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44ème jour : bouchées doubles

J’ai fait ce que j’avais à faire aujourd’hui et je vous défie de pouvoir en dire autant. Vous et vos contrats de travail d’une ringardise absolue. J’ai bouclé ma première candidature pour un stage en pâtisserie, non sans avoir au passage remporter une victoire contre une imprimante réfractaire à la couleur. Dès demain, mon agent infiltré et non moins épouse remettra en mains propres ce dossier complet à la directrice des ressources humaines. Oui, j’emprunte le côté piston de la force, cette méthode à la fois décriée et espérée permettant à un dossier de se retrouver directement dans les mains de l’intéressé sans passer par la fameuse pile d’attente traditionnellement oubliée au coin d’un bureau. Pour certaines choses, je vis avec mon temps.

Un lecteur, beaucoup plus attentionné que la majeure partie d’entre vous, m’a écrit hier. Désormais, je n’ai plus besoin de chercher mes indics, ils viennent à moi. Il s’appelle Benjamin et vient de suivre la formation de CAP Boulanger à l’INBP, l’Institut National de Boulangerie-Pâtisserie à Rouen. La particularité de ce centre de formation, outre une notoriété certaine, c’est qu’il prépare au CAP Pâtissier en 4 mois et demi contre une année scolaire pleine si l’on emprunte un chemin classique. Une formation qui s’adresse aux reconvertis professionnels en devenir et qui affiche un taux de réussite de 94% sur les cinq dernières années. Sur le papier, il n’y a rien à dire, c’est alléchant et sans aucun doute intense. Benjamin précise dans son mail qu’il s’agit d’une « expérience formidable ». En lisant ces mots, je me suis imaginé que les stagiaires devaient être mis en configuration télé-réalité, les caméras en moins (quoique…), une grande famille de pâtissiers pas encore professionnels dont les membres sourient devant et parlent derrière, les meilleurs amis du monde pendant 4 mois et demi. Je crois qu’il faut que j’arrête de regarder la télévision. J’ai demandé davantage d’informations auprès de l’INBP de manière à démentir mes délires télévisuels et j’ai tout de suite pensé à la tête que ferait Pôle si un jour j’avais à lui parler d’un établissement tel que celui-ci. « Il faudrait savoir si la formation est conventionnée… ». J’ai trouvé une autre école proposant aussi un CAP Pâtissier en version accélérée, l’Ecole Française de Boulangerie et Pâtisserie d’Aurillac. Cela ne m’engageait à rien de demander quelques renseignements.

L’ennui c’est que si je trouve une réelle bonne solution, je vais vraiment être obligé de devenir pâtissier.