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296ème jour: tendu, détendu

En me réveillant ce matin, je savais que je n’avais pas rêvé.

Le soulagement avait été trop grand, l’émotion trop intense pour avoir été conçue par mon imaginaire. Alors oui, j’ai bien été retenu pour intégrer une classe de CAP Pâtissier, pour faire ma rentrée scolaire dès la semaine prochaine, j’ai validé cette première étape indispensable de ma reconversion professionnelle. Et vous êtes bien placés pour savoir que rien n’était joué. Comme je l’avais prévu, je suis allé annoncer la nouvelle à Pôle ce matin. D’habitude, car oui je peux dire qu’il y a eu dans tout cela une question d’habitude, j’arrivais à l’agence à l’heure d’ouverture ou presque. Mais ce matin, j’y suis arrivé vers onze heures, sereinement, en sifflotant. Disons plus exactement que j’étais d’humeur à siffloter mais que j’ai gardé cela pour moi par respect pour les autres administrés déjà présents dans l’agence car non, ils n’étaient pas là en visite pour prolonger à leur manière les journées du patrimoine. Cependant, au rythme où vont les choses, la vie, les choses de la vie, Pôle devrait faire partie du patrimoine français sans tarder. Les badauds pourront alors venir visiter l’agence près de chez eux, rencontrer ces conseillers accrochés à leurs bureaux et tenter de communiquer avec eux. Les habitués pourront présenter les lieux à leurs familles ou encore tenter un selfie avec leur conseiller personnel qu’ils rencontreraient d’ailleurs pour la première fois à cette occasion. Je nous y vois déjà.

Tout cela pour dire que ce matin, je suis arrivé tout à fait détendu chez Pôle. Je venais annuler le rendez-vous obligatoire fixé à demain par ma conseillère, fixé par l’ordinateur de ma conseillère exactement, le sien ou celui de quelqu’un d’autre en tout cas. Je venais aussi demander une A.I.S.F., Attestation d’Inscription à un Stage de Formation, un document demandé pour compléter la partie administrative de mon inscription en CAP Pâtissier et faisant le lien avec ma rémunération au titre de l’ARE. Enfin je crois. Toujours est-il que je n’ai pu qu’annuler mon rendez-vous justificatif à l’appui, il faudra que je revienne demain pour obtenir mon imprimé fourni par une conseillère très sollicitée ce matin.

Je connais le chemin, je reviendrai demain. En sifflotant dans ma tête.

295ème jour: exclamation(s)

Ce mois-ci, Pôle avait décidé que nous nous verrions.

Ce n’est là qu’un infime détail de l’été qui s’achève. Pôle, au bon milieu de ma semaine de vacances, m’écrivait pour me dire  que le mois de septembre nous permettrait de faire un point sur ma situation. Je n’étais plus à cela près mais cette correspondance reçue par mail était encore une fois la preuve que Pôle ne savait plus où il en était. Je me permets de transférer tout cela vers le présent, Pôle ne sait pas où il en est. Le fait de demander à me voir n’est pas le problème, d’autant que chacun sait que je n’ai pas besoin d’une invitation pour me rendre en agence. C’est plutôt le timing, le problème. Car à la date où Pôle souhaite me voir pour faire ce fameux point sur ma non moins fameuse situation, après-demain pour être précis, il serait bon pour lui et ses petites affaires qu’elle soit claire. Ma situation. Me voilà convoqué à quelques jours seulement de ce qui pourrait être ma rentrée scolaire. Ou à quelques jours d’une sérieuse déconvenue, je dois l’avouer, dans laquelle Pôle aura joué un rôle majeur. En somme, les ordinateurs de Pôle ont une nouvelle fois démontré que leur choix d’une date de manière aléatoire n’avait aucun sens face aux projets des différents administrés que nous sommes. Les conseillers face à ces ordinateurs ayant pour consigne de ne réfléchir que de manière aléatoire également, il faut être moralement très solide, et accessoirement non-violent extrémiste, pour garder les idées claires.

INTERRUPTION DU BILLET

Breaking news, comme disent ceux qui veulent rentabiliser l’option « anglais renforcé » prise au collège, celle qui ne laissait que trente minutes pour la cantine, une fois par semaine.

Croyez-moi sur parole. J’ai décidé en direct de modifier l’objet de ce billet. J’allais parler de qui vous savez, de cet entretien qui m’attend après-demain avec ma conseillère personnelle mais puisque vous avez lu le premier paragraphe, vous aviez déjà saisi. Mais voilà. Une actualité brulante est venue bousculer mon après-midi mais également un bout de ma vie sans doute. J’ai quelque peu provoqué cette situation en posant une question quelques minutes plus tôt à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat. Par mail. La réponse n’a pas tardé à arriver. Alors voilà, c’est fait. Mon dossier de demande de formation dans le cadre du Plan Régional de Formation a été retenu. Oui, c’est fait. Je vais intégrer une classe de CAP Pâtissier et faire ma rentrée scolaire dans quelques jours. Ne vous y trompez pas. S’il n’y a aucun point d’exclamation dans l’annonce de cette nouvelle tant attendue, c’est parce qu’ils sont tous dans ma tête, dans mes yeux, dans ma voix. J’ai évidemment explosé de joie en apprenant cette nouvelle. Oui, je vais intégrer une classe de CAP Pâtissier et faire ma rentrée scolaire dans quelques jours. Je suis d’ores et déjà convoqué jeudi, dans trois jours, pour la réunion de rentrée. Mon premier jour est quant à lui fixé à la semaine prochaine. Je ne sais pas si vous imaginez que je n’imagine pas encore. Une étape clé de ma reconversion professionnelle vient de se solder par un succès. Voilà, c’est fait. Et si je reste humble et sobre malgré l’excitation intense qui s’est emparée de moi, c’est parce que tout reste à faire.

Evidemment, je vais certainement éprouver l’envie de revenir plus en détails sur cet évènement du jour. Je suis encore sous le coup, à chaud, je ne sais qu’en dire ou qu’en penser. Mais d’ores et déjà, j’ai au moins deux messages à faire passer. Le premier pour Pôle. Non, je ne viendrais pas au rendez-vous dit « obligatoire » avec ma conseillère et j’aurais même l’élégance de venir te le signifier dès demain, en personne, en t’en donnant les raisons. Le second message est pour vous, très chers lecteurs. Je crois que nous allons bientôt nous quitter.

!!!!

288ème jour: à rebours

J’attends toujours.

Vous vous demandez sans doute ce que je fais entre deux billets. Mais si, bien sûr que vous vous le demandez. Non ? Allez, puisque vous êtes chez moi, on va dire que vous vous le demandez. Six jours sont passés depuis mes dernières nouvelles. Enfin quand je dis « nouvelles », n’y voyez aucun lien avec une quelconque forme de nouveauté sous le soleil de l’été indien. Comme je veux montrer que je suis un bon élève, sur le retour certes mais bon élève quand même, j’attends. Sagement. Enfin plus ou moins sagement si vous décidez de prendre en considération cette sombre affaire de carton rouge dont je ne vous referais pas le paragraphe. Assis dans la salle d’attente de mon avenir professionnel donc, je ne joue pas au football puisque je n’en ai pas le droit jusqu’aux prochaines instructions. Mais je pâtisse. Ah ça oui, je pâtisse. Je fais mes devoirs à l’avance d’une certaine façon. Je fais comme si.

Demain, c’est la seconde réunion d’information collective au sujet du CAP Pâtissier. Si elle se déroule comme celle à laquelle j’étais convié, une trentaine de personnes actuellement sans emploi va apprendre que sa volonté de reconversion professionnelle ou plus simplement de formation a un prix. Au sens propre comme au sens figuré. Un prix qu’aucun  d’entre nous ne saurait régler d’un point de vue financier, le prix à payer pour sortir du chômage. Et trois places à prendre, souvenez-vous. A partir de demain, ou après-demain peut-être, je ne suis plus à cela près et je vous fais grâce de la petite monnaie, je suis susceptible de recevoir une réponse. Par courrier postal. En y repensant, je me dis qu’il serait bienvenu de ma part de prévenir mon facteur que je vais peut-être le détester bientôt. Ou l’aimer plus qu’il ne faut, au point de lui acheter chaque année des cartons entiers de calendriers à la gloire de chats en tous genres. Quel que soit le résultat, il n’y sera pour rien mais comme je le vois tous les jours mieux vaut pour lui que tout se passe bien.

Des oreilles sifflent. Les miennes, celles de Pôle.