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193ème jour: premier service

Ce midi je suis allé salué le chef du restaurant et son épouse, pour savoir par la même occasion, bien sûr, comment la soirée d’hier s’était passée. Première soirée de mignardises #Gourmandièse pour les cancres qui ne suivent pas. Comme il le pressentait, il n’y a pas eu foule, un service calme s’il en est. Cependant nous le savons tous, ce n’est pas tant la quantité mais la qualité qui compte, la journée d’hier confirma l’adage. Car oui, deux dons pour mon aventure sont à noter lors de cette première soirée, deux nouveaux héros. Le premier d’ailleurs entre dans la catégorie « improbable » puisqu’il a participé lors du service du midi alors que les mignardises n’étaient proposées que le soir. Cependant il ne souhaitait participer ni pour les sucreries, ni pour une quelconque forme de remerciements, il participait, tout simplement. Cette reconversion professionnelle est vraiment riche de tout. De découvertes, de rencontres, de stress, de satisfaction, d’idées… de beurre aussi… un peu.

La femme du chef a elle aussi participé à ce compte-rendu de la soirée. Elle est en salle, elle est d’une certaine façon à la meilleure place pour voir les réactions face à #Gourmandièse. Les clients ont sur leur table un petit chevalet présentant le projet, la reconversion professionnelle, le camion, le financement participatif. Et c’est madame qui assure la présentation auprès de la clientèle. Et croyez-moi elle le fait de belle manière et s’implique totalement. Elle a trouvé elle-même les supports pour présenter mon document, elle explique le projet aux clients, c’est tout juste si elle ne cherche pas à les convaincre de participer ! Et le tout de manière complètement désintéressée, simplement pour aider. Cette reconversion professionnelle est vraiment riche de tout. De découvertes, de rencontres, de stress, de satisfaction, d’idées… et d’attentions comme celle-ci, surtout.

Demain je remets ça au restaurant, livraison de petits gâteaux pour tout le monde avec le café, service du midi et du soir. Peut-être que bientôt Pôle créera une case spécialement pour moi pour déclarer ce genre de « travail ». Une case à mon nom. Ah ouais, à mon nom.

192ème jour: coup de feu

Ce soir, les clients d’un restaurant vont pouvoir goûter à quelques sucreries que j’ai réalisé. C’est dingue. Et c’est une introduction courte mais précise.

C’est bien ce soir que débutait l’opération de soutien à mon aventure #Gourmandièse. J’ai passé la journée aux fourneaux, ce qui en soit n’a rien d’inédit par rapport aux précédents jours, mais cette fois-ci je dois bien reconnaître que j’avais une pression particulière. Bien évidemment, je ne suis pas satisfait de ce que j’ai « envoyé » comme on dit dans le jargon. Mais ce qui m’embête le plus, c’est que je n’ai pas d’excuse. J’étais à domicile, chez moi, dans ma cuisine, avec mes ustensiles, mes recettes, le temps nécessaire, bref un climat plutôt favorable. Mais tout de même, la gestion du temps fut une sacrée composante que je vais pouvoir travailler avec cette expérience grandeur nature. Hier encore je fanfaronnais seul dans ma tête, si tant est que je sois vraiment seul dans ma tête, en pensant que la charge de travail était importante mais presque insignifiante à l’échelle d’une journée de travail complète. Erreur. Je devais livrer mes mignardises à 18h au restaurant, je finissais de les dresser à 17h45. Il me restait encore à les transporter, là encore, grosse pression. Il fait chaud, je pars en voiture, je me questionne, est-ce que tout va tenir le coup, est-ce que je vais renverser quelque chose, est-ce que je ne suis pas complètement taré de proposer des pâtisseries aux clients d’un restaurant, est-ce que je ne vais pas tomber dans les embouteillages à cette heure-ci, est-ce que je vous ai déjà dit que je n’avais rien contre la musique classique… Oui, cette dernière question n’a rien à voir avec le sujet mais cela n’empêche que je ne vous l’ai jamais dit. A propos, peut-être voulez-vous savoir ce que j’ai préparé ? Non ? Si oui, lisez la fin de ce paragraphe. Si non, passez directement au paragraphe suivant et ne revenez plus jamais ici. Donc, pour ceux qui restent : ce soir c’était choux caramel, sablés chocolat/fleur de sel et tartelettes fraises/basilic.

En ouvrant les boites une fois arrivé au restaurant, je me suis aperçu que quelques tartelettes avaient bougé dans leur boite. Et comme ça m’a intérieurement fait bouillir, mieux vaut parler musique classique. Ou terminer là pour ce soir.

191ème jour: être ou ne pas être

Cet après-midi, j’étais sous les feux des projecteurs de la presse locale. Bon, plus exactement, j’étais face à une journaliste du canard départemental venue avec son carnet et un appareil photo numérique. Et puis je n’étais pas seul, j’étais avec le chef dont je ne cesse de parler, et qui plus est dans son restaurant. Au menu du jour, le lancement de l’opération de soutien au projet #Gourmandièse, coup de pouce magistral initié par le chef. Demain, les clients du soir pourront déguster en fin de repas trois gourmandises que j’aurais concocté, prendront connaissance de ce qu’est #Gourmandièse et auront la possibilité de participer à l’aventure. Superbe vitrine pour le projet et par la même occasion, excellente épreuve de travaux pratiques pour moi.

Mais cette entrevue m’a aussi permis de rappeler quelques détails qui n’en sont pas, à commencer par exemple par le fait que je ne suis pas pâtissier. Je souhaite l’être, le devenir, si vous ne l’avez pas encore compris je me demande bien ce que vous faites ici, mais je ne le suis pas. Je ne revendique rien d’autre qu’une motivation grandissante pour mener à bien un projet de reconversion professionnelle. Je ne suis pas un génie de la pâtisserie qui sort soudain de son laboratoire, pas plus qu’un autodidacte surdoué, je suis simplement un type qui a un projet de vie professionnelle, des idées, des convictions et une sérieuse envie de se donner les moyens de ses ambitions. Et accessoirement, un type qui a tout à apprendre. Comme je l’ai déjà écrit ici, que je veuille être pâtissier n’intéresse personne et à juste titre. C’est plutôt ma démarche qui interpelle, qui intéresse, qui fait de vous une bande de fidèles de mes aventures. Bon, il y a aussi le fait que je suis quand même vachement sympa, ce n’est pas rien.

Au fait, en 2014, a-t-on encore le droit de vouloir faire ce que l’on aime ? A-t-on le droit de choisir? Vas-y toi, le lycéen, révise ce sujet philosophique des temps qui courent.