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135ème jour : en bas de page

Cet après-midi, j’ai tout mangé le chocolat. Mais pas n’importe lequel et pas n’importe où. Je suis allé dans la chocolaterie qui m’accueillera en stage le mois prochain pour signer le planning de mes jours et heures de travail. Comme il s’agit d’un document à retourner à Pôle, vous aurez compris par vous-même qu’il n’est absolument pas envisageable d’oublier une signature, une virgule, un accent. Vous ajoutez à cela mon envie pressante de mettre les points sur les i et vous obtenez un document en bonne et due forme que j’irai déposer moi-même chez Pôle. Si je suis d’humeur joyeuse, je demanderai à voir directement le directeur de l’agence pour lui remettre ce document en mains propres, lui qui depuis hier est devenu « mon contact » et s’inquiétait pour moi, il sera sans doute très heureux de me voir. Pour la première fois d’ailleurs. Concernant cette convention de stage, ce qui est très curieux c’est ce que m’a dit le chocolatier au sujet de la signature manquante :

Le chocolatier : « il faut qu’on fasse gaffe parce que si on oublie le moindre truc ils sont capables de tout interrompre ».

Il ne me dit pas tout, mais je crois qu’il connait très bien Pôle.

Aujourd’hui j’ai également revu les pâtissiers, dont le chef, qui m’ont accueilli lors de mon premier stage. Comme ils n’ont pas changé de chemin en m’apercevant, comme ils sont tous venus me saluer et même discuter pour ce qui est du chef, je me dis que je n’ai pas du laisser une trop mauvaise impression. Ou alors ils peuvent aussi envisager une reconversion professionnelle pour devenir comédien.

109ème jour : ne pas finir chocolat

Je vais devoir revenir chez Pôle. Oui, encore. Re-revenir donc. Et lundi de préférence, pour être certain de débuter la semaine de la meilleure manière.

Vous vous demandez sans doute pourquoi je m’inflige cela. Non je disais, vous vous demandez sans doute pourquoi je m’inflige cela. Mais peut-être bien que vous ne vous demandez rien du tout. Si j’ai décidé de revenir chez Pôle, car oui je l’ai décidé, c’est tout simplement parce que. Tout simplement parce que, et je sens moi-même tout comme vous  à cet instant ce suspens insoutenable, tout simplement parce que j’ai trouvé un deuxième stage. Oui, je sais à quel point cela doit vous faire plaisir. Avant-hier, j’avais passé un coup de fil dont je m’étais bien gardé de vous parler, mon sens inné pour les surprises, et ce soir j’avais rendez-vous. C’est un chocolatier qui me recevait, plus exactement deux artisans associés qui ont ouvert récemment de nouveaux locaux comprenant une boutique et un laboratoire. J’ai pu discuter avec l’un, puis avec l’autre et enfin avec les deux, et tout comme avec les pâtissiers que j’ai rencontré précédemment, la conversation fut des plus enrichissante. Encore une fois, je fus pris par l’envie de demander une dérogation pour que ce soit eux mes conseillers à la place de ceux de Pôle. Je suis tombé sur des personnes qui m’ont interrogé sur mon parcours, sur le pourquoi du comment, des personnes qui se sont intéressées, qui voulaient connaître mes motivations, des personnes qui tentaient peut-être de savoir si je n’avais rien d’autre à foutre que m’engager dans une reconversion professionnelle. Le pire dans tout cela, c’est qu’en plus ils avaient l’air de trouver mon projet à la fois réalisable et intéressant. Avec du travail, évidemment. A un moment, j’ai hésité à pleurer mais je ne me mouche pas le premier soir.

Après quelques amabilités, mes désormais chocolatiers préférés me proposaient trois créneaux pour m’accueillir en stage durant le mois de mai. Des créneaux certes mais il serait peu sérieux de faire marche arrière. Voici comment en quarante-cinq minutes de rendez-vous il m’a été possible de présenter mon aventure dans son intégralité et de recevoir des propositions concrètes.

Du coup lundi, je vais chez Pôle avec mes dates. Et je lui apporte un mode d’emploi.