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23ème jour : paranormale activité

Jamais je n’aurais pensé qu’un jour une spatule à lisser emballée dans du papier cadeau et déposée au pied d’un sapin ferait de moi un homme heureux. Elle n’a pas de port USB, pas plus de bluetooth ou de wifi, c’est une spatule à lisser des plus traditionnelles. Tactile tout de même, à sa manière. Elle était accompagnée de divers autres ustensiles propres à la pâtisserie. Alors non le Père Noël n’existe pas jusqu’à preuve du contraire, toujours est-il que ces cadeaux ne sont pas tombés du ciel (jusqu’à preuve du contraire également) et que quelqu’un les a forcément posés là. Dans cette affaire, je soupçonne ma famille. Je finirai bien par le savoir.

Grâce à cette orgie de consommation camouflée sous les traits d’une fête religieuse que je critique grassement quand elle ne fait que le bonheur des autres, j’ai fait un pas de plus vers l’aménagement de mon laboratoire de pâtisserie. Notez qu’un laboratoire de pâtisserie n’est pas un lieu dans lequel on teste des recettes sur des souris. Il s’agit plus simplement si vous préférez de la cuisine du pâtisseur en chef, une place centrale. En toute logique, construire autour de moi un tel lieu d’expérimentation est une étape primordiale. Ainsi, compte tenu des divergences d’opinions d’un panel représentatif de 7 à 77 ans concernant un objet volant non identifiée susceptible de se faire tirer par des bourins pour finir dans une cheminée, de mes soupçons tout à fait fondés envers ma famille concernant ces paquets poussant au pied d’un conifère de fête, je demande à tout ce petit monde de se mettre d’accord sur le calendrier de manière à ce que mon laboratoire grandisse à une vitesse plus significative qu’un seul jour par an.

Joyeux Noël.

20ème jour : les traits tirés

Je vous parle d’un temps que les lecteurs de moins de 20 jours ne peuvent pas connaître.

J’ai profité de cette journée pour tirer le dernier trait de la croix qu’il me revenait de tracer dans la case de l’encadré n°6 de ma demande d’allocation. J’ai voulu être minutieux, créatif tout en restant réactif, avec la ferme intention de marquer de mon empreinte les archives de Pôle. Après moultes tentatives, différents essais de tailles et de couleurs, j’ai fini par opter pour une croix à la fois traditionnelle et parfaitement identifiable, le genre qui te fait gagner avec la manière une partie de morpion. Je glisse ce chef d’oeuvre dans ma plus belle enveloppe kraft en m’imaginant l’ignorance du facteur qui n’aura pas idée de ce qu’il est en train de distribuer. Demain, j’affranchis.

Après avoir récupéré de cet excès de concentration, je décidai de valider le planning de la semaine à venir.  J’allais franchir un cap et faire le premier pas vers celle qui vraisemblablement serait MA conseillère chez Pôle. Ses nom, prénom et adresse électronique m’avait été discrètement communiqués par sa copine précédemment rencontrée, j’avais la ferme intention d’en faire bon usage. J’établis donc la liste de toutes les options dont j’ai connaissance pour accéder au CAP Pâtissier, les différents établissements susceptibles de m’accueillir, un topo sur le « candidat libre » sans oublier le canular téléphonique dont j’ai été victime quand il a fallu appeler la CCI sur recommandation de la maison. Je m’imagine déjà dans ce costume d’inspecteur passant ma conseillère au détecteur de mensonges pendant les trente minutes durant lesquelles je la garde à vue. En somme, le même type d’interrogatoire auquel me soumettra Pôle chaque début de mois pour me garder à l’oeil. Dès le premier rendez-vous, je choisis le rentre-dedans au risque de paraître trop entreprenant. Les séances quotidiennes de speed-dating de mon hôtesse doivent lui sembler routinières d’autant qu’elle ne choisit pas ses prétendants, il faut que je me démarque.

Ce soir, j’aimerais croire au Père Noël.

Nota bene : profitez de votre dimanche soir pour faire un tour dans la rubrique « Rétro » dans laquelle vous retrouverez l’épopée de ces 20 derniers jours.