Tout ça, pour ça. 

Aujourd’hui, j’étais le numéro 43. Comme chez toi Pôle, aujourd’hui je n’étais pas moi, Yohan Grangier, 31 ans (bientôt 33 d’ailleurs, mais je t’expliquerai), futur reconverti professionnel. J’étais 43. Je passais mon examen, l’épreuve pratique du CAP Pâtissier. Ce fameux diplôme, cette qualification convoitée qui nous a permis de nous retrouver toi et moi, à intervalles plus ou moins constructifs et réguliers durant 300 jours. Et quelques.

Tout ce que j’ai fait durant les neuf derniers mois, je l’ai fait pour aujourd’hui. Il ne s’agit pas de l’unique épreuve pour obtenir le diplôme mais soyons sérieux, celle-ci est tout de même capitale. Je l’ai abordé avec la dose de stress réglementaire, ce matin dès 7 heures. Quelque chose comme de la tranquillité est revenue une fois que j’ai eu enfilé ma tenue, le plus dur restant pourtant à venir. J’avais désormais 6h30 pour réaliser 4 préparations différentes, de la brioche, une tarte au chocolat et à la banane, une charlotte à la poire et aux framboises et des Paris-Brest individuels. Je vais te faire grâce des détails de ma journée mais je te dirais quand même que tout a plutôt bien débuté, puis soudain je ne contrôlais plus grand chose et surtout pas la montre, j’ai eu à me battre contre un fond de tarte réfractaire, contre les lois de la congélation, celles de la cuisson, j’ai eu à me battre un peu contre moi aussi. Le stress réglementaire avait dépassé les limites que j’aurais voulu lui fixer. Mais finalement, j’ai tout sorti comme on dit. Et je parle des produits demandés bien entendu, ne va pas t’imaginer que j’ai tenté de jouer d’un atout pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes. En fin d’épreuve et dans le temps imparti, sur ma plaque de présentation il y avait bien les brioches, les Paris-Brest, la tarte chocolat-banane et la charlotte poire-framboises. Non, mes réalisations n’étaient pas comme je voulais, mais après m’être piégé moi-même, j’ai du me résoudre à faire comme je pouvais. Tout était là et la partie des questions orales s’était très bien passée.

J’ai lu il y a peu que la pâtisserie, c’est l’école de l’humilité. Pour une fois dans ma vie, je n’ai pas cherché à être le meilleur. J’étais là pour aller jusqu’au bout de mon engagement, pour obtenir ce diplôme pour lequel j’ai remué ciel et terre. Ton ciel et ta terre Pôle, en particulier. J’ai rempli une partie de mon objectif car je ne crois pas avoir été le meilleur aujourd’hui. Je vais tout de même me laisser aller à un pronostic et penser que j’ai fait le boulot. Perfectible certes, mais fait.

Es-tu fier de moi Pôle ? Non, pas encore tu as raison. Il me reste encore 2 épreuves cette semaine et les résultats ne seront connus qu’en juillet. Il me tarde que tu sois fier de moi.

Sincèrement, ton 43.

4 réflexions au sujet de « Tout ça, pour ça.  »

  1. Coucou yohan ! C’est moi, Lucas le chiant d’apprenti qui fessait la course avec toi dans le vestiaire pour etre le premier a etre changer tu t’en souviens ? ^^ bref, je voulais te feliciter pour ton parcours ! Et Te dire que tu la meriter ton C.A.P bisous.

  2. Bonjour Yohan (si je peux me permettre). Je t’ai déjà contacté il me semble, car comme toi je bosse dans la com, et comme toi je suis passionnée de pâtisserie… Mais je n’ai pas laché mon job actuel, je me suis « formée » à la msn, le soir, en candidate « libre ». J’ai passé moi aussi l’épreuve tout récemment (lundi) et je me retrouve bien dans ton récit. Je me sentais prête mais stressée, j’ai tout sorti, mais tout était perfectible. On a du te dire qu’en plus de la patisserie, tu as des talents d’écriture ! J’en suis convaincue. Je te souhaite bonne continuation avec #Gourmandièse. Vas-tu continuer en BacPro ?
    Surtout, continue tes récits, cela nous donne des nouvelles et un petit sourire chaque fois !

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