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Détour aux sources

Moi qui pensais avoir réussi à me détacher de toi. Tel épris qui croyait prendre…

Ce matin, Pôle, je revenais gratter à ta porte tel un amant déchu persuadé d’avoir trouvé son souffle au travers d’une âme sœur qui ne daigne lui adresser ne serait-ce qu’un regard. Inconsciemment, ou con tout court, peut-être étais-je en train de vouloir revivre nos premières amours. Oui Pôle, ce matin, je suis venu me réinscrire. Chez toi. Dans cette agence qui a fait de toi et moi un Nous. Mais pourquoi me diras-tu? Pourquoi m’infliger une telle épreuve si notre amour ne peut exister? La réponse est dans tes procédures. Jusqu’ici tu m’avais caché, tu avais pris grand soin qu’on ne me remarque pas parmi tous tes chômeurs de plus ou moins longue durée. C’est simple, je n’existais pas. Ce matin, j’avais décidé de m’affirmer et d’exiger un respect à la hauteur de mon rang. Celui de chômeur donc, de plus ou moins longue durée. Ma formation en CAP Pâtissier s’est achevée il y a quelques jours, cette étape de neuf mois pendant laquelle j’ai tenté de t’oublier. Mais rassure-toi Pôle, je ne compte pas rester, en tout cas pas longtemps. Le temps cependant de prendre tout ce que je peux dans la mesure de ce qui peut me revenir grâce à tes protocoles. Par exemple, la prise en charge du Stage Préalable à l’Installation (SPI), ce stage obligatoire pour tout artisan voulant s’installer. Tu m’avais dit que je pourrais y prétendre une fois ma formation terminée, c’est désormais le cas, me voilà. À l’accueil j’ai eu la chance de tomber sur ma conseillère préférée, car oui j’en ai une qui est ma préférée. Elle m’a remis tous les documents utiles pour cette fameuse prise en charge du SPI, elle a fait ça elle-même voyant que l’attente pour que je vois quelqu’un était… longue. C’est tout naturellement que j’ai à mon tour bondi sur cette énergie positive en me rendant sur le champ faire signer ces papiers à la Chambre des Métiers à quelques kilomètres de là, avant de revenir chez toi Pôle pour remettre lesdits papiers signés en bonne et due forme à ma conseillère préférée qui l’était toujours et qui était encore là. Le tout sur mon cheval blanc, évidemment.

Je suis de retour Pôle, nous sommes réunis pour le meilleur et tu connais la suite.

267ème jour: règle de trois

Trois. C’est le nombre de places à prendre pour intégrer le CAP Pâtissier édition 2014-2015. Trois. Aujourd’hui nous étions dix candidats, ils seront peut-être autant lors de la prochaine session et il n’y a que trois places à prendre. Le décor est planté.

Aujourd’hui était l’un des jours principaux de ma reconversion professionnelle. J’étais convoqué à une réunion d’information collective au sujet du CAP Pâtissier puis à un entretien individuel. Hier, avec tout l’optimisme qui me caractérise, je m’imaginais sortir de tout cela confiant, pourquoi pas même rassuré, en tout cas très positif. A l’instant même où j’écris ces lignes, je me sens dans un tout autre état. Je me dois de constater que l’attente la pire vient à peine de commencer. Elle a débuté dès que j’ai refermé la porte du bureau dans lequel j’étais reçu pour mon entretien individuel. Face à moi, il y avait la responsable du centre de formation d’apprentis de la chambre des métiers et une conseillère de Pôle. Oui, bien sûr, Pôle était là. Lorsque j’ai pénétré dans le bureau, avant même de m’être assis face à mes interlocutrices, il m’a été demandé de « faire vite et d’aller à l’essentiel ». Mon empathie naturelle et mon humour tout terrain ont pris le soin de répondre pour moi en demandant si je prenais tout de même le soin de m’asseoir. Je souhaitais briser une certaine forme de tension née sans doute d’un manque de temps dont je me retrouvais victime, moi comme les autres candidats je n’en doute pas, avec un bon mot de manière à ce que nous partions sur de bonnes bases. Mais dans le même temps, en quelques secondes et tout en finissant par m’asseoir, je me suis remémoré les 266 jours précédents, les nombreuses difficultés, les virages à négocier, les embûches et autres douceurs  qu’il m’a fallu affronter, moi comme les autres candidats je n’en doute pas non plus, et j’ai trouvé dur que tout cela trouve pour accueil un « soyez bref, allez à l’essentiel » avant même que j’ai ouvert la bouche. Comme à mon habitude je ne jette pas la pierre et me contente d’un constat, à l’amiable de préférence.

Alors j’ai essayé d’être bref et d’aller à l’essentiel. Un mot sur ma carrière passée, un mot sur pourquoi la pâtisserie, un mot sur #Gourmandièse, mes motivations, mes ambitions, à court, moyen et long terme. Je n’ai pas vraiment eu l’occasion d’évoquer ma pratique de la pâtisserie si ce n’est en évoquant, en un mot toujours, ma période de stage en entreprise. Il est vrai que j’avais décidé de mettre en avant mon projet de création d’entreprise car à quoi bon démontrer que l’on est déjà un excellent pâtissier lorsqu’on postule pour apprendre le métier ? Il est entendu que je ne suis peut-être pas celui d’entre les candidats qui a vécu le plus d’expériences professionnelles dans la pâtisserie mais est-ce vraiment un critère ? Faut-il être déjà un pâtissier confirmé pour postuler à l’apprentissage du métier ? Cela dit rien ne m’a été reproché à ce sujet mais je me suis tout de même interrogé suite à je ne sais plus quelle allusion de l’une de mes jurées du jour. Ces réflexions me rappellent que j’ai encore beaucoup de questions,  peut-être plus à vrai dire. Quels vont être réellement les critères de choix ? Est-ce l’initiative qui suivra la formation, la situation personnelle du candidat, ses difficultés à venir, ses « facilités » potentielles pour rebondir ? Est-ce que l’on sait réellement ce qui fait qu’un postulant monte sur le podium ? Les réponses à ces questions n’ont aucun intérêt, le fait même de se poser ces questions n’a à lui seul aucun intérêt. Il y a trois places à prendre. Trois.

Je ferais peut-être partie des heureux élus, je le souhaite vivement bien entendu, il va falloir attendre trois bonnes semaines avant de le savoir. Trois, encore. Cette reconversion professionnelle, la mienne, a débuté par le plan A du FONGECIF dont vous connaissez l’issue puisque vous êtes ici, à lire, chaque jour ou presque. Le plan B c’était aujourd’hui avec le Plan Régional de Formation, un aujourd’hui dont le contexte pousse à envisager un plan C. Ne serait-ce que pour être prévoyant.

Allez, je continue. A 3 on y va. 1… 2… 3.

204ème jour: vous n’avez pas de message

Vous vous souvenez de Madame Machin de la Chambre des Métiers. Mais si, Madame Machin c’est comme ça que le dernier conseiller de Pôle que j’ai rencontré a rebaptisé, avec de la délicatesse plein les yeux et de l’amour dans la voix, la personne qui suit mon épopée à ladite Chambre des Métiers. Cette dernière, qui elle n’a pas de « conseillère » que le titre, je l’ai contacté aujourd’hui. Je voulais savoir si elle avait reçu de la part de Pôle les informations qu’elle attendait à mon sujet. Ca y est, ça vous revient ? Je m’étais déplacé chez Pôle lundi dernier pour lui demander si dans sa grande bonté et en fonction de son emploi du temps que j’espère à son goût il pourrait avoir l’amabilité de transmettre à la Chambre des Métiers quelques informations de mon dossier. Rien de plus que mes coordonnées et ma situation actuelle. Non, rien de plus. Soudain, je sens que vous me voyez venir. Alors oui, enfin plutôt non, après huit jours ni Pôle ni personne d’autre n’a trouvé le temps d’envoyer ce fameux mail, cet envoi de caractères au format binaire transféré par l’internet qui aurait parfaitement rempli son rôle même en style télégraphique n’aura donc pas trouvé son expéditeur. Personne. Personne y compris dans la demi-douzaine de conseillers que j’ai déjà rencontré, à raison d’un par mois en moyenne depuis décembre dernier. C’est regrettable. Surtout pour moi. C’est regrettable mais je pense tenir une explication a priori taquine mais somme toute absolument plausible. Je sais de source sûre, puisque interne, que Pôle envoie son courrier postal en tarif lent. Il est maintenant clair que la même politique, interne toujours, s’applique au courrier électronique.

Il y a tout de même du drôle dans tout cela. En me répondant qu’elle n’avait reçu ni mail, ni courrier traditionnel, ni morse, ni pigeon voyageur, bref rien, ma conseillère de la Chambre des Métiers me demande s’il s’agit de la personne qui l’a rebaptisé « Madame Machin » qui doit lui envoyer les informations attendues. Elle précise entre parenthèses que l’une de ses collègues lit ce blog, ceci expliquant cela. Voici comment elle fut informée de son nouveau sobriquet.

Finalement, j’alimente les conversations chez Pôle comme à la Chambre des Métiers, des journalistes en tout genre me contactent pour parler de mon parcours, j’ai sans cesse de nouveaux contacts, je mets des personnes en relation… Je me demande si finalement je ne suis pas fait uniquement pour la communication. Comment appelle-t-on un reconverti qui après sa reconversion décide de se re-reconvertir pour revenir à la case départ ? Un déconverti ?