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6ème jour : ne pas se faire de bilan

Aujourd’hui c’est dimanche. A moins que votre soirée d’hier ne se soit achevée que cet après-midi, vous n’avez pas attendu de lire ce billet pour le savoir. Il est évidemment prématuré pour moi d’évoquer une quelconque forme de « bilan de la semaine », j’ai quitté mon travail mardi dernier seulement, solde de tout compte en poche depuis hier et pas encore ré-immatriculé au registre national des demandeurs d’emploi. A cet instant, je ne suis pas encore complice de la non-inversion de la courbe du chômage.

Pourtant, sans parler de bilan, ces derniers jours ont vu naître quelques réactions au sujet des différents billets, ainsi que ça et là sur Facebook et Twitter (cette phrase n’est pas sponsorisée). Je n’en doutais pas, mais c’est maintenant confirmé, je ne suis pas le seul à me jeter dans le grand bain de la reconversion professionnelle, sans brassière, même pas peur d’ouvrir les yeux sous l’eau. Un ami avec qui j’ai partagé mon épopée lycéenne a décidé de passer de l’éducation nationale à la carrosserie-peinture. Un illustre inconnu, rencontré de manière électronique sur les réseaux sociaux, m’a fait part de sa situation similaire à la mienne : rupture conventionnelle de contrat puis reconversion. J’ai lu ou entendu également des messages de soutien, des encouragements mais aussi pas mal de « je ne m’en fais pas pour toi ». Cette dernière formulation, que je classe bien entendu dans la colonne des « plus », provoque systématiquement en moins une seconde d’inquiétude, peut-être une peur de décevoir. Et puis ça passe. Dès la seconde suivante je transforme tout ça en une pression positive, un torrent supplémentaire à mon moulin.  D’ailleurs : moulin-blé, blé-farine, farine-pâtisserie. CQFD.

Je vous ai déjà parlé de mon monsieur-réponse-à-tout de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat et je crois bien que je n’ai pas fini de le citer. C’est grâce à lui que j’ai pu récupérer le programme de ma formation, le CAP Pâtissier, étape n°1 de ma reconversion professionnelle. Tout d’abord, je passerai ce diplôme en un an au lieu de deux, comme toutes les personnes titulaires au minimum d’un baccalauréat. Au collège, j’avais besoin de simuler pour obtenir une dispense de sport quand il fallait aller à la piscine, vingt ans plus tard, on me dispense de français et de maths sans que je ne demande rien. C’est aussi ça, l’expérience. Ensuite, mon année scolaire sera composée de 21 semaines en centre de formation et 16 semaines en entreprise. Voilà pour les grandes lignes. Mais, car oui il y a un « mais » tout comme il y a un hic, le calendrier fait couac. Dans la mesure où l’on s’est arrangé pour se faciliter ma sortie (lire les épisodes précédents), mon échéancier tel que je l’imaginais ne tient plus. En effet, la rentrée scolaire se fait en septembre, nous sommes en décembre, ce qui me laisse une bonne gestation avant d’acheter mon nouveau cartable. C’est long. Et je crois que c’est un problème. Quand je pense que par le biais du Fongecif je serais parti en formation en septembre 2014, sereinement, en bénéficiant toujours de mon salaire, lequel était remboursé à mon employeur… Je suis d’ailleurs sûr que nous cotisons tous pour ce droit. Mais on refuse souvent de voir le visage de son bourreau surtout lorsqu’il se cache sous le flou artistique d’un bulletin de salaire. Alors on se contente du morceau tombé après le passage de la lame, on le récupère dans la case en bas à droite. Et on réitère le mois suivant.

Yohan, tu dors, ton moulin bat trop fort.