fariné, j’ai fait comme si pour m’y croire, j’ai patienté du mieux que j’ai pu, j’ai fait des courriers, passé des coups de fil, j’ai fait le papa, le beau-papa, le mari, j’ai rencontré des journalistes à qui j’ai raconté ce que je nomme modestement mon périple, je me suis imaginé chef d’entreprise et j’y pense depuis chaque matin en ne me rasant pas, j’ai transformé la gourmandise en #Gourmandièse, j’ai trouvé un camion, un restaurateur prêt à m’aider, de parfaits inconnus également prêts à m’aider y compris financièrement pour certains d’entre eux, j’ai fait des gâteaux, beaucoup, j’en ai mangé au moins autant, j’ai tenté de résister à la démotivation ambiante, à la ritournelle sur la crise et le chômage, j’ai dit même pas peur, j’ai dit je m’en fous, j’ai dit je vais le faire pour finir par je vais y arriver, j’ai pointé tous les mois, j’ai attendu Pôle, encore et encore, mais j’ai rapidement compris qu’il ne fallait rien attendre ni de lui ni de personne, j’ai fait des choix et il en reste à faire, j’ai suivi les étapes, j’ai fait comme on m’a dit quand j’ai eu confiance, j’ai fait à ma manière dans tous les autres cas, j’ai partagé cette expérience quand elle pouvait aider, j’ai parlé de moi comme à mon habitude avec un plaisir qui n’a d’autre nom que le mien, je suis passé de Yohan Grangier à Moi, Yohan Grangier, 31 ans, futur reconverti professionnel, j’ai décidé que l’appellation ne changerait pas après mon prochain anniversaire, j’ai acheté des fouets, des emporte-pièces, des grilles, des moules, des spatules, des oeufs, de la farine, du beurre, du sucre, j’ai gardé toutes mes convictions quant à mon avenir pâtissier, je suis resté attentif à tous les avis, tous les commentaires, toutes les questions, j’ai fait le tri pour optimiser mon énergie, j’ai mis un point d’honneur à suivre au gramme près la recette de la réussite et enfin j’ai accessoirement délivré la plus longue phrase de l’histoire des blogs.

Tout ça et bien plus encore, en 200 jours. Pas un de plus.

198ème jour: la même longueur d’onde

Ce matin j’ai passé une radio. Rien de grave, c’était une radio locale.

La semaine dernière, un journaliste de l’antenne locale d’une radio nationale m’a appelé pour une interview. J’ai refusé. Je déteste raconter ma vie à tout le monde et je tiens à garder pour moi mon aventure de reconversion professionnelle. Un peu d’intimité que diable ! Pourquoi pas un blog pendant qu’on y est ? J’ai donc dit au journaliste que l’on pouvait caler l’interview mercredi prochain puisqu’il le proposait, à savoir aujourd’hui. Puisque c’était la semaine dernière. Ce fut court, matinal, en direct, et je parle toujours de l’interview. On a parlé reconversion professionnelle, camion, #Gourmandièse, pâtisserie, CAP, le pain quotidien en somme. C’est toujours un plaisir de parler de tout ça, et de parler de moi surtout dans la mesure où il s’agit là de mon sujet préféré et que par ailleurs je le connais par coeur.

Dans l’après-midi, j’ai adressé un mail à la personne qui s’occupe de moi à la Chambre des Métiers. Vous savez, celle que le conseiller de Pôle que j’ai vu lundi a rebaptisé « Madame Machin ». Dans ce message, j’ai justement tenté de lui expliquer comment s’était passé ce nouvel épisode chez Pôle. Mon mauvais esprit aidant, j’ai pensé qu’elle ne recevrait jamais le mail que j’ai quémandé au conseiller. Comme je compte bien être invité à la réunion d’information collective concernant le CAP Pâtissier et que celle-ci semble passer notamment par ce fameux mail, je préfère montrer patte blanche, voire même pâte blanche si j’osais croire que vous comprendrez ce jeu de mot magistral. Après cette correspondance, je suis allé au restaurant déposer mes petits gâteaux du jour. C’est toujours un réel plaisir de discuter avec le chef et son épouse qui ont l’air de prendre un véritable plaisir à parler de mon projet. Ils discutent avec les clients, les sensibilisent à mon aventure, prennent des informations pour que je puisse rester en contact avec les personnes qui décident de participer. Et tout cela en plus de leur travail quotidien en salle comme en cuisine. Après merci, on dit quoi ?

Dans ce genre d’atmosphère, dans ce climat de convivialité, d’entraide et d’échanges, je dirais que la reconversion professionnelle est un petit pas pour l’homme mais un bond de géant pour l’humanité. Tout cela me donne envie de décrocher la lune.