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4ème jour : déformation professionnelle

Lorsqu’une idée décide de faire son nid dans ma tête, je fais partie de ceux qui vont tout mettre en oeuvre pour lui construire une voie royale vers la concrétisation. Cependant, par pudeur, je vais garder pour moi le ratio mauvaise idée/bonne idée, tout en étant convaincu qu’il en faut bien des mauvaises pour savoir que les bonnes… sont bonnes.

C’est donc tout naturellement que j’ai commencé à chercher comment devenir pâtissier quand aucune de mes expériences professionnelles n’a de lien avec ce métier. Tout d’abord, sachez-le, c’est POSSIBLE. Sur un plan purement administratif, la reconversion professionnelle existe et n’est a priori pas associée à une forme de démence ou à un quelconque trouble de la personnalité. Sauf peut-être dans certains cas précis dont j’ignore l’existence à cet instant.

Le Congé Individuel de Formation. Voici celui qui attire mon attention le premier. Egalement connu sous le petit nom de CIF, voici en quoi il consiste : vous pouvez justifier de 24 mois en tant que salarié du secteur privé, en CDI, depuis 12 mois minimum dans la même entreprise laquelle relève du champ de compétences du fond de formation (Fongecif Aquitaine dans mon cas). Si vous remplissez chacune de ces conditions, vous êtes potentiellement l’heureux élu d’un Congé Individuel de Formation d’une durée d’un an. Waoh. Le tout cependant soumis au bon vouloir de votre patron. Alors je résume et j’applique la formule à mon cas :

– CDI : OK
– 12 mois d’ancienneté : OK
– Entreprise relevant du champ de compétences du CIF : OK
– Bon vouloir du patron : ne se prononce pas

Est-il bien utile que je m’étende sur le fait que le CIF constituait pour moi cette fameuse voie royale mais qu’au péage il y avait la rupture conventionnelle de contrat et que j’ai quitté mon travail, etc…? Pour quelques retardataires peut-être ? L’employeur peut, sans trop avoir à se justifier d’ailleurs, refuser une telle demande de congé. Mon employeur à moi a préféré refuser que mon contrat se poursuivre. Je suis bien bête, c’est vrai que c’était beaucoup plus simple comme ça. C’est dans des moments comme celui-là que l’on comprend pourquoi le chef est chef.

J’ai alors profité du temps consacré aux rassemblements de mes affaires pour chercher un plan B, voire un plan C, tout en remerciant l’alphabet pour sa grande bonté. A défaut de voie royale, je me suis dis qu’un bon itinéraire bis finirait bien par me mener à destination. Je quitte alors l’autoroute et, largué en rase campagne, je décide de m’arrêter à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat. Une escale à la fois indispensable et enrichissante. Je rencontre un monsieur-réponse-à-tout fabuleux qui m’explique, me conseille, me guide. En deux rendez-vous, me voilà avec un nouveau plan, une boussole, paré à reprendre la route. Et devinez quoi : mon prochain interlocuteur, mon futur conseiller en terme de financement de formation, sera… Pôle Emploi. Il me tarde.

Note bene : vous êtes un reconverti professionnel, un actif, un passif, vous êtes simplement quelqu’un ou même encore vous êtes mon ex-patron, ne partez pas sans laisser un petit mot.