Archives du mot-clé institut national de boulangerie pâtisserie rouen

45ème jour : s’évaluer en amont

Une directrice des ressources humaines a eu ce matin l’honneur et le bonheur de se voir remettre ma candidature pour ce fameux stage en pâtisserie. J’imagine ce qu’elle a du ressentir. Non je n’imagine pas en fait tellement cela doit être une sorte de point d’honneur  venu se poser sur sa carrière sans qu’elle s’y attende. Elle pensait sans doute vivre une journée normale, c’était sans compter sur mon aptitude à délivrer du bonheur à l’improviste.

Je parle de « stage », je ne devrais peut-être pas car au-dessus il y a Pôle. Dans son langage, on pourrait parler d’EMT, comme Evaluation en Milieu de Travail. Il n’est pas impossible que ce soit l’option que me proposera Pôle quand il apprendra que je ne l’ai pas attendu pour mettre mon pied devant l’autre et recommencer. Je n’envisage pas cela pour ensuite avoir le plaisir de vous parler pendant des heures de mes dons extralucides mais bel et bien parce qu’on m’a déjà évoqué ce programme. Il subsiste cependant un problème, qui en est un en tout cas pour l’instant, l’Evaluation en Milieu de Travail est destinée à un public ayant une expérience récente dans le métier concerné. Comme ce fut souvent le cas avec Pôle, il semblerait que je ne sois pas éligible. Mais ce n’est pas à moi de le confirmer.

L’Ecole Française de Boulangerie et Pâtisserie d’Aurillac m’a répondu. Prem’s. Dans ce genre de cas, l’interlocuteur qui prend son temps pour répondre est souvent celui qui n’est pas à une candidature près, celui dont le ramage se rapporte à son plumage. Je ne me permets pas (encore) de faire la fine bouche et j’étais avant tout ravi de recevoir de la documentation en provenance d’Aurillac, une ville qui n’est pas épargnée par la carte des températures dans les bulletins météo. Dans cette école, le CAP se passe en 7 mois, en contrôle continu, et se présente comme « unique en France ». A l’Institut National de Boulangerie-Pâtisserie de Rouen, le diplôme se prépare en 4 mois et demi avant passage de l’examen. Mais c’est tellement loin Rouen… Et puis on en parle moins souvent à la météo. A Aurillac, la prochaine session débute courant août. En somme, à quelques semaines près, cela me ferait avancer au même rythme que si je décrochais une place dans le centre de formation de ma ville. Vu comme ça, il n’y a aucun intérêt à partir à trois heures de chez moi si ce n’est pour attraper un rhume typique de la région.

Je crois que j’aime bien envisager des options, cela me laisse penser que c’est moi qui choisis.

44ème jour : bouchées doubles

J’ai fait ce que j’avais à faire aujourd’hui et je vous défie de pouvoir en dire autant. Vous et vos contrats de travail d’une ringardise absolue. J’ai bouclé ma première candidature pour un stage en pâtisserie, non sans avoir au passage remporter une victoire contre une imprimante réfractaire à la couleur. Dès demain, mon agent infiltré et non moins épouse remettra en mains propres ce dossier complet à la directrice des ressources humaines. Oui, j’emprunte le côté piston de la force, cette méthode à la fois décriée et espérée permettant à un dossier de se retrouver directement dans les mains de l’intéressé sans passer par la fameuse pile d’attente traditionnellement oubliée au coin d’un bureau. Pour certaines choses, je vis avec mon temps.

Un lecteur, beaucoup plus attentionné que la majeure partie d’entre vous, m’a écrit hier. Désormais, je n’ai plus besoin de chercher mes indics, ils viennent à moi. Il s’appelle Benjamin et vient de suivre la formation de CAP Boulanger à l’INBP, l’Institut National de Boulangerie-Pâtisserie à Rouen. La particularité de ce centre de formation, outre une notoriété certaine, c’est qu’il prépare au CAP Pâtissier en 4 mois et demi contre une année scolaire pleine si l’on emprunte un chemin classique. Une formation qui s’adresse aux reconvertis professionnels en devenir et qui affiche un taux de réussite de 94% sur les cinq dernières années. Sur le papier, il n’y a rien à dire, c’est alléchant et sans aucun doute intense. Benjamin précise dans son mail qu’il s’agit d’une « expérience formidable ». En lisant ces mots, je me suis imaginé que les stagiaires devaient être mis en configuration télé-réalité, les caméras en moins (quoique…), une grande famille de pâtissiers pas encore professionnels dont les membres sourient devant et parlent derrière, les meilleurs amis du monde pendant 4 mois et demi. Je crois qu’il faut que j’arrête de regarder la télévision. J’ai demandé davantage d’informations auprès de l’INBP de manière à démentir mes délires télévisuels et j’ai tout de suite pensé à la tête que ferait Pôle si un jour j’avais à lui parler d’un établissement tel que celui-ci. « Il faudrait savoir si la formation est conventionnée… ». J’ai trouvé une autre école proposant aussi un CAP Pâtissier en version accélérée, l’Ecole Française de Boulangerie et Pâtisserie d’Aurillac. Cela ne m’engageait à rien de demander quelques renseignements.

L’ennui c’est que si je trouve une réelle bonne solution, je vais vraiment être obligé de devenir pâtissier.