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228ème jour: oh holiday

Demain, je pars en vacances.

Je suis comme ça moi, aux portes du dénouement, je pars en vacances. Bon, je ne pars pas au bout du monde, tout au plus à trois heures de chez moi, mais je pars. J’ai tout de même pris mes précautions avant le départ en regardant si Pôle proposait une case à cocher concernant les départs en vacances de ses disciples, mais non, rien. Il veut savoir si j’ai été en stage, en formation, en arrêt maladie, mais s’il s’agit de vacances il laisse une part d’intimité. Petite parenthèse, qui sont les chômeurs qui déclarent avoir été en arrêt maladie durant le mois écoulé ? Et surtout, pourquoi ?

D’une certaine façon, je me dis que les vacances peuvent me permettre de couper avec la tambouille administrative dans laquelle je baigne. Mais à vrai dire je ne suis pas dupe de ce que je me raconte. Je sais parfaitement que chaque jour je vais penser à ce CAP Pâtissier auquel je ne suis toujours pas inscrit, à ma conseillère à qui je pourrais adresser une carte postale, à mon camion, à demain, après demain… Ce qui serait d’une drôlerie extrême, c’est qu’au bout du compte, ou du rouleau, Pôle s’aperçoive qu’il a besoin de moi en urgence pour cette fameuse inscription. L’histoire d’une signature ou quelque chose de ce genre à la fois insignifiant et indispensable à caractère obligatoire. Voire éliminatoire. Ce serait alors un feu d’artifices en léger différé de la fête nationale, un superbe point final, ou plutôt poing final. Je m’attends à cela, et pour être franc je m’attends à tout. J’attends tout court d’ailleurs, depuis 228 jours.

Pôle, en vacances j’oublie rien. Tu n’en as rien à faire du tout.

PS : vous n’aurez peut-être pas de nouvelles de moi durant une semaine. Vous allez voir ce que ça fait !

225ème jour: voilà l’été

Selon l’adage, ce n’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer son blog.

C’est l’été. En théorie tout du moins. Alors même si la météo use de son esprit de contradiction en se grimant ponctuellement en automne, les rythmes de travail dans certains bureaux me rappellent que l’heure est aux vacances. Evidemment, moi, chômeur comme je suis, je n’ai senti aucune différence puisque les vacances, c’est tous les jours. Et payées en plus ! C’est sans doute ce que doit se dire Pôle, minimisant ainsi sa nullité en se chantant qu’en fin de compte je ne suis pas si mal loti, moi qui perçois chaque mois sans rien faire d’autre qu’une actualisation ce que certains ont peine à gagner derrière la caisse d’un fast food. Quand je disais « nullité », je parlais bien entendu du néant, du rien, du vide. Pas du nul au sens mauvais, même si je vous l’accorde, la frontière est mince. D’ailleurs il n’y a plus aucun douanier depuis longtemps.

Tellement l’attente est longue, j’en oublie presque parfois que je veux devenir pâtissier. C’est d’ailleurs agréable car je revis plusieurs fois par semaine cette sensation d’avoir une excellente idée. Je continue ma route chaque jour avec cette crainte permanente de faire tout cela pour rien, cette conviction que je ne maîtrise pas et que je dépens exclusivement d’un conseiller, d’une conseillère, pour qui je suis simplement un numéro d’identifiant. Ce type de pensées constitue le refrain de mon aventure. Si c’est un refrain, la chanson est plutôt dramatique et je préfèrerai écrire des couplets qui riment avec #Gourmandièse plutôt qu’avec tout le reste, tout ça, ces 224 jours précédents. Inutile donc de préciser que je ne suis toujours pas inscrit au CAP Pâtissier, inutile également de constater qu’il n’y aurait plus rien d’étonnant au fait que Pôle finisse par ne pas m’inscrire à cette formation. Vraiment plus rien d’étonnant. Du tout. Mais bon, il fait soleil. Enfin parfois.

Les absents ont toujours tort, ma conseillère est une absente. Je vous laisse conclure. Enfin, si vous êtes encore là.

217ème jour: du pareil au même

Il y a des sommets que l’on pense ne jamais atteindre, dont on ose même pas rêver pour ne pas avoir à se réveiller ivre de joie aux côtés d’une déception dont on a oublié le prénom. Et c’est bien évidemment parce qu’on ne s’attend pas à réaliser ce qui s’apparente à un exploit que la satisfaction est bien au-delà de tout. Oui de tout, tout simplement.

Lors de notre dernier échange, aussi indirect soit-il puisqu’il s’agissait d’un message sur mon répondeur, Pôle m’a démontré par le menu que son ramage ne rapportait à rien mon chômage. Je suis le phénix condamné à renaître de ses cendres après chaque entretien avec un conseiller, le petit poucet quand Pôle est l’hôte de ces bois. Comment pourrais-je faire plus fort, plus haut, plus beau, comment pourrais-je aller plus loin que ce dernier message laissé par ma conseillère, tant sur le fond que sur la forme ? Pôle réalisait déjà d’excellentes performances lorsqu’il s’agissait de me ralentir dans mon projet, voilà que désormais il est en passe de me couper le verbe sous le pied. J’étais le narrateur, le héros, le personnage principal, je régalais chaque lecteur de ma plume à la fois drôle et tranchante, j’étais adulé pour ma sobriété, ma simplicité et ma modestie, et voilà que je me fais voler la vedette par ma conseillère. En à peine plus d’une minute de message vocal, elle avait tout. Les mots justes, le ton, le débit, les vannes courtes et précises qui mènent à une chute d’un genre qu’on ne fait plus. Bref, la blague à l’état pur, à l’ancienne. Et me voici sans voix, sans mot, en train d’attendre le prochain spectacle, ne serait-ce qu’un seul sketch. Je suis remis à ma place à la suite d’un simple appel téléphonique, il y a du talent chez Pôle, quoi que j’en dise. Je me dois de l’accepter.

Comme si la leçon n’était pas suffisante, la suite prenait des airs de running gag. Mon frère, qui actuellement doit prendre quelques informations auprès de Pôle, me racontait son dernier entretien avec sa conseillère. Celle-ci a eu tout le mal du monde a répondre à une question, soufflant un coup le chaud, puis le froid, voire le tiède, soufflant tout court même sans doute car empêtrée dans son ignorance sur un sujet pourtant essentiel de son métier. Oui, son métier. Mon frère a donc décidé en accord avec lui-même qu’il allait se débrouiller. J’en conviens, les grandes lignes de cette anecdote ne font pas un running gag. Alors voilà. La conseillère de mon frère est aussi ma conseillère. La même. Maintenant que vous la connaissez, vous savez que c’est un génie, alors un conseil : ne frottez pas la lampe.