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19ème jour : interrogation écrite

Après avoir dormi sur ma notoriété de la veille, j’ai repris mes pérégrinations, laissant derrière moi cette expérience de chômeur médiatisé à l’échelle locale.

Me voici à l’étude de deux sujets auxquels j’ai eu la sensation qu’il fallait que je m’intéresse de près. Pour garder votre attention en éveil tout en perturbant vos repères, je vais commencer par évoquer le deuxième. Le second, si vous préférez. Vous suivez ?

Il est évident pour moi qu’avec ce projet de reconversion professionnelle je pars de très loin. D’ailleurs, du moins pour l’instant, je fais le voyage à pied entre le point A et le point mort. Comment passer à la vitesse supérieure si Pôle me fait le coup de la panne ? La meilleure option semble être de continuer à faire du stop, brandir fièrement mon panneau de direction en carton, en souriant aux passants et en mettant un pied devant l’autre. C’est de cette manière que j’ai découvert le statut de « candidat libre » dans le cadre du CAP Pâtissier. Libre de quoi, c’est ma première question. Imaginons. Je ne peux prétendre à un financement digne de ce nom, ce fameux sésame me permettant d’accéder à ma formation. Vous admettrez qu’à ce jour il est plutôt aisé de se projeter dans cette situation sans avoir à porter l’imagination à ébullition. J’aurais donc la possibilité de m’inscrire à l’examen et de me présenter le jour J en ayant fait l’école buissonnière pendant toute l’année. Mais attention, toi le jeune qui découvre cette hypothèse de scolarité à l’allure de parodie, sache que les choses ne sont pas si simples. Le candidat libre est un travailleur acharné. Il y en a même qui disent qu’ils l’ont vu voler. Dans une telle situation, j’aurais donc à me procurer les cours, m’équiper avec le matériel adéquat pour les travaux pratiques, trouver un stage chez un pâtissier, potasser, pâtisser, potasser, pâtisser… Le tout à domicile, combiné à mes tabliers de super papa et de mari aimant (dans le sens « amour ». Pas « collant »). A ce sujet, grâce aux amis des réseaux sociaux dont je ne pourrais sans doute jamais matérialiser l’existence, j’ai découvert un forum d’échanges sur le « CAP Pâtissier en candidat libre ». La déformation professionnelle aidant, j’ai toujours du mal à faire confiance à une page internet dont la charte graphique semble avoir été réalisée par la moyenne section d’un centre aéré un mercredi après-midi. Passé cet a priori prétentieux, je constate que les différents intervenants de ce forum représentent une source particulièrement fiable. Depuis je me documente, je like, je share, je demande des amis.

Mon deuxième sujet à l’étude, le second, plus exactement le premier si vous avez réellement suivi, se présente sous la forme d’une question. J’ai pris contact avec une personne de ma région qui a crée son activité, la vente itinérante et en triporteur de biscuits réalisés de manière artisanale. Je lui ai demandé si pour la création de son entreprise, il avait du montrer « pâte blanche » en justifiant qu’il était médaillé du CAP Pâtissier. Sa réponse est sans appel : oui, le diplôme est indispensable, celui qui ne le détient pas doit attester qu’il a trois ans d’expérience en la matière. D’où ma question : sachant que le CAP Pâtissier est obligatoire pour exercer la profession, comment peut-on acquérir trois ans d’expérience sans le détenir ?

Vous avez deux heures. Je suis pressé.